Les chauffeurs de bus de FSO (95) et l’employeur signent un accord

Pendant quatre mois et trois jours, les conducteurs de bus du réseau Cergy-Confluence (géré par FSO, filiale du groupe LacroixSavac), ont mené leur grève de manière de façon déterminée pour maintenir leurs acquis sociaux et des conditions de travail décentes.

Sur le piquet de grève, le 8 novembre 2024 (photo correspondant).
Par Liliane Fraysse
Publié le 23 mars 2025
Temps de lecture : 2 minutes

« Un combat, dur, âpre et inédit par son ampleur » selon l’expression de l’union départementale Force ouvrière du Val-d’Oise qui a assuré un soutien sans faille au syndicat FO FSO pendant toute la durée du conflit.

Face au blocage de l’employeur dans les négociations, l’UD FO a obtenu du préfet de région qu’il désigne début janvier une médiatrice (vice-présidente du tribunal administratif de Cergy-Pontoise).

En mai 2024,73 % des salariés de l’entreprise faisaient confiance à Force ouvrière sur la base d’un mandat clair et précis : « Maintien des acquis des salaires, des conditions de travail ».

C’est le respect de ce mandat qui est le fil à plomb de leur combat, pour obtenir un accord de substitution satisfaisant.

Ils ont obtenu l’essentiel : garanties du maintien des salaires avec indexation du salaire de référence, clause de revoyure, perspective d’augmentations salariales, indemnité différentielle garantie, heures de nuit payées à partir de la première minute, maintien de la subrogation… C’est une belle victoire !

C’est un combat exemplaire qui a réussi à tenir en échec le système pensé par Île-de-France Mobilité (IDFM), responsable de l’ouverture à la concurrence des transports publics franciliens.

Un système de délégation qui met à mal le service public des transports

La « mission transports » relève de la compétence du conseil régional. En Île-de-France les transports bus sont divisés en deux secteurs. Le premier, l’historique, est la RATP pour Paris intra-muros et les communes du Grand-Paris. Le deuxième est issu de la décentralisation.

Au moment du transfert de la compétence, de l’Etat à la région, il n’a pas été question d’étendre le statut de la RATP aux départements de la grande couronne. D’où cette gestion différenciée que permet la « délégation de service public » (DSP), système encore plus lucratif qu’une privatisation puisqu’il permet aux actionnaires détenant les groupes et entreprises chargés des DSP de vampiriser l’argent public (contrats de dizaines de millions d’euros versés par IDFM qui récupère également de l’argent des collectivités : communauté d’agglomération Cergy-Pontoise verse à IDFM pour le contrat FSO trois millions d’euros annuels) pour les actionnaires en toute opacité et en utilisant le coût du travail comme dernière variable d’ajustement.

D’autres combats sont à venir : l’Afoc1Afoc : association Force ouvrière consommateurs 95, en défense des usagers conclut son communiqué : « L’enjeu devient le contrôle de cette mission de service public que des entreprises assurent sous l’étiquette “délégation de service public”, car ce sont bien les impôts des Franciliens via la région ou via la collectivité d’agglomération de Cergy-Pontoise qui financent le fonctionnement des transports ! ».

Une question profondément politique persiste : le contrôle de l’argent public.

Un soutien de la population, des militants et de LFI

Ce conflit social, hors normes, a été largement soutenu par la population. Des syndicalistes d’autres secteurs professionnels et de différents syndicats sont venus sur le piquet de grève. Les députés LFI et PS de l’agglomération de Cergy-Pontoise, des élus de la communauté d’agglo, aussi. La solidarité financière organisée par l’UD-FO a joué pleinement son rôle. Les députés LFI du Val-d’Oise ont interpellé Valérie Pécresse et le gouvernement.

La conclusion du communiqué du député LFI Aurélien Taché ouvre la voie aux combats futurs : « Alors que le réseau de transport en commun de toute l’Île-de-France s’apprête à connaître une privatisation semblable à celle qu’a connue Cergy, les grévistes de FSO doivent servir d’exemple. Face à la politique de rentabilité qui fait fi des usagers et des travailleurs : la victoire est possible, les grévistes de Cergy en sont l’exemple même ».