Non à l’embrigadement de la jeunesse !
Le 15 septembre, Macron, flanqué du ministre de l’Éducation nationale, Édouard Geffray, a salué la première promotion du service militaire volontaire…
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Les marques de colère se multiplient dans le pays : grève massive à EDF, blocages des pêcheurs… On ne compte plus ceux qui s’inquiètent de ne pas pouvoir payer l’essence, l’électricité, les courses.
Et pendant ce temps-là, Macron revêt son costume de chef de guerre qu’il affectionne particulièrement pour aller rencontrer la première promotion du service militaire national volontaire (à Orange, dans le Vaucluse, le 15 septembre).
Au programme : combat au corps à corps, tir au fusil d’assaut, atelier de formation à la marche au pas en chantant… Macron joue à la guerre.
Préparer les esprits à la guerre
Après le fiasco du service national universel (SNU), ce nouveau dispositif vise le même objectif : préparer la jeunesse à la guerre. Ils devraient être 3 000 d’ici novembre. 3 000 jeunes à qui on a promis un salaire de 800 euros pour rentrer dans l’armée durant dix mois, et le gouvernement espère en recruter 10 000 d’ici 2030.
La loi de programmation militaire adoptée cet été prévoit un budget de 2,3 milliards d’euros. En parallèle, le ministère de l’Éducation nationale supprime 4 000 postes d’enseignants.
C’est ça le projet du gouvernement pour la jeunesse, après l’interdiction des portables à la rentrée et l’exclusion des élèves à cause du comportement de leurs parents.
Combien parmi ces « volontaires » ont été éjectés du système scolaire par Parcoursup ou en raison des frais d’inscription exorbitants ?
Notons qu’aujourd’hui tous les journaux parlent des jeunes « appelés » et non des « volontaires » qu’a rencontrés Macron. Il n’y a plus qu’un pas vers la conscription…
D’ailleurs, quel degré de cynisme faut-il à Macron pour donner à cette promotion de jeunes « appelés » le nom d’Henri Fertet, un jeune résistant torturé par les nazis et fusillé à 16 ans !
Jo Calathéa
La mairie Lion-d’Angers (49) et l’Armée main dans la main pour embrigader la jeunesse Quelques mois après les élections municipales, la mairie du Lion-d’Angers (49) a reconduit au lendemain du 14 juillet un partenariat avec le 2e régiment de matériel de l’armée de Terre. Dans le communiqué de presse de la municipalité du 15 juillet, on peut lire que ce partenariat « permettra de poursuivre les actions engagées depuis trois ans : animation des cérémonies patriotiques et commémoratives, interventions en milieu scolaire, découverte des métiers de la Défense, (…) journée citoyenne, événements sportifs, forums, (…) ou encore organisation de visites de la caserne (…) pour découvrir le rôle, les métiers, les matériels et les installations ». Un parfait exemple d’embrigadement de la jeunesse au plan local organisé avec la complicité de la majorité apparentée Horizons, le parti d’Édouard Philippe. Le groupe d’action insoumis a dénoncé ce partenariat et ses conséquences sur l’école : « Il est prévu que l’armée intervienne à l’école où elle n’a rien à faire. L’école doit rester un lieu d’apprentissage des connaissances hors de toute propagande d’État visant à embrigader la jeunesse. Ainsi, la municipalité s’inscrit dans la propagande guerrière d’Emmanuel Macron. Adhère-t-elle aux propos tenus le 14 juillet par le président selon qui “par grandeur d’âme” nous devons être “prêts à perdre des enfants” ? (…) À l’inverse, pour LFI il faut offrir un autre avenir à la jeunesse du pays. (…) De l’argent pour l’enseignement, pas pour l’armement ! L’armée hors de l’école ! » |
« Nous sommes allés discuter avec les jeunes appelés à leur journée défense et citoyenneté » Un étudiant à l’initiative de l’action nous raconte. Le 30 mai dernier, une réunion des signataires de l’appel “jeunes contre la guerre” s’est tenue à Paris pour s’organiser contre la militarisation et préparer les actions sur le terrain. À Grenoble, jeudi 10 septembre, nous sommes donc allés, avec des camarades jeunes insoumis, tracter devant un centre de journée défense et citoyenneté (JDC) du quartier Reynies. Ces centres accueillent les jeunes de 16 à 25 ans, pour la majorité des lycéens, pour leur servir la propagande militariste de l’État. Notre objectif était de défaire cet endoctrinement. En commençant à tracter on a constaté deux profils : les jeunes présents sans savoir ce qui les attendait derrière les barrières et qui, très vite, se sont indignés et ceux qui connaissaient le programme prévu et qui n’étaient présents que par contrainte. L’alternative qu’on a présentée a raisonné chez les participants à la JDC : “des moyens supplémentaires pour la jeunesse et l’éducation, non à la sélection et à la militarisation”. Certains qui n’étaient pourtant pas des plus intéressés nous ont finalement encouragés. Les parents venus accompagner leur enfant partageaient sans hésitation notre point de vue. Bien évidemment, tous préfèrent de l’argent pour des classes et des places dans les lycées et les universités, plutôt que des armes dans les mains de leurs enfants. |
11 novembre : célébrer à l’École la « destinée commune » vers la guerre ! L e ministre de l’Éducation nationale E. Geffray annonce l’instauration à la rentrée 2026 d’une cérémonie commémorative annuelle d’hommage à tous les « morts pour la France » dans les quatre jours précédant ou suivant le 11 novembre. Il explique que « l’école a pour mission de permettre aux élèves de devenir des citoyens conscients de partager une destinée commune (…) dans un environnement international marqué par des formes renouvelées de conflictualité ». La « destinée commune » des Geffray, Macron, Mandon, c’est de préparer les esprits à la fatalité d’un « conflit de haute intensité ». La jeunesse le refuse, à l’instar du militant lycéen allemand Felix, organisateur des grèves contre la conscription, qui a déclaré lors du meeting contre la guerre : « Si c’est cette démocratie pour laquelle ils veulent que nous nous battions, je refuse de tuer pour cela, et je refuse de mourir pour cela ! » La seule chose à retenir du 11 novembre, c’est que tout doit être fait pour que les jeunes générations n’aient jamais à subir la boucherie de la Première Guerre mondiale et toutes celles qui ont suivi. Christophe Galois « Personne n’envoie ses enfants à l’école pour leur apprendre à aimer la guerre » Extraits de la pétition du collège d’Esvres-sur-Indre (37) avec leurs syndicats FO et Sud. « La réalité de la rentrée scolaire 2026 est tout sauf idyllique. Au nom de l’austérité, on ferme des classes, on entasse les élèves, on dégrade les conditions de travail de tous les personnels… Et comme si cela n’était pas suffisant, (…) le ministre de l’Éducation nationale (…) annonce que les personnels pourraient être “mobilisés” (…) en association avec des “réservistes opérationnels” ou des “associations du monde combattant”, il s’agit très ouvertement de propagande militariste. Une partie du budget de l’Éducation nationale est déjà détournée dans des “classes de défense et de sécurité globale” dès le collège. Mais l’école n’acceptera plus de jouer le jeu des nationalistes en dressant des enfants à obéir, en leur faisant miroiter des combats glorieux. Non, la guerre n’a rien de désirable. Non, les massacres du passé n’ont rien de glorieux (…). Nous exigeons de toutes nos forces le retrait de la circulaire sur le 11 novembre parue au bulletin officiel du 2 juillet 2026. Au nom des principes de la République, au nom de notre liberté pédagogique, nous n’organiserons pas ces cérémonies. Nous refuserons d’y participer. » |
