« Le bataillon Monaco »

C’est ainsi que certains journaux ukrainiens et internationaux désignent les oligarques ukrainiens qui ont acheté des maisons à Monaco et sur la Côte d’Azur, dont Vadim Ermolaev, visé par un attentat le 29 juin.

L’oligarque Vadim Ermolaev roule en Bentley avec chauffeur.
Par Lucien Gauthier
Publié le 14 juillet 2026
Temps de lecture : 3 minutes

C’est ainsi que certains journaux ukrainiens et internationaux désignent les oligarques ukrainiens qui ont acheté des maisons à Monaco et sur la Côte d’Azur : « Le bataillon Monaco est un bataillon constitué de 80 millionnaires ukrainiens, des hommes d’affaires, des chefs d’entreprise, des politiques qui a eux seuls détiennent la moitié du pays. » (El Mundo, avril 2024). L’oligarque ukrainien Vadim Ermolaev est de ceux-là : il possède en effet plusieurs résidences sur la Côte d’Azur dont une grande villa à Saint-Jean-Cap-Ferrat, ville que le quotidien ukrainien Ukrainska Pravda surnomme « Kontcha-Zaspa », l’équivalent dans la banlieue de Kiev du Neuilly-sur-Seine en région parisienne.

Nous avions déjà, dans ces colonnes, parlé de l’oligarque Rinat Akhmetov, qui a acheté à Monaco en 2025 un loft de 2 500 mètres carrés pour la modique somme de 471 millions d’euros, battant le record de l’appartement le plus cher vendu, précédemment détenu par une vente à 400 millions d’euros en 2024 à Londres.

L’Ukraine est un pays aussi corrompu que l’est la Russie. Le site Le vent se lève écrivait en septembre 2024 : « L’Ukraine, une république aux mains des oligarques (…) pesant lourdement sur la vie politique via leurs candidatures, leurs médias et leurs moyens financiers, les oligarques ukrainiens font ainsi des élections leur terrain de jeu. »

C’est ainsi que Zelensky, acteur de séries télévisées médiocres, s’est retrouvé candidat puis président de la République. Igor Kolomoïsky, puissant oligarque, patron de banques et de médias, était l’employeur de Zelensky qu’il a propulsé à la présidence.

Vadim Ermolaev possède aussi un appartement à Monaco. C’est en y entrant qu’il a été grièvement blessé, ainsi que sa femme et son fils, par l’explosion d’une bombe, le 29 juin. Dès le lendemain, la police avait désigné Anastasiia Berezovska comme la responsable et avait lancé contre elle une notice rouge, l’avis de recherche maximal d’Interpol. Son domicile en Allemagne a été perquisitionné.

Vadim Ermolaev a grandi dans une famille très modeste à l’est de l’Ukraine. Avec la fin de l’URSS et les privatisations des années 1990, il a connu une ascension fulgurante en prenant le contrôle d’entreprises immobilières, industrielles, commerciales, agroalimentaires et viticoles. Devenir milliardaire en cinq ans quand on est pauvre signifie corruption et mafia.

Paradoxalement, ce n’est pas ce que la justice lui reproche, elle lui reproche d’avoir continué, malgré la guerre, à commercer avec les producteurs de raisin et de vin de Crimée sous contrôle russe. Prudent et fin connaisseur du régime ukrainien, il a préféré s’installer sur la Côte d’Azur et à Monaco. En 2019, il a renoncé à la nationalité ukrainienne pour devenir chypriote. Non sans ironie il a alors déclaré : « Je veux une protection internationale, le système judiciaire ukrainien – pour le dire gentiment – n’est pas idéal. »

Intouchable par la justice ukrainienne, il ne l’est pas d’un agent payé pour déposer une bombe devant la porte de son appartement.

Dernière heure

Selon le grand quotidien ukrainien Ukrainska Pravda, Anastasiia Berezovska recherchée par Interpol pour avoir déposé la bombe Monaco, a été retrouvée morte, tuée par balles à Kiev. Un correspondant de BFMTV, d’origine russe mais installé à Kiev car il s’oppose à Poutine et qui connaît bien la région, s’étonnait sur le plateau de BFM que malgré une notice rouge délivrée par Interpol, la suspecte ait pu traverser l’Italie, l’Allemagne et entrer en Ukraine malgré les contrôles très stricts aux frontières ukrainiennes. Selon le quotidien ukrainien bien informé, un ancien policier et agent des services de renseignement ukrainiens seraient impliqués dans ce meurtre.

Manifestement, le régime ukrainien et ses services aiment manier les bombes

Ils n’ont rien à envier aux attentats commis par les services russes à l’étranger. En septembre 2022, une explosion endommage gravement le gazoduc Nord Stream reliant la Russie à l’Allemagne pour la fourniture de gaz. Aussitôt est pointée la responsabilité de la Russie, qui voudrait asphyxier l’Europe. La Russie dément, mais les dirigeants européens persistent. Mme von der Leyen menace la Russie de représailles.

Quatre ans plus tard, le 30 juin 2026, la justice allemande dénonce le régime de Zelensky comme responsable de l’attentat. Elle place en garde à vue à Hambourg un certain Serhii K., opportunément présenté comme un ex-militaire. Il est désigné par la justice allemande comme chef du commando composé de six personnes dont des plongeurs militaires. Le commando avait loué un bateau, l’Andromeda, pour une balade touristique sur la Baltique. Et à cette occasion, les plongeurs ont fixé des explosifs sur le gazoduc.

Comme quoi, il ne faut pas croire sur parole Mme von der Leyen, M. Macron et les médias aux ordres.