Congrès du TUC : « Des salaires, pas des armes ! »

La centrale syndicale britannique TUC (Trades Union Congress) a tenu son congrès annuel à Brighton, du 13 au 16 septembre. En voici un aperçu donné par la coalition Stop the War et par Counterfire.

Par Counterfire
Publié le 25 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

La coalition Stop the War rend compte du Congrès du TUC en constatant que « pour la deuxième année consécutive, les délégués à la conférence du TUC ont adopté une motion s’opposant à l’augmentation des dépenses d’armement, dans le prolongement du vote historique de l’an dernier qui avait annulé l’engagement du TUC en faveur de leur augmentation. »

Certains syndicats soutenaient les dépenses de défense au nom des emplois industriels qu’elles représentent, et accusaient cette motion de diviser le mouvement syndical. Alex Gordon, responsable national de Stop the War et ancien président du syndicat RMT, leur a répondu : « Mettons les choses au clair. L’année dernière, lors de ce Congrès, nous avons pris une décision très importante. Une décision déterminante visant à rejeter la politique erronée adoptée par le Trades Union Congress trois ans auparavant. Cette politique erronée, consistait à soutenir les revendications en faveur d’une augmentation des dépenses militaires. Et cette politique provenait en fait d’une motion du syndicat GMB. Soyons clairs : ce n’est aucun des syndicats qui s’opposent à cette politique qui divisent ce mouvement. »

Stop the War poursuit : « La motion, adoptée à main levée avec un soutien plus important des délégués que l’année précédente, décide :

– que la solidarité internationale et la paix doivent être au cœur du mouvement syndical ;

– de construire une campagne en faveur d’investissements publics durables dans la santé, l’éducation, le logement, les services sociaux, la sécurité sociale et l’action climatique ;

– de sensibiliser aux droits des travailleurs, notamment au droit à l’objection de conscience ;

– de s’opposer au service militaire obligatoire au Royaume-Uni.

Le UCU (syndicat des universitaires) prévoit désormais d’étendre la campagne “Wages Not Weapons” à l’ensemble du mouvement syndical afin de la porter dans chaque lieu de travail. »

Pour Counterfire, « la motion n’a pas fait l’objet d’un vote par mandat, et il est clair que le soutien aux positions antiguerre au sein du mouvement syndical s’est renforcé au cours de l’année écoulée, notamment grâce aux efforts de la Coalition Stop the War pour construire un large soutien contre le militarisme et grâce à la conférence européenne antiguerre organisée au cours de l’année écoulée. »

Palestine

D’après Stop the War, « Pour la première fois, les délégués ont soutenu un mouvement BDS (boycott, désinvestissement et sanctions) dirigé par les Palestiniens, appelant à intensifier l’action sur les lieux de travail afin de mettre fin à la complicité des entreprises, des institutions et du gouvernement dans les crimes commis par Israël contre le peuple palestinien, ainsi qu’à soutenir la prochaine journée d’action sur les lieux de travail, le 26 novembre. »

Counterfire précise : « Cette motion est particulièrement importante compte tenu du fait que le gouvernement britannique n’a pas accepté de s’engager pleinement en faveur du BDS et s’est contenté de cibler les colonies illégales. En outre, pour les militants de la cause palestinienne au sein de syndicats tels que Unite et le GMB, elle leur apporte le soutien du mouvement syndical dans son ensemble pour réclamer de leur propre syndicat un engagement plus ferme en faveur de la cause palestinienne.

Un amendement important à cette motion, présenté par Unite, a été rejeté. Il visait à préciser que le BDS devait être dirigé par les travailleurs et non par les Palestiniens. Il est positif que cette formulation n’ait pas été intégrée à la motion, car nous devons être clairs sur le fait que le mouvement BDS doit être dirigé par les Palestiniens et que le soutien que nous leur apportons doit être inconditionnel et ne pas dépendre du fait qu’ils soient ou non des travailleurs. »

Et après ?

Stop the War explique que : « Notre équipe était présente à l’extérieur du Brighton Centre (…) pour préparer la manifestation nationale pour la Palestine du 10 octobre, encourager les syndicats à s’affilier à Stop the War et distribuer des exemplaires de nos nouveaux tracts consacrés à l’Iran et au Youth and Student Network. »

Counterfire constate : « Nous avons besoin de militants sur le terrain pour transformer ces motions, qui risquent sinon de rester des déclarations spectaculaires propres aux congrès, en banderoles syndicales dans la rue lors de la journée internationale de mobilisation pour la Palestine du 10 octobre, en affiliations à Stop the War, et en délégations à la prochaine conférence antiguerre à l’échelle européenne. »