« Nous sommes cette petite étincelle qui grandira partout en Europe pour dire non à l’économie de guerre »
Peter Mertens, dirigeant du Parti du travail de Belgique (PTB), est intervenu au meeting international de Londres le 20 juin contre la guerre. Vous lirez des extraits de sa prise de parole.
- Actualité internationale, Meeting de Londres

« Ici, à Londres, il ne s’agit pas simplement d’une étincelle londonienne, mais d’une étincelle internationale. Et je voudrais commencer par parler de la Belgique.
En Belgique, tous les gouvernements appliquent des politiques d’austérité. Il y a de l’austérité dans l’enseignement public, dans les soins de santé, dans les transports publics, et ainsi de suite. Partout, c’est l’austérité. Il n’y a qu’une seule exception. Il y a un ministère qui n’est pas soumis à l’austérité ; au contraire, il reçoit énormément d’argent. Bien sûr, c’est le ministère de la Défense, qui disposera de 34 milliards d’euros à dépenser dans les prochaines années. C’est donc la fête au ministère de la Défense.
Nous avons alors demandé au ministre de la Défense : “Pouvons-nous voir votre liste d’achats ? Vous avez 34 milliards d’euros à dépenser. Pouvons-nous voir ce que vous comptez acheter ?”
Nous avons obtenu cette liste. Et nous l’avons examinée. Ils n’achetaient pas du matériel destiné à défendre la Belgique. Ce n’était pas sur leur liste. Ils achetaient des drones tueurs. Ils achetaient des F-35. Ils achetaient des frégates. Ils achetaient toutes sortes d’équipements destinés à intervenir au Congo, au Sahel, et ailleurs.
Alors, chers camarades, ils ne sont pas en train de construire une défense de l’Europe. Ils sont en train de construire une nouvelle armée impérialiste avec notre argent. Et nous devons dire non. L’impérialisme européen n’est pas la réponse à l’impérialisme américain, chers camarades. C’est un pillage. C’est une escroquerie. Et un deuxième pillage est en cours : le pillage de notre espace démocratique. Ils le réalisent par un grand renversement. Tout ce qui est normal est présenté comme anormal, voire criminalisé. Et tout ce qui ne devrait pas être considéré comme normal est aujourd’hui présenté comme tel.
Au lieu de mettre fin au génocide à Gaza et d’arrêter les livraisons d’armes à Israël, ils poursuivent les militants de la cause palestinienne. Au lieu de tout faire pour empêcher la guerre de s’étendre en Europe, ils qualifient les militants pour la paix de “cinquième colonne”. Au lieu de condamner la terreur de l’extrême droite qui provoque des pogroms, comme à Belfast, et au lieu de mettre fin aux réseaux de haine d’Elon Musk, ils poursuivent les antifascistes. Voilà le grand renversement.
Et nous disons : ça suffit ! Nous sommes ici pour remettre le monde sur ses pieds. Il est normal d’exiger la fin du génocide. Il est normal de se lever contre le fascisme. Il est normal de défendre nos emplois. Il est normal de lutter contre la guerre. Il est normal d’exiger notre avenir.
Chers camarades, nous entrons dans une nouvelle époque. C’est le début du déclin de l’impérialisme – seulement le début. Mais aucun nouvel équilibre n’a encore émergé. C’est pourquoi nous vivons une période chaotique.
Et nous savons, camarades et amis, que dans les périodes de stabilité, les rapports de force semblent immuables. Les puissants restent puissants, les faibles restent faibles. Voilà ce qu’est une période stable.
Mais dans une période de bouleversements comme celle d’aujourd’hui, tout peut changer très rapidement. Ce qui paraît intouchable peut disparaître en très peu de temps. Et ce qui paraît aujourd’hui insignifiant peut grandir très vite. Et cette étincelle, c’est nous.
Nous sommes cette petite étincelle qui grandira partout en Europe pour dire non à l’économie de guerre.
Non à l’économie de guerre, oui à l’État social, chers camarades.
Pour conclure, on parle beaucoup d’espoir. Mais l’espoir n’est pas un simple mot. L’espoir n’est pas quelque chose que l’on remet au futur. L’espoir n’est pas un mot écrit dans un livre. L’espoir est quelque chose que nous devons construire activement. L’espoir, c’est la mobilisation. L’espoir, c’est l’organisation. Et l’espoir, c’est la lutte.
Alors regardez autour de vous. Il y a une étincelle ici, à Londres. Il y en avait une la semaine dernière à Bruxelles, lorsque 12 000 personnes ont manifesté contre la guerre. Nous sommes en train de construire quelque chose à l’échelle de toute l’Europe.
Vous pouvez être fiers de vous. Nous ne sommes pas ici pour changer le capitalisme. Nous ne sommes pas ici pour changer l’impérialisme. Nous sommes ici pour tout changer et pour construire le socialisme, camarades. La lutte continue.
