Suppression des APL : Le gouvernement s’attaque frontalement aux étudiants

Dans le projet de budget 2027 Lecornu annonce le gel des APL, l’augmentation des frais d’inscription, alors même qu’un étudiant sur trois se prive régulièrement de repas.

À Paris, le 15 septembre et dans plusieurs villes, les étudiants ont manifesté contre la suppression des APL et pour la suppression de Parcoursup (photos AFP)
Par Julien Ruche
Publié le 26 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Mardi 15 septembre, plusieurs milliers d’étudiant·es ont manifesté contre la sélection, la suppression des APL et l’augmentation des frais d’inscription dans plusieurs grandes villes en France. Dans la droite ligne de deux rapports commandés par le gouvernement qui préconisent des mesures de destruction de l’université publique Lecornu vient d’annoncer le gel des APL dans le projet de budget 2027.

Le premier rapport, rédigé par l’inspection générale des finances, recommande une refonte du mode de calcul des Aides Personnalisées au Logement (APL), afin de prendre en compte le revenu des parents, ce qui entraînera, selon les syndicats étudiants, la suppression directe des APL de plus de 200 000 étudiant·es et leur baisse pour 150 000 étudiant·es supplémentaires.

Le second, publié il y a deux semaines par le Sénat, préconise de multiplier les frais d’inscription par 5 (atteignant 900 euros par an en licence et 1 300 euros en master), d’en finir avec le droit à la poursuite d’études (le diplôme du bac ne garantirait plus le droit d’obtenir une place dans l’enseignement supérieur, et le diplôme de licence ne garantirait plus la possibilité de poursuivre en master), de renforcer la sélection et de différencier les étudiant·es étranger·es selon leur pays d’origine.

« Jeudi (17 septembre), Sébastien Lecornu a présenté un budget (pour 2027) avec un “effort” massif de 54 milliards d’euros. » (Le Monde) parmi les mesures présentées, dans ce véritable plan de rigueur, figure le gel des APL…

Le RN salue les attaques racistes du gouvernement

Cela intervient alors que la précarité étudiante n’a jamais été aussi élevée (48 % des étudiant·es ont déjà renoncé à un repas pour des raisons financières, un étudiant·e sur trois a un reste à vivre inférieur à 50 euros), et que le gouvernement a multiplié l’année dernière les attaques racistes pour exclure les étudiant·es étranger·es de l’université, en supprimant totalement leurs APL et en les obligeant à payer des frais d’inscription colossaux. Une mesure dans la droite ligne du programme du RN, ardent défenseur de la « préférence nationale » notamment en matière d’aides ou de logement.

Il faut rappeler que depuis l’arrivée de Macron en 2017, les suppressions de places représentent l’équivalent de dix universités, et que les plateformes Parcoursup et Mon Master laissent respectivement 126 000 et 30 000 candidat·es sans affectation. Tout cela alors qu’en parallèle, 36 milliards supplémentaires ont été alloués au budget militaire il y a quelques mois, et que le nouveau « service national volontaire » propose 15 crédits ECTS et 800 euros brut par mois.

Avec les nouvelles recommandations qui pourraient très bien être intégrées au prochain budget discuté cet automne, le gouvernement continue son projet de tri social et raciste avec un objectif clair : enterrer le droit à l’université pour tous·tes en écartant les plus précaires notamment pour les rediriger vers l’armée.

« Un jeune sur trois déclare sauter des repas et le gouvernement veut encore leur faire les poches »

Aurélie Trouvé, députée LFI sur LCI, le 21 septembre : 

« [Le gouvernement] décide pour faire des économies. Non pas de s’en prendre, par exemple, aux 13 000 millionnaires qui versent aucun impôt sur le revenu en France, vous le savez.
Non pas, par exemple, à Bernard Arnault qui vient de s’acheter un yacht à 500 millions d’euros. Non. Qu’est-ce qu’ils choisissent ? Ils choisissent de s’en prendre aux jeunes, aux locataires, aux jeunes et aux locataires par le biais des APL.
Donc, gel, ça veut dire baisse, en fait, puisqu’il va y avoir de l’inflation. Aux retraités, aux malades, aux fonctionnaires, aux chômeurs (…)
Les prix alimentaires, je vous le disais, vont augmenter et fortement au début d’année prochaine. Vous savez qu’il y a deux jeunes, deux jeunes sur trois, qui disent sauter des repas faute d’argent. Ce chiffre est terrifiant. Et ça va être encore pire dans les semaines et les mois à venir et on veut encore leur retirer de l’argent pour leur aide au logement. »