« Sauver les institutions de la Ve République… Mais est-ce encore possible ? »
Tous les médias s’appliquent à embrouiller les conséquences du vote du 9 juin et de la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale par Macron. Ils n’y arrivent pas, et pour cause…
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Tous les médias s’appliquent depuis dix jours à embrouiller les conséquences du vote du 9 juin et de la dissolution immédiate de l’Assemblée nationale par Macron. Ils n’y arrivent pas.
Macron a abattu sa dernière carte, il met ses ministres, son parti et ses alliés au pied du mur. Bateau ivre, ne maîtrisant vraiment plus grand-chose, il se démène fébrilement pour inventer des solutions pour sauver le régime et les institutions de la Ve République. Parmi ces solutions, il y a celle du RN qui se porte ouvertement candidat. Il faut sauver les institutions !
Même au prix d’une extrême droite, avec ou sans Macron, qui en toute logique, chercherait, pour « sauver le pays » bien sûr, à écraser la classe ouvrière, ses partis, ses syndicats, les libertés et la démocratie. C’est la force intacte de la classe ouvrière – et par-delà, de toute la société – qui refuse, qui est l’enjeu principal. La polarisation, l’échec à casser la force de la classe ouvrière peuvent amener à estimer que le bonapartisme, même frelaté, de la Ve République n’est plus tenable.
Macron ne sait pas où il va, mais il veut poursuivre la même politique contre le peuple et la jeunesse, contre la classe ouvrière. Même ses plus proches soutiens sont terrifiés par le gouffre dans lequel il les a plongés, parce qu’un fait s’impose : la puissance du rejet de la politique du gouvernement et de tous ses soutiens, la volonté de s’en débarrasser, de les dégager, reste plus que jamais la marque de la situation. Cette puissance sort encore renforcée du vote du 9 juin et de ses premières conséquences, et bouscule un à un les trucages, les combines et les manœuvres qui se multiplient pour masquer la réalité et tenter, en vain, de semer la confusion. C’est ainsi que sont mises à jour combines et manœuvres, censées rester secrètes mais très avancées, que l’échec de la marginalisation de LFI fait éclater au grand jour.
Le score de LFI aux européennes n’était pas prévu. Les grands stratèges de la division et de la manipulation n’avaient pas prévu cette progression de trois points et d’un million de voix par rapport aux élections européennes de 2019. Dans les heures qui suivent le résultat et l’annonce de dissolution, par centaines et par milliers, les adhésions affluent : en dix jours, plus de 40 000 nouvelles adhésions à LFI, dont 17 000 ont rejoint les groupes d’action (GA).
Samedi dernier, des centaines de manifestations, très massives, avec les organisations syndicales, ont exprimé à la fois les revendications et le refus d’un gouvernement Macron-RN contre la satisfaction de ces revendications. Les masses ne veulent plus de Macron, les masses ne veulent pas de Bardella et Le Pen. Les masses veulent une issue à leurs revendications urgentes, à commencer par l’abrogation de la réforme des retraites, le retrait de la réforme de l’assurance chômage, le blocage des prix et la hausse des salaires, l’arrêt du saccage des services publics, l’arrêt de la répression et de la remise en cause des libertés démocratiques. Les masses veulent la paix.
C’est cette force décuplée qui impose à tous les partis, au PS malgré R. Glucksmann, au PCF malgré F. Roussel, à EELV malgré M. Tondelier, de conclure en vingt-quatre heures un accord avec LFI, de s’entendre sur un programme de Nouveau Front populaire (NFP) reprenant l’essentiel du programme de la Nouvelle union populaire écologique et sociale (Nupes), de s’entendre pour un candidat unique dans chaque circonscription pour battre Macron et le RN.
Échec complet de la tentative de marginaliser LFI et son exigence de rupture
C’est un échec complet de la tentative de marginaliser LFI et son exigence de rupture.
En quelques heures, l’annonce de cet accord provoque une violente réplique du séisme du 9 juin disloquant ce qu’il reste du parti gouvernemental, isolant davantage encore le monarque dans son palais de l’Elysée et jetant dans un puits sans fond les restes des républicains du parti gaulliste.
Commencent alors de nouvelles manœuvres dans les arrière-cuisines des états-majors et des médias. Il s’agirait de préparer l’avènement d’un gouvernement d’union nationale. Marine Le Pen elle-même se prononce pour un gouvernement d’union nationale mais, quelques heures plus tard, Jordan Bardella annonce ne pouvoir être Premier ministre que s’il dispose d’une majorité absolue à l’Assemblée nationale.
Plusieurs variantes d’union nationale sont envisagées, avec des LR compatibles, avec des socialistes compatibles, avec d’autres encore… pour continuer la même politique. En parallèle, certains se démènent pour renouer le fil de la défunte union de la gauche, celle de Hollande et Hidalgo, celle qui a été rejetée par le vote Mélenchon aux élections présidentielles de 2022.
François Hollande est le candidat présenté par le Parti socialiste sous l’étiquette Nouveau Front populaire en Corrèze. Aurélien Rousseau, naguère ministre de la Santé de Macron, est le candidat présenté par R. Glucksmann et Place publique dans les Yvelines sous l’étiquette Nouveau Front populaire. Aussitôt, Macron et Attal font annoncer qu’ils ne présenteront pas de candidat contre un certain nombre de candidats LR ou certaines personnalités comme François Hollande, Olivier Faure, Fabien Roussel, Aurélien Rousseau et quelques autres.
Il est probable que nous verrons d’autres manœuvres, d’autres combines pour tenter de brouiller l’accord du Nouveau Front populaire, de préparer des reclassements, des petits arrangements, des grandes trahisons du mandat des électeurs dans l’objectif de torpiller l’accord et marginaliser LFI.
Nous verrons bien ce qu’il adviendra de toutes ces combinaisons qui veulent tromper et contourner la mobilisation gigantesque pour battre Macron et le RN. Les militants, les jeunes, les syndicalistes, avec nombre de structures syndicales, les associations, comme celles qui, refusant l’accusation d’antisémitisme, se battent pour le cessez-le-feu à Gaza, les démocrates, les laïques, les antiracistes… se retrouvent naturellement avec LFI et les GA qui occupent une place centrale.
Des centaines, des milliers de réunions et meetings sont programmés et commencent à se tenir, des centaines, des milliers d’équipes se constituent pour les porte-à-porte et les diffusions sur les marchés, dans les entreprises des appels à voter sont préparés, chaque jour des manifestations ont lieu, nous en sommes.
Parce que c’est le moment, c’est maintenant qu’il est possible de se regrouper de s’organiser, travailleurs, jeunes, militants, associations, partis, syndicats, chacun avec ses particularités. Les plus grands chocs, classe contre classe, sont à venir.
