Budget 2027 : une “consultation” à haut risque contre les retraités
La préparation du budget 2027 bat son plein. Le gouvernement devrait rendre sa copie dans les prochains jours. Il s’agira bien d’un nouveau budget d’austérité puisque 54 milliards de coupes sont prévues.
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Bien entendu, il ne s’agit pas de revenir sur les centaines de milliards d’exonérations de cotisation et aides publiques aux entreprises qui alimentent les résultats toujours florissants des grandes entreprises du CAC 40.
Non, une nouvelle fois, comme nous nous en étions déjà expliqués, les fonctionnaires, les services publics, les collectivités territoriales devraient être au régime sec, il en serait de même pour les droits à l’assurance maladie et à de nombreuses prestations sociales.
Mais là où le gouvernement a annoncé qu’il voulait aussi frapper fort c’est sur les retraités. Il s’agit de leur tondre la laine sur le dos à hauteur de 6 milliards : c’est exactement le chiffre de l’augmentation du budget militaire qui a été votée par un arc politique allant du Parti socialiste au Rassemblement national. Il n’est donc pas étonnant que l’éditorialiste du Figaro parle le 14 septembre d’une « participation de tous à l’effort de guerre ».
Sébastien Lecornu veut avancer à marche forcée. Il a demandé à trois ministres (Travail, Budget, Relations avec le Parlement) de lancer d’ici la fin de la semaine une consultation avec les groupes politiques du Parlement.
Les propositions sur la table sont toutes d’une violence inouïe.
La première hypothèse serait un blocage des retraites. C’est une remise en cause du Code de la Sécurité sociale qui prévoit leur augmentation automatique en fonction de la hausse des prix : un manque à gagner de près de 40 euros par mois pour une retraite moyenne !
Une seconde piste serait de remettre en cause l’abattement fiscal de 10 % dont bénéficient les retraités mis en place pour amortir la baisse de revenus entre le salaire et la retraite qui se creuse d’année en année : un « privilège » pour le gouvernement qui laisse 13 000 millionnaires ne payer aucun impôt sur le revenu…
« Pas de demi-mesure » (Lecornu)
Voici donc sur qui seront consultés les groupes parlementaires, le Premier ministre avertissant : « Il ne peut pas y avoir de demi-mesure ». Ils devraient donc choisir entre l’une ou l’autre de ces mesures ou procéder « à un mix des deux ».
Pourquoi tant de fébrilité à vouloir s’en prendre aux retraités en pleine période électorale ? Jean-Pierre Farandou, ministre du Travail, lâche le morceau sur C News : « Je pense qu’il faudra repousser l’âge de départ à la retraite (…). On est au bout d’un système, je pense qu’il faut des réformes pour la retraite, pour la santé, pour notre système d’aides. » Il propose même de supprimer l’indexation automatique des pensions sur les prix.
La consultation sous contrainte des groupes parlementaires a donc un objectif : voir jusqu’où chacun est prêt à aller pour assurer la stabilité au mépris des droits à la retraite des salariés dans une situation où tous les candidats de droite, d’extrême droite et même Glucksmann ou Hollande affichent, chacun à leur manière, leur parti pris pour une nouvelle réforme des retraites qui ouvre la voie au système par capitalisation en réduisant les droits collectifs. Lecornu leur demande donc de joindre le geste à la parole.
Mais l’équation n’est pas si simple. Dominique Seux s’inquiète dans l’éditorial des Échos du 14 septembre : « La question posée (…) est de savoir si la France ne va pas s’offrir le luxe de cumuler une crise sociale et une crise financière. Si personne ne le souhaite, cela ne peut désormais être exclu. »
L’inquiétude de ce représentant du capital est fondée, en témoignent à cette rentrée les mouvements et grèves qui ne désarment pas que ce soient dans l’enseignement, les hôpitaux, chez les sapeurs pompiers… En témoigne aussi l’affluence de dizaines de milliers qui ne se dément pas dans tous les meetings et réunions de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. « Qu’ils s’en aillent tous ! Nous allons les remplacer, partout, à tous les étages », sa déclaration a déclenché l’enthousiasme. Cela en dit long sur l’état d’esprit qui se répand.
