La guerre, une nécessité pour l’impérialisme
Le déclenchement de la guerre n’est pas une question de choix, mais de nécessité du capital pour survivre. La logique de l’économie à l’époque de l’impérialisme, c’est l’industrie d’armement qui engrange des profits et qui pousse à la guerre.
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Une nouvelle fois, les images de bombardements, de destructions, d’hôpitaux et d’écoles frappés, de morts et de blessés. Après Gaza c’est au tour de l’Iran et du Liban de subir un déluge de feu et de fer de l’impérialisme.
Le 2 mars, Trump ainsi que son secrétaire d’État (en charge des Affaires étrangères) Rubio, a multiplié les déclarations pour tenter de justifier les bombardements sur l’Iran. Selon la presse aussi bien américaine qu’européenne, les explications étaient floues et confuses. Rubio a insisté sur le fait que la guerre ne durerait pas longtemps (même si Trump avait déclaré que la guerre allait durer quatre à cinq semaines), répondant ainsi aux inquiétudes grandissantes dans la population américaine qui est majoritairement en désaccord avec la guerre en Iran.
Confuses ou pas, les explications de Trump se ramènent à une seule question : celle de l’ordre mondial menacé et en crise.
Terroriser les peuples
Les bombardements américain et israélien en Iran et au Liban, après le kidnapping de Maduro au Venezuela, visent à terroriser les peuples du monde entier.
C’est de la part de l’impérialisme américain sa volonté de démontrer qu’il a la maîtrise de l’ordre mondial et peut décider de ce qu’il veut.
En l’occurrence, l’intervention en Iran et celle d’Israël au Liban visent à parachever ce qui a été initié avec le génocide à Gaza. Trump comme Netanyahou expliquent qu’ils veulent redessiner le Moyen-Orient, avec au centre Israël. C’est le sens de l’initiative de Trump dite des « accords d’Abraham » exigeant de tous les régimes de la région de reconnaître l’État d’Israël. Cette réorganisation au Moyen-Orient exige d’en finir avec la question palestinienne qui jusqu’à présent a été un obstacle majeur à toute « normalisation » voulue par l’impérialisme.
Le déclenchement d’une guerre en Iran de la part de Trump et de Netanyahou, sans même avoir pris la peine de prévenir leurs « alliés » européens, indique l’état réel des relations mondiales. Les impérialismes européens sont des états de second ordre qui doivent s’aligner sur les exigences des États-Unis.
Avec cette guerre qui entraîne de facto les États européens dans le conflit, Trump poursuit son offensive engagée avec l’instauration de taxes sur les produits européens. C’est ce même Trump qui a annoncé qu’à l’avenir les Européens devaient prendre en charge de manière beaucoup plus conséquente le financement de l’Otan, et augmenter considérablement les budgets militaires.
Le déclenchement de la guerre en Ukraine dont la responsabilité incombe à Poutine et à l’impérialisme est une menace pour tous les peuples d’Europe. Le soutien financier et en armes des dirigeants européens au régime de Zelensky pousse à l’escalade avec des conséquences que l’on ne maîtrise pas encore. Zelensky vient de déclarer : « Il est juste de donner au peuple iranien une chance de se débarrasser du régime terroriste. » Il pousse ainsi à la généralisation de la guerre.
L’Europe et la Chine dans le viseur
Mais il ne s’agit pas que de l’Europe, ces développements visent directement la Chine : 90 % du pétrole iranien et 80 % du pétrole vénézuélien sont achetés par la Chine.
En concurrence sur le marché mondial avec la Chine, Trump déclenche une guerre économique contre ce pays, aboutissant à une accélération des tensions et une escalade où nul ne sait où cela peut déboucher.
La presse américaine, comme la presse européenne, s’alarme des risques de déstabilisation mondiale. Contrairement à ce qu’affirme Trump et d’autres, l’offensive américaine n’aura pas pour objectif de renforcer l’ordre mondial et de renforcer la position des États-Unis comme gendarme du monde, mais va aboutir aux plus grands désordres mondiaux.
