D’anciens ambassadeurs de France prennent la parole
Dans une tribune parue ce 25 novembre, d'anciens diplomates appellent à un « véritable cessez-le-feu » à Gaza. Toute solution d’avenir en Palestine doit reposer selon eux sur « l’affirmation de droits égaux entre deux populations qui doivent cohabiter ».
- Palestine

Dénonçant tant « l’horrible massacre perpétré le 7 octobre par le Hamas » que les « bombardements massifs, indiscriminés et disproportionnés » sur Gaza par l’armée israélienne, un collectif de dix-huit anciens diplomates français s’alarme, sur le site du journal Le Monde, d’« un cauchemar humanitaire insoutenable » et des « risques d’un embrasement de la Cisjordanie et de l’extension de la guerre vers le Liban, voire vers l’Iran ».
Les signataires de cette tribune appellent à « pérenniser la trêve » et à « tout faire » pour « la prolonger de façon qu’elle conduise à la libération complète des otages et se transforme en un véritable cessez-le-feu ».
Au passage, ils condamnent le blocus de la bande de Gaza comme étant contraire au droit international, de même que « les attaques aériennes sur des objectifs civils comme des lieux de cultes, des hôpitaux, des écoles ».
Ils y voient « une stratégie punitive aussi brutale que vaine, et de plus en plus contestée ». Ils soulignent que l’objectif d’éradiquer le Hamas par cette stratégie est « illusoire ».
Ces anciens ambassadeurs invitent aussi urgemment à « réfléchir au « jour d’après » ».
Ils constatent que « la solution à deux Etats est devenue de plus en plus difficile à bâtir » après l’extension galopante de la colonisation israélienne en Cisjordanie. Selon eux, « la solution à un seul Etat binational, évoquée avant même le 7 octobre, reprend de l’actualité ».
Et d’avertir : « Il est clair que, après ce choc traumatique subi de part et d’autre, et cette « guerre totale » condamnée à échouer, la sécurité d’Israël ne peut être assurée que par le juste règlement de la question palestinienne et l’affirmation de droits égaux entre deux populations qui doivent cohabiter ».
Sans quoi, ajoutent-ils, Israël s’exposerait à « une accusation d’apartheid ».
Ils estiment aussi qu’une « mise en garde devrait être vigoureusement exprimée à l’égard de toute tentation de transfert de population vers les pays voisins, qui ne peut qu’être assimilée à un nettoyage ethnique inacceptable ».
Ces diplomates ne manquent pas non plus d’égratigner le gouvernement Macron, qui, selon eux, a « perdu beaucoup de sa crédibilité au Moyen-Orient et a vu son image se dégrader fortement dans le monde arabo-musulman ».
