Des milliers de recalés sur Parcoursup

Parcoursup a rendu ses premiers résultats, laissant à nouveau sur le carreau des dizaines de milliers de jeunes sans solution à ce jour… Alors que le gouvernement voudrait recaser des milliers de jeunes à l’armée, lycéens et parents n’acceptent pas cette situation.

Blocage d’un lycéen parisien, le 10 septembre 2025 (AFP).
Par Livia Merion
Publié le 10 juillet 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Cette situation est le résultat de choix politiques : le libre accès à l’université a été confisqué par Parcoursup, dans une logique de tri et d’économie. Cette logique budgétaire qui consiste à supprimer des places, à orienter les élèves de force est inacceptable pour de nombreux parents, enseignants, jeunes et elle s’aggrave d’année en année.

Avec Parcoursup, en 2024, c’était 85 000 jeunes sans affectation à l’issue de la première phase, en 2025 ils étaient 103 000. Mais le gouvernement Macron-Lecornu ne voit pas le problème, au contraire, il continue, il pousse encore le système et monte d’un cran : en deux ans, plus de 50 000 places ont été supprimées sur Parcoursup. Cette année, une fois de plus, dans les lycées, on entend le triste refrain des déconvenues, des déceptions, des incompréhensions des élèves comme des enseignants démunis face à cette machine à broyer.

« J’étais en ST2S, pour faire des études dans le domaine de la santé, je viens d’avoir mon bac avec mention assez bien, et je n’ai obtenu aucun de mes vœux. L’année prochaine je vais donc intégrer une prépa privée en distanciel pendant un an pour tenter d’entrer dans une école d’infirmiers. C’est injuste ! », « Je suis sur liste d’attente pour tous mes vœux, j’ai peur de ne rien avoir. Et même si j’obtiens une place lors des phases complémentaires, ce ne sera pas mon premier choix. Beaucoup de mes camarades sont comme moi », « J’ai fait 36 vœux et à ce jour je suis sur liste d’attente » … Et cette même question qui revient sans cesse : « Qu’est-ce que je vais faire l’an prochain ? »

Recruter les recalés de Parcoursup au service national

À cette question, le gouvernement Macron-Lecornu propose une réponse… Pas de place à l’université ? L’armée vous ouvre les bras ! Le service national recrute, avec un objectif de 3 000 jeunes pour septembre 2026. Et la propagande militariste bat son plein pour attirer la jeunesse : pendant dix mois, 800 euros par mois, une valorisation de cet « engagement » sur Parcoursup pour l’année suivante… Et le général Mandon, le même qui expliquait-il y a quelques mois qu’il fallait se préparer « à perdre nos enfants », revient à la charge en parlant à ces mêmes enfants et en vantant les mérites du service national.

Dans un entretien accordé au média Brut, il explique que le service national est une aubaine pour les jeunes, qui auront accès à « une formation militaire classique », censée être « un atout pour trouver un emploi après, car dans les armées il y a un cadre, une rigueur, un apprentissage qui prépare parfaitement au monde de l’entreprise ».

En somme, l’armée serait une filière d’orientation comme une autre, sans lien avec la guerre. Mais qui peut y croire quand on sait la vitesse avec laquelle ils ont trouvé 36 milliards pour le budget de guerre ? Mandon parlait lui-même face aux maires de la nécessité de « se préparer à une guerre de haute intensité ».

Dans cette logique, plus besoin d’avoir acquis des connaissances, d’avoir appris à raisonner, à exercer son esprit critique, dans cette logique, le système Parcoursup devient alors très cohérent : tout faire pour limiter l’accès à la fac, tout faire pour mettre au pas la jeunesse et l’embrigader dans l’armée…

Réunion nationale le 13 juillet

Mais les enseignants, les familles, les lycéens n’acceptent pas cette situation : des initiatives sont prises, comme l’appel de la fédération FO de l’enseignement à une réunion nationale en visio le 13 juillet à 17 h 30 pour discuter des actions avant la rentrée. Des lycéens insoumis appellent également à y participer.

Et alors que l’année scolaire se termine, parents, lycéens, enseignants ne sont pas résignés, ils entendent se battre ensemble pour dire que la jeunesse a droit à un avenir, qu’un choix par défaut n’est pas un choix, que l’armée ce n’est pas l’école.

Des diffusions de tracts s’organisent déjà dans 18 départements devant les lycées, à l’occasion des résultats du bac général, pour appeler à se réunir et décider ensemble des actions à mener pour se faire entendre, pour trouver des solutions aux lycéens sans affectation acceptable et pour obtenir l’abrogation de Parcoursup.