Le syndicat UGT d’Espagne était à Londres, le 20 juin, contre la guerre
« Cet événement s’est imposé comme l’un des plus importants rassemblements internationaux organisés cette année en Europe contre l’escalade militaire. » La délégation de l’Union générale des travailleuses et travailleurs (UGT) rend compte de sa participation à la conférence.
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Nous continuons cette semaine de faire le compte rendu de la conférence contre la guerre qui s’est tenue à Londres les 19 et 20 juin derniers, regroupant 300 délégués, et suivie d’un meeting auquel ont assisté plus de 3 000 participants. Nous reproduisons cette semaine des interventions de délégués envoyés par leur syndicat. Nous publierons dans les semaines à venir des interventions de militants politiques et associatifs.
« La conférence a réuni plus d’un millier de syndicalistes, de responsables politiques, d’universitaires, de militants pour la paix et de représentants d’organisations sociales venus de nombreux pays d’Europe, d’Amérique et du Moyen-Orient, dans le cadre historique du Central Hall Westminster. Elle s’inscrit dans la continuité de la Conférence internationale pour la paix, tenue à Paris en 2025. Son objectif était de renforcer la coordination internationale entre les syndicats, les organisations sociales et les mouvements citoyens engagés pour la paix, la coopération internationale et la défense des droits sociaux face aux politiques de réarmement et de militarisation.
Les différentes sessions ont abordé des sujets tels que l’augmentation des dépenses militaires dans de nombreux pays, la multiplication des conflits armés, les conséquences sociales et économiques des guerres, la situation au Moyen-Orient et en Ukraine, la dégradation des services publics, ainsi que la nécessité de renforcer la diplomatie, le droit international et la coopération entre les peuples comme moyens de résolution des conflits.
La délégation de l’UGT a transmis aux participants le salut fraternel et solidaire d’une organisation qui, depuis près de 140 ans, fait partie du mouvement ouvrier international et demeure profondément engagée dans la défense de la paix, de la démocratie, de la justice sociale et des droits de la classe ouvrière.
Le syndicat a exprimé sa profonde préoccupation face au contexte international actuel, marqué par la montée des tensions militaires, la course aux armements et l’augmentation des budgets de défense dans de nombreux pays. Il a également souligné que chaque euro consacré au réarmement devait faire l’objet d’un contrôle rigoureux afin d’éviter que ces ressources ne soient prélevées au détriment des investissements dans la santé, l’éducation, les retraites, le logement social, la prise en charge de la dépendance, les infrastructures ou d’autres services essentiels à la population. Il a rappelé que ce sont les travailleuses et les travailleurs qui finissent par supporter les conséquences économiques et sociales des conflits et des politiques d’austérité qui les accompagnent souvent.
Lors de la conférence, l’UGT a également défendu l’idée que le mouvement syndical ne peut rester indifférent aux processus de militarisation des économies et des sociétés. Au contraire, il a la responsabilité d’intervenir lorsqu’on cherche à remplacer un modèle fondé sur le bien-être, l’emploi de qualité et la cohésion sociale par un autre reposant sur la logique de la guerre et sur les intérêts économiques liés à l’industrie de l’armement.
Le syndicat a rappelé que sa création est profondément liée à l’internationalisme ouvrier et à la conviction que les problèmes de la classe ouvrière ne connaissent pas de frontières. Il a ainsi réaffirmé son engagement en faveur de la coopération internationale, de la solidarité entre les peuples et du droit des peuples à décider librement de leur avenir face à toute forme de domination, d’agression ou de confrontation.
La délégation syndicale a également rendu hommage à la mémoire démocratique de l’UGT, en rappelant le sacrifice de milliers d’adhérentes et d’adhérents qui ont subi la persécution, la prison, l’exil, voire la mort, pour avoir défendu la liberté, la justice sociale et les droits démocratiques face à l’autoritarisme et à l’intolérance.
L’un des messages centraux de la conférence a été que les grandes avancées sociales de l’humanité n’ont jamais été obtenues grâce aux guerres, mais grâce à l’organisation des travailleuses et des travailleurs, à la mobilisation sociale et à la solidarité internationale.
Dans cet esprit, l’UGT a défendu un programme politique et social centré sur les besoins de la majorité de la population :
– des salaires plus élevés et moins d’inégalités ;
– davantage d’emplois décents et moins de précarité ;
– plus d’investissements dans la santé, l’éducation et les services publics ;
– davantage de droits sociaux et du travail ;
– plus de coopération entre les peuples ;
– plus de démocratie et plus de paix ;
– plus jamais de guerres.
La conférence s’est achevée par un appel à renforcer la coopération internationale entre les syndicats, les organisations sociales et les mouvements citoyens afin de faire face à la militarisation croissante des relations internationales et de replacer au cœur de l’agenda politique la défense de la paix, des droits humains, de la justice sociale et de la démocratie. Elle a également appelé à une journée internationale d’action pour la Palestine le 10 octobre prochain, ainsi qu’à des mobilisations contre le réarmement les 21 et 22 novembre.
Par sa participation à cette importante rencontre internationale, l’UGT réaffirme son engagement en faveur de la construction d’un monde plus juste, plus démocratique et plus solidaire, où les ressources publiques sont consacrées à garantir des emplois de qualité, des services publics solides et une vie digne pour la population, plutôt qu’à alimenter de nouvelles courses aux armements.
L’UGT rappelle enfin que la paix n’est pas une attitude passive, mais qu’elle exige un engagement actif, fondé sur la justice sociale, la démocratie et la solidarité entre les peuples. La conférence a permis d’unir les efforts des organisations partageant cette conviction, considérée comme l’une des missions essentielles du syndicalisme de classe. »
