Vous avez dit « déserts » ? Comme c’est bizarre !
Dans son projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS) pour 2023, le gouvernement entend rallonger d’une année les études en médecine générale pour contraindre les étudiants à effectuer leur dernière année dans ce qu’il appelle les « déserts médicaux ». L’un de nos correspondants, médecin, réagit.
- France, Santé

Lors d’un atelier des lois animé par notre camarade député Gabriel Amar aux universités d’été LFI à Châteauneuf-sur-Isère, en août 2022, nous avons eu une discussion sur les « déserts médicaux ». Nous étions soixante militants, par groupes de quatre. Mon groupe composé d’une jeune docteure généraliste en campagne, d’une collègue de l’AP de Marseille et d’un camarade député de Savoie est parvenu, par la discussion, à la conclusion suivante : « comment lutter contre les déserts médicaux ? », thème de l’atelier, la question est mal posée…
En effet, cette dénomination « désert médicaux » laisse accroire qu’il y aurait des endroits où le désert serait spécifiquement médical, alors que c’est l’ensemble des services publics qui sont absents. Cette dénomination véhicule l’idée que des médecins nantis et réfractaires s’installeraient principalement dans les centres-villes, le XVI e arrondissement de Paris ou sur la Côte d’Azur, délaissant particulièrement les zones rurales.
Cette façon de voir les choses occulte les causes politiques (…)
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