D’anciens ambassadeurs de France prennent la parole

Dans une tribune parue ce 25 novembre, d'anciens diplomates appellent à un « véritable cessez-le-feu » à Gaza. Toute solution d’avenir en Palestine doit reposer selon eux sur « l’affirmation de droits égaux entre deux populations qui doivent cohabiter ».

8 novembre. Camp de réfugiés de Khan Younès : un homme tente d’extraire les membres de sa famille ensevelis sous les décombres de leur immeuble suite à un bombardement. Des centaines de Gazaouis fuient la ville de Gaza pour aller vers le sud de la bande de Gaza (Photos AFP).
Par la rédaction d'IO
Publié le 25 novembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Dénonçant tant « l’horrible massacre perpétré le 7 octobre par le Hamas » que les « bombardements massifs, indiscriminés et disproportionnés » sur Gaza par l’armée israélienne, un collectif de dix-huit anciens diplomates français s’alarme, sur le site du journal Le Monde, d’« un cauchemar humanitaire insoutenable » et des « risques d’un embrasement de la Cisjordanie et de l’extension de la guerre vers le Liban, voire vers l’Iran ».

Les signataires de cette tribune appellent à « pérenniser la trêve » et à « tout faire » pour « la prolonger de façon qu’elle conduise à la libération complète des otages et se transforme en un véritable cessez-le-feu ».

Au passage, ils condamnent le blocus de la bande de Gaza comme étant contraire au droit international, de même que « les attaques aériennes sur des objectifs civils comme des lieux de cultes, des hôpitaux, des écoles ».

Ils y voient « une stratégie punitive aussi brutale que vaine, et de plus en plus contestée ». Ils soulignent que l’objectif d’éradiquer le Hamas par cette stratégie est « illusoire ».

Ces anciens ambassadeurs invitent aussi urgemment à « réfléchir au « jour d’après » ».

Ils constatent que « la solution à deux Etats est devenue de plus en plus difficile à bâtir » après l’extension galopante de la colonisation israélienne en Cisjordanie. Selon eux, « la solution à un seul Etat binational, évoquée avant même le 7 octobre, reprend de l’actualité ».

Et d’avertir : « Il est clair que, après ce choc traumatique subi de part et d’autre, et cette « guerre totale » condamnée à échouer, la sécurité d’Israël ne peut être assurée que par le juste règlement de la question palestinienne et l’affirmation de droits égaux entre deux populations qui doivent cohabiter ».

Sans quoi, ajoutent-ils, Israël s’exposerait à « une accusation d’apartheid ».

Ils estiment aussi qu’une « mise en garde devrait être vigoureusement exprimée à l’égard de toute tentation de transfert de population vers les pays voisins, qui ne peut qu’être assimilée à un nettoyage ethnique inacceptable ».

Ces diplomates ne manquent pas non plus d’égratigner le gouvernement Macron, qui, selon eux, a « perdu beaucoup de sa crédibilité au Moyen-Orient et a vu son image se dégrader fortement dans le monde arabo-musulman ».