Un documentaire sur Trotsky ? Non, un réquisitoire contre-révolutionnaire

Arte propose la diffusion du documentaire "Trotsky, un homme à abattre" d'Elon Kirschfink et Marie Brunet-Debaines, revenant sur l'assassinat de Trotsky, en août 1940, commandité par Staline. Entre imprécisions historiques et lourdeurs narratives, le documentaire discrédite surtout Trotsky et son combat.

Léon Trotsky (photo via AFP)A
Par Jean-Marc Schiappa
Publié le 12 décembre 2022
Temps de lecture : 4 minutes

Ah, les documentaires d’Arte ! Le documentaire cinématographique est un exercice spécifique. Ceux d’Arte sont bien souvent des brouillons raturés à loisir, illisibles et inintelligibles. Celui consacré à l’assassinat de Trotsky est, paraît-il, « un véritable thriller historique, nourri d’images tournées dans le Mexico d’aujourd’hui, d’archives choisies et de scènes de fiction ».

Si on traduit cette autopromotion, cela veut dire : on a filmé dans Mexico – qui n’a évidemment pas changé du tout depuis 1940 (pour ne prendre qu’un chiffre approximatif, la population est passée de un million à vingt millions), on a inséré des images d’archives dont nous dirons un mot et on a entrelardé tout cela d’inventions : par exemple, à un moment on évoque les bureaux du GPU, et on nous montre des gens censés être des espions, en bras de chemise, téléphonant ou des militaires assis dans des fauteuils. Pourquoi pas Jean Dujardin et Pierre Bellemare ? Ce n’est pas un documentaire historique, mais des lasagnes aux couches superposées.

Des imprécisions historiques 

Le film « s’appuie sur une solide documentation, puisée, entre autres, dans les souvenirs publiés par Jan Van Heijenoort, (…)


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