20 000 à Berlin : NON à la guerre !
150 personnalités, issues du mouvement syndical, des militants du mouvement pour la paix, des députés ont appelé à une manifestation dans la capitale allemande le 25 novembre contre le gouvernement fédéral et sa politique de « réarmement effréné ».
- Allemagne

Les 85,5 milliards d’euros de dépenses militaires pour 2024 sont les plus importantes depuis la création de la République fédérale, accompagnées de coupes budgétaires dramatiques pour la santé, les infrastructures…, de l’inflation et de la perte des salaires réels…
Plus de 20 000 personnes ont manifesté contre la politique belliciste et socialement destructrice du gouvernement Scholz. La colère et l’indignation se sont également exprimées de manière très impressionnante par les slogans et les applaudissements pendant la manifestation.
Les syndicalistes présents, avec des drapeaux et banderoles comme « Non à la guerre – Oui à l’Etat social », ont reçu beaucoup d’encouragements.
Il y a eu beaucoup de critiques des directions syndicales qui avaient refusé d’appeler à la manifestation. Les revendications centrales étaient : « Arrêt immédiat des hostilités en Ukraine et au Proche-Orient », « Levée du blocus de Gaza ». Sur d’autres banderoles ou tracts, on pouvait lire : « Pas de milliards pour le réarmement – 100 milliards pour les écoles, les hôpitaux, le climat », « Stop à la guerre sociale contre le peuple ». Reiner Braun a expliqué qu’à la guerre et au réarmement succéderait la guerre sociale. « Il faut mettre fin à cette guerre sociale contre le peuple ».
« Les habitants de l’Ukraine n’ont pas besoin de plus d’armes, ils ont besoin de paix » (Sahra Wagenknecht)
Sahra Wagenknecht, prenant la parole en ouverture, a vivement critiqué la politique de guerre du gouvernement Scholz. Le ministre de la Défense exige que l’Allemagne redevienne apte à la guerre. « Il veut que l’Allemagne maîtrise à nouveau le métier de la guerre ! On parle à nouveau d’économies, d’économies sur le dos des enfants pauvres, les chômeurs, des retraités. » 90 milliards pour l’armement sont remis aux fabricants d’armes, « alors que des milliers d’enseignants manquent dans ce pays, que des hôpitaux sont fermés et que l’infrastructure pourrit ». Ces 90 milliards, « on peut quand même s’en passer ».
Les livraisons d’armes de l’Allemagne à l’Ukraine ont été doublées, mais « les habitants de l’Ukraine n’ont pas besoin de plus d’armes, ils ont besoin de paix ».
Sahra Wagenknecht s’est montrée bouleversée par les atrocités commises par le Hamas en Israël : « Rien, aucune injustice de ce monde, ne justifie de tels crimes ». Mais cela ne justifie pas le soutien de l’Allemagne à la « guerre impitoyable menée par Israël ». « Nous devrions être tout aussi choqués par leur bombardement impitoyable dans la bande de Gaza ». Nous ne pouvons pas avoir deux poids deux mesures. « Il faut mettre fin à la guerre ».
« Nous, les Allemands, avons justement une responsabilité particulière vis-à-vis de la vie juive… Et nous avons la responsabilité de défendre le droit à l’existence d’Israël, sans condition. Mais cette responsabilité ne nous oblige pas à embellir et à soutenir la conduite impitoyable de la guerre par le gouvernement Netanyahu en tant que légitime défense ». « Cette escalade de la guerre ne protège pas la vie juive – elle met la vie juive en danger ».
« Il est important de revendiquer haut et fort la solidarité avec le peuple palestinien »
Nadija Samour, avocate palestinienne, a adressé un réquisitoire amer contre le gouvernement Scholz. « Nous vivons dans une Allemagne où la solidarité inconditionnelle avec les crimes de guerre et le génocide est une raison d’État ». Elle a attiré l’attention sur les attaques massives contre la liberté d’expression et de manifestation. « Rien qu’à Berlin, en octobre, toutes les manifestations palestiniennes ont été interdites en bloc par arrêté général ». Des procédures judiciaires ont été engagées contre 1 000 personnes parce qu’elles « voulaient exercer leur droit fondamental de se réunir ».
Ce sont les rassemblements quotidiens et irréductibles sur la Sonnenallee qui ont finalement réussi à briser les interdictions de manifester.
C’est la solidarité de milliers de Berlinois « et internationalistes qui ont lutté pour le droit à l’existence des Palestiniens. Aujourd’hui encore, ici, dans cette manifestation, il est important de revendiquer haut et fort la solidarité avec le peuple palestinien ».
Le comité d’organisation de la manifestation pour la paix a reçu de nombreux messages de bienvenue, non seulement de toute la République, mais aussi de nombreux pays d’Europe, des États-Unis, d’Asie et d’Afrique, notamment de Jeremy Corbyn et de Noam Chomsky. Des actions de solidarité avec notre manifestation à Berlin ont eu lieu en Grande-Bretagne, en Bulgarie, en Croatie, en Serbie, en Espagne (notamment à Bilbao, Valence et Barcelone), en France, en Norvège, en Irlande, en Belgique et en Roumanie. D’autres messages de soutien ont été envoyés de Pologne, de Grèce, d’Italie, du Danemark, des Philippines, d’Afrique du Sud, de Russie, de Norvège et d’Autriche.
(Informations Ouvrières reviendra la semaine prochaine sur cette manifestation très importante et les discours prononcés)
