Au moment où les gouvernements en Europe poussent à la guerre…

Le gouvernement Macron-Lecornu présente jeudi 1er octobre son projet de budget 2027, avec 54 milliards de coupes dans les dépenses, un « effort record sous la Ve République » (Le Parisien). Face à la révolte des lycéens, il déchaîne la violence policière.

Lors de la manifestation à Toulouse, le 29 septembre.
Par Pierre Valdemienne
Publié le 30 septembre 2026
Temps de lecture : 3 minutes

Au moment où les gouvernements en Europe poussent pour que la guerre en Ukraine se poursuive, avec ces deux millions de morts et de blessés, alors même que des milliers de Russes et d’Ukrainiens cherchent à fuir le front par tous les moyens, en France, le gouvernement Macron-Lecornu présente jeudi 1er octobre son projet de budget 2027, avec 54 milliards de coupes dans les dépenses, un « effort record sous la Ve République » (Le Parisien).

À l’heure où la révolte de la jeunesse lycéenne, qui s’étend d’heure en heure, pose le problème des moyens matériels et humains dont sont totalement dépourvus les établissements du fait de la politique de destruction menée depuis deux quinquennats et plus, à l’heure où les pompiers, qui se sont notamment retrouvés totalement démunis pour affronter les incendies cet été au péril de leurs vies, manifestent pour exiger eux aussi des moyens matériels et humains, le gouvernement s’apprête à tailler encore davantage dans les budgets de l’école, de l’hôpital, de la Sécurité sociale et des retraites.

Et de nouveau, le seul budget qui sera en hausse, à hauteur de près de sept milliards, c’est celui des Armées.

Irruption de la jeunesse lycéenne

C’est dans ce contexte, également marqué par une flambée record des prix du gaz (nouvelle augmentation de plus de 6 % au 1er octobre), des carburants et des prix alimentaires, que la jeunesse lycéenne fait littéralement irruption, pour dire : « ça suffit ! On n’en peut plus, on veut pouvoir étudier, on veut un avenir. »

Et face à cette situation, quelle est la réponse du gouvernement ? La matraque, les gaz lacrymogènes, les tirs de LBD. Inacceptable. Inadmissible. Ignoble.

À juste titre, Jean-Luc Mélenchon a posté sur X : « La sauvagerie policière n’est pas acceptable. Un tir au visage, des violences disproportionnées soulignent des comportements d’une violence sans limite d’adultes armés contre des jeunes. Spectacle écœurant. »

« Violence sans limite d’adultes armés contre des jeunes » (Jean-Luc Mélenchon)

La Ligue des droits de l’homme (LDH) a raison quand elle écrit : « Les images d’interpellations violentes et les gardes à vue, touchant des mineur.es, des enfants, inquiet.es de leur avenir sont intolérables ».

De son côté, la CGT a déclaré : « La mobilisation des jeunes doit être entendue, pas étouffée. La CGT, ses structures territoriales et professionnelles, est au service des organisations syndicales lycéennes et étudiantes représentatives pour protéger le droit à la mobilisation des lycéen-nes. Face à la répression, nous réaffirmons notre solidarité avec les lycéennes et les lycéens. Leur liberté d’expression et de mobilisation doit être garantie ».

Pour sa part, l’union départementale FO de Paris affirme : « Ils (les lycéen-nes) ne céderont pas face à cette répression inacceptable déclenchée par le ministre de l’Intérieur. Nous les soutenons et devons être à leurs côtés pour qu’ils ne subissent pas de plein fouet les violences d’une politique que nous condamnons et combattons. »

Que cherchent-ils ?

Refusant de répondre à la moindre des revendications lycéennes (qui sont identiques aux revendications enseignantes), et faisant croire qu’il n’y en a pas, le gouvernement envoie des détachements d’adultes armés frapper brutalement des adolescents. Voilà la réalité.

Une question se pose : où veulent-ils nous emmener en déchaînant toute cette violence ? Veulent-ils vraiment apaiser la situation en agissant ainsi ? À quelques mois de l’élection présidentielle, que cherchent-ils ?

Parents, enseignants ne veulent pas laisser leurs enfants subir cette violence.

Les lycéens, les personnels, les travailleurs qui se mobilisent notamment à l’occasion de la journée de mobilisation dans la fonction publique appelée par tous les syndicats, ce mardi 29 septembre, ont raison ; les élus LFI qui se portent sur le terrain pour les protéger, les soutenir – et qui sont chaleureusement accueillis en retour – ont raison. Tous ceux qui s’indignent de ce traitement infâme contre les jeunes ont raison. Nous en sommes.

Macron annonce l’envoi de troupes en Arabie saoudite !

Jeudi 24 septembre, Macron intervenait dans un 20 heures fait sur mesure sur TF1 et France 2. Dans la continuité de la réunion avec les représentants des partis politiques vendredi 18 septembre, Macron a continué d’agiter les peurs afin de conditionner les esprits à l’attaque imminente de l’ennemi.

Mais il a également franchi un pas supplémentaire dans l’engrenage guerrier en annonçant l’envoi de troupes et de moyens militaires en Arabie saoudite : des soldats, des systèmes radar, des systèmes de défense.

Le même nous expliquait il y a quelques jours que la France n’avait rien à voir avec la guerre au Moyen-Orient. On rappellera donc ce que Macron ne dira jamais : le point de départ, c’est l’agression américaine et israélienne contre l’Iran.

Agression qu’il n’a jamais condamnée, comme le rappelait encore Manuel Bompard, coordinateur de la France insoumise, sur France inter le 29 septembre.

Aujourd’hui, des millions de travailleurs sont pris à la gorge par l’envolée des prix du carburant. Retrait immédiat des troupes américaines, arrêt de l’agression contre l’Iran, non à tout engagement de la France dans le conflit !

R. A.