Trop de vieux pour le gouvernement !

Les retraités sont dans le collimateur : suppression de l’abattement forfaitaire de 10 %, suppression de l’indexation sur l’inflation, remise en cause du remboursement à 100 % des affections de longue durée, augmentation des franchises, etc.

Mardi 15 septembre 2026, mobilisation des personnels de la Santé et de la Sécurité sociale à l’appel de la fédération CGT de la Santé pour l’augmentation des salaires, la défense de la Sécurité sociale et contre le projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) du gouvernement, à Paris. (Correspondante)
Par Nicole Bernard
Publié le 20 septembre 2026
Temps de lecture : 4 minutes

Voilà qu’on entend, sur les ondes, une musique lancinante : « en 1945, il y avait 5 actifs pour un retraité. Aujourd’hui, il y a 1,6 actif pour 1 retraité. Ça ne peut pas marcher !1C’est pourquoi Macron a lancé une mission sur le financement, de la protection sociale pour argumenter d’ici avril 2027 la fin de notre Sécurité sociale. » C’est vrai ? Y a-t-il trop de vieux pour que notre système marche ? Non, c’est faux et c’est idiot.

Ce qui est vrai, c’est que nous vivons plus vieux. En 1950, l’espérance de vie était de 63,4 ans pour les hommes et 69 ans pour les femmes. En 2024, elle était de 79,9 ans pour les hommes et de 85,6 ans pour les femmes. Un progrès, fait de beaucoup d’inégalités par ailleurs, totalement lié au système social et aux progrès de la médecine. Ceci dit, on meurt encore trop tôt ! Surtout les pauvres. Les 5 % les plus riches vivent, en moyenne, 13 ans de plus que les plus pauvres !

Antoine Foucher, ancien du MEDEF, ancien directeur du cabinet d’Élisabeth Borne, n’en a cure et se désole : « Ils (les retraités) perçoivent plus à la retraite que les cotisations qu’ils ont payées ». Trop de vieux… Et des voleurs !

D’où la proposition faite par certains de tenir compte de l’espérance de vie pour déterminer les critères de la retraite. Cette retraite, combien de temps va-t-on la toucher ? Pas trop longtemps, espèrent-ils !

Notre système actuel, bien qu’attaqué, s’appelle un système par répartition2Notre système n’est pas un système assurantiel qui dépend du nombre d’assurés mais il dépend de la richesse produite puisque les cotisations sont une fraction de la richesse produite qui est « socialisée » pour « garantir les travailleurs et leur famille contre les risques de toute nature, susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent » (Article 1er de l’ordonnance du 4 octobre 1945). Ce sont les salaires d’aujourd’hui qui financent les retraites d’aujourd’hui. Et non les salaires d’hier qui seraient capitalisés.

Les salaires d’aujourd’hui permettent-ils de financer les retraites d’aujourd’hui3La masse salariale a augmenté de 5,7 % en 2023 et de 3,3 % en 2024. Dans tous les cas de figure, c’est plus que l’indexation. ? Soyons encore plus précis : les bénéfices réalisés par les entreprises du CAC 40, au 1er semestre 2026, en augmentation de 41,7 % permettent-ils de financer les retraites ? Non, dit le ministre Amiel, qui « n’a pas le premier euro pour indexer les retraites » ! Oui, disons-nous. Un pays qui a vu la fortune des 500 plus riches doubler depuis 2017 pour arriver à la coquette somme de 1 128 milliards peut-il verser plus de retraites ? Poser la question, c’est y répondre !

D’où viennent ces profits sinon, pour partie, des exonérations de cotisations consenties, depuis 1993, aux employeurs ? Exonérations qui, non seulement, plombent les comptes de la Sécurité sociale mais assèchent le budget de l’État et ruinent l’école, les services publics !

Ajoutons que le déficit 2025 de 5,1 milliards pour les retraites est inférieur aux profits réalisés par le seul groupe Total pour le seul premier semestre 2026 ! Et on va nous dire qu’on ne peut plus financer les retraites4Il ne s’agit pas de taxer les profits pour les retraites (qui doivent rester du salaire socialisé) mais de rendre aux salariés ce qui, aujourd’hui, fait bouillonner la spéculation financière et prospérer les profits. ?

Il y a, par ailleurs, dans les propositions faites pour la retraite un cynisme ignoble qui consiste à en appeler aux jeunes contre les vieux profiteurs.

Heureusement, à voir les meetings de Jean-Luc Mélenchon, ce message a du mal à passer !

 

« Non à la désindexation des pensions. Non à la remise en cause de l’abattement fiscal de 10 % »

Depuis plusieurs semaines maintenant, la même petite musique revient : « Face au déficit du pays, tout le monde doit faire des efforts en particulier les retraités ». Mais qui est responsable du déficit ?

Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Chaque année, l’évasion fiscale est estimée entre 80 et 100 milliards d’euros, les exonérations de cotisations sociales s’élèvent à près de 80 milliards (dont 20 milliards ne sont pas compensées), 200 milliards sont alloués aux entreprises sans aucune contrepartie…

De tout cela on n’en parle pas : le mouton noir, ce sont les dépenses sociales : il y a trop de soins, trop d’allocations pour aider les familles, les retraites sont trop élevées…

Les retraites sont trop élevées ?

En 10 ans, l’inflation a progressé de 22,5 %, alors que les pensions de base n’ont augmenté elles que de 17,2 % durant cette période. Cela signifie que durant cette période, les retraités ont perdu entre 4 et 6 mois de pension. Faites le calcul : pour une pension de 1 400 euros par mois, la perte s’élève à 5 600 euros sur 10 ans.

Le gouvernement a fait des choix.

Il a décidé de privilégier l’économie d’armement au détriment des besoins de la population, en matière de santé, d’éducation, de services publics. Ainsi en 10 ans le budget de la Défense est passé de 31 milliards en 2015 à 57 milliards en 2026, et la loi de programmation militaire prévoit presque 450 milliards de dépenses pour la période 2026-2030 soit plus d’1,2 fois le budget des pensions de retraite. Alors les mensonges ça suffit !

SIGNEZ la pétition ! ICI

NON à la désindexation des pensions !

NON à la suppression de l’abattement fiscal de 10 %

Rattrapage et augmentation de toutes les pensions !