« Nous pouvons les arrêter ! »

« Comment appelle-t-on un régime qui fait bénéficier ses forces de répression de mesures d’exception ? » Intervention de Mélinda Sauger pour le Parti ouvrier indépendant sur le camion de tête, lors de la manifestation à Paris contre le « permis de tuer », le 20 septembre 2026.

Lors de la manifestation contre la loi « permis de tuer », à Paris, le 20 septembre 2026. (correspondante)
Par Mélinda Sauger
Publié le 24 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes
Mélinda Sauger au micro, le 20 septembre 2026. (correspondant)

Je voudrais tout d’abord saluer la réussite de cette large manifestation. Bravo aux camarades du collectif Stop aux violences d’État, et à leur combativité, leur travail qui l’ont rendue possible.

Près de 100 manifestations contre cette loi ignoble du permis de tuer ont lieu dans les quatre coins du pays depuis hier. Dans la continuité des 730 000 signataires de la pétition contre la présomption de légitime défense pour les forces de l’ordre, des dizaines de milliers de manifestants se sont rassemblées partout en France pour demander le retrait de cette loi.

Une loi empruntée au programme de Jean-Marie Le Pen en 2007 qui présume légale tout tir de policier ou gendarme. Une loi que le gouvernement de Macron a décidé de soutenir, porter et défendre. Comme toute une série de mesures, de lois, de décrets autoritaires et répressifs que le RN soutient et qui visent à remettre en cause les libertés fondamentales tout comme les principes d’égalité et de fraternité.

Si aujourd’hui, on accepte qu’une cible soit mise sur le dos des jeunes noirs, des jeunes arabes, des jeunes issus des quartiers populaires, si cette loi est votée, sachant que demain, le tir sera considéré comme légitime et qu’il n’y aura pas d’enquête, un piquet de grévistes, un rassemblement féministe ou de citoyens mobilisés contre les méga bassines, toute personne qui serait en opposition avec le gouvernement et qui souhaite par sa liberté d’expression, s’exprimer dans la rue, pourrait être la future victime.

« La colère gronde partout »

Une loi qui si elle était définitivement adoptée représenterait une bascule historique en offrant aux forces de l’ordre un « permis de tuer ». Une loi qui n’est autre que le prolongement de la loi Cazeneuve de 2017. Depuis cette date, le nombre de personnes tuées par des policiers a été multiplié par cinq, rien qu’en cas de refus d’obtempérer ! Cette loi du Parti socialiste, elle aussi, nous en demandons l’abrogation.

Macron veut faire passer cette loi en force mais nous n’en voulons pas !

Comment appelle-t-on un régime qui fait bénéficier ses forces de répression de mesures d’exception ?

Militants associatifs, politiques, syndicalistes, citoyens attachés à la démocratie : nous ne voulons pas vivre sous un régime d’exception. Les manifestations d’hier et aujourd’hui sont un puissant élan pour obtenir le retrait de la loi.

Nous pensons à Adama, Zyed, Bouna, Nahel, Souheil et tant d’autres victimes d’une brutalité sans nom, de la répression d’État : plus que jamais, nous ne les oublions pas !

Avec la même brutalité, Macron et tous ceux qui soutiennent cette loi sont les premiers à soutenir Israël dans son entreprise génocidaire depuis près de trois ans notamment en livrant des armes.

Avec la même brutalité, Macron et ses gouvernements répriment la jeunesse, l’empêchent de suivre les études de son choix avec le tri Parcoursup.

Avec la même brutalité, Macron prépare la guerre. 6,4 milliards supplémentaires pour les armées dans le budget 2027 quand Lecornu annonce 54 milliards de coupes dans tous les secteurs. Service national militaire, multiplication des classes défense, propagande guerrière à l’École : Macron veut entraîner les jeunes vers la guerre mais comme pour la loi permis de tuer, les jeunes n’en veulent pas !

La colère gronde partout dans le pays. Cette semaine, les agents EDF ont fait grève de manière puissante, les pécheurs ont bloqué les dépôts pétroliers, les pompiers s’apprêtent à monter en nombre à Paris dès le 27 septembre.

Des millions sont étranglés par la hausse historique des prix du carburant mais aussi de l’énergie et de l’alimentation.

Par notre mobilisation, par la grève, en faisant campagne pour faire voter J.-L. Mélenchon à la présidentielle, aujourd’hui, dans les semaines qui viennent, nous pouvons les arrêter !

À bas la guerre, à bas la répression d’État, à bas la violence d’État !