Les bombardements en Iran et ceux d’Israël au Liban ont déjà pour résultat un embrasement de tout le Moyen-Orient. Quelle que soit l’issue du conflit en cours, quels que soient les résultats d’une apparente « normalisation », d’ores et déjà la région du Moyen-Orient est en voie de dislocation et le sera plus encore dans les semaines et les mois à venir. Le bilan des interventions militaires impérialistes est là : l’Irak est disloqué, l’Afghanistan est ravagé, la Libye n’existe plus.
À l’inverse de ce qu’affirmaient Trump et Netanyahou la volonté de redessiner par la guerre un nouveau Moyen-Orient débouche sur le chaos dans cette partie du monde.
Contrairement à ce qu’affirment de nombreux commentateurs, chroniqueurs, ou responsables politiques européens, ce n’est pas de la part de Trump une volonté consciente de déstabiliser la situation. Mais face à la crise généralisée du système capitaliste, au fait que le marché mondial est déjà en voie de dislocation, une crise financière majeure peut surgir à tout moment. La guerre intrinsèque au système impérialiste est alors le seul moyen pour tenter de conjurer un effondrement généralisé.
La guerre n’est pas un choix mais une nécessité pour l’impérialisme
L’impérialisme c’est la barbarie et le désordre mondial, conditions nécessaires pour écraser les peuples de la planète. Le déclenchement de la guerre n’est pas une question de choix mais de nécessité du capital pour survivre. Les discours sur l’impérialisme américain comme gendarme du monde masquent mal la réalité. C’est le plus puissant des impérialismes mais il est en crise comme le démontrent les récents développements aux États-Unis exprimant le fait que la société américaine est fracturée.
Tous les continents sont frappés par des guerres.
En Asie, il y a le conflit entre la Thaïlande et le Cambodge, et aujourd’hui il y a la guerre entre l’Afghanistan et le Pakistan. En Amérique latine, c’est l’opération militaire américaine au Venezuela avec la menace et les conséquences pour tout le continent. En Europe, c’est la guerre en Ukraine qui a fait des millions de morts et de blessés. Au Moyen-Orient, en plus du génocide en Palestine et de l’attaque contre le Liban et celle contre l’Iran, il y a la guerre menée par l’Arabie saoudite contre le peuple du Yémen. Le continent africain est déchiré par les guerres, permanente entre l’Érythrée et l’Éthiopie mais aussi la guerre en République démocratique du Congo, la guerre au Soudan, la situation de guerre larvée permanente au Sahel.
Toutes ces guerres, même les plus localisées, tendent à généraliser une situation de guerre à l’échelle mondiale. Il ne s’agit pas, bien évidemment de la répétition de la Première et la Deuxième Guerre mondiale où les impérialismes s’opposaient les uns contre les autres.
Mais trente ans après la chute de l’Union soviétique et donc de la disparition de la bureaucratie du Kremlin, facteur d’ordre à l’échelle mondiale dans sa collaboration avec l’impérialisme américain, bouleverse tous les équilibres mondiaux issus de la Deuxième Guerre mondiale. Avec la première guerre du Golfe en 1991 puis la deuxième en 2003, la domination de l’impérialisme à l’échelle mondiale a décuplé les conflits sur tous les continents provoquant le chaos et la marche à la barbarie.
Rendez-vous le 20 juin à Londres
Tous les gouvernements fragilisés confrontés à leurs populations tentent de faire des pas en avant dans la militarisation de la société. Tous les budgets militaires sont en augmentation exponentielle. L’industrie d’armement tourne à plein. L’économie d’armement est une courroie d’entraînement de toute l’économie capitaliste en crise à l’échelle mondiale.
Pour se survivre, le capital doit produire en masse des marchandises et notamment des armes vendues sur le marché mondial. Et comme toute marchandise elles doivent être écoulées et utilisées. La logique de l’économie à l’époque de l’impérialisme c’est l’industrie d’armement qui engrange des profits et qui pousse à la guerre.
C’est à juste titre que l’appel au meeting de Londres du 20 juin cite la phrase d’Anatole France : « On croit mourir pour la patrie, on meurt pour des industriels. » La seule voie face à la barbarie impérialiste en marche et pour lui résister c’est de s’organiser, c’est d’établir à l’échelle internationale des liens entre les militants, les courants, les organisations qui sont sur une ligne d’indépendance, qui rejettent toute collaboration avec les exploiteurs et les fauteurs de guerre et qui par là se situent sur un terrain de rupture avec le capital.
