Algérie : un communiqué du Parti des travailleurs sur la situation politique et sociale
Dans un communiqué, que nous reproduisons, le Parti des travailleurs d'Algérie réagit après le conseil des ministres tenu le 30 novembre dernier.
- Actualité internationale, Algérie

Le Parti des travailleurs prend acte avec satisfaction des décisions prises par le Conseil des ministres réuni le 30 novembre dernier, qui concernent directement le pouvoir d’achat des travailleurs, des retraités, et de leurs familles ainsi que les jeunes sans emplois, exactement comme l’a exprimé le président de la République lors de sa rencontre avec la Secrétaire générale du Parti des travailleurs, le mardi 25 novembre 2025.
Tout d’abord, le Parti des travailleurs considère que la décision « d’augmenter le salaire national minimum garanti (SNMG) de 20 000 dinars à 24 000 dinars à partir de janvier 2026 » est une mesure positive qui permettra aux travailleurs du secteur économique et des services de bénéficier de l’augmentation des salaires, dont seuls les fonctionnaires ont bénéficié ces dernières années.
Il estime que cette augmentation de 20 % du SNMG peut améliorer les conditions de vie de millions de travailleurs et de leurs familles.
Le Parti des travailleurs considère que le pouvoir d’achat ne peut se limiter aux salaires, mais qu’il faut contrôler les prix en les plafonnant d’une part et en régulant le marché d’autre part. Il faut également tenir compte du taux d’inflation qui annule souvent les effets positifs des augmentations de salaires et de pensions, ce qui renforce la nécessité d’adopter l’échelle mobile des salaires et des pensions afin de préserver efficacement le pouvoir d’achat de la majorité.
Le Parti des travailleurs salue également la décision du conseil des ministres de « présenter des propositions concernant la revalorisation des pensions et allocations de retraite, qui seront examinées par le ministère des Finances, puis par le Conseil du gouvernement, avant d’être soumises au prochain conseil des ministres ». Pour le Parti des travailleurs, une telle décision permettra sans aucun doute aux millions de travailleurs retraités de bénéficier de l’augmentation annuelle qui n’a pas été versée en 2025, ce qui a suscité le mécontentement de cette large catégorie de la société qui a contribué à la construction et à l’édification du pays.
Comme il l’a déclaré lors de sa rencontre avec la secrétaire générale du Parti des travailleurs, le président de la République a également chargé le ministre du Travail de revoir les conditions d’octroi de l’allocation chômage, qui était versée tous les six mois et renouvelable une seule fois, pour qu’elle devienne « d’une durée minimale d’un an, renouvelable ».
Le Parti des travailleurs enregistre cette nouvelle avancée pour les jeunes chômeurs et le relèvement de l’allocation chômage de 15 000 à 18 000 dinars par mois, et soutient la décision du conseil des ministres qui a reconnu : « la nécessité pour l’Agence nationale pour l’emploi de jouer sérieusement son rôle, afin d’être une source de transparence et de fluidité dans l’orientation des demandeurs d’emploi et le classement des personnes intégrées sur le marché du travail, et de les distinguer des chômeurs dans un fichier national actualisé ».
Le Parti des travailleurs estime que l’allocation chômage n’est pas une fin en soi, mais un moyen d’apporter un soutien social aux jeunes sans emploi et un moyen de recenser avec précision le nombre de chômeurs. Il estime également que l’Agence nationale pour l’emploi a la responsabilité d’offrir des opportunités d’emploi réelles et durables, en adéquation avec les diplômes et les qualifications des jeunes chômeurs, afin d’éviter qu’ils ne retombent dans le chômage après l’arrêt de versement des allocations chômage.
Le Parti des travailleurs souligne l’importance de ces mesures politiques et socio-économiques qui permettront d’atténuer les souffrances et de rétablir la confiance dans l’existence de solutions nationales aux préoccupations légitimes des millions.
Le Parti des travailleurs exprime son inquiétude face à une évolution que nous jugeons très grave. En effet, le jour même où le conseil des ministres a pris une série de mesures positives, nous avons appris avec une grande tristesse la mise en détention provisoire de 10 syndicalistes de différentes wilayas, dont le secrétaire général de la Fédération des cheminots affiliée à l’Union générale des travailleurs algériens, à la suite d’un arrêt de travail spontané et limité des travailleurs du secteur, la matinée du 26 novembre 2025, afin d’exprimer une série de revendications socio-professionnelles et de dénoncer la fermeture du dialogue et des négociations par la direction de l’entreprise nationale des chemins de fer, attitude qui a conduit ces derniers mois à la condamnation à la prison ferme de l’ancien secrétaire général de la fédération pour les mêmes raisons, après le dépôt d’un préavis de grève auprès du ministère des Transports, avant qu’il ne soit acquitté par la suite.
Pour le Parti des travailleurs, le fait de traîner les syndicalistes devant les tribunaux, et plus précisément devant la chambre criminelle, constitue un développement dangereux qui jette les bases de la criminalisation de l’action syndicale et de l’exercice du droit de grève.
Il convient de rappeler que cette dérive soulève avec acuité la nécessité de revoir du fond en comble les lois liberticides à l’égard du travail syndical qui ont été promulguées en 2023.
Le Parti des travailleurs lance un appel aux autorités supérieures du pays pour qu’elles mettent fin à la criminalisation du travail syndical et demande la libération des syndicalistes incarcérés, ainsi que le règlement par les moyens civilisés et démocratiques du conflit par le dialogue et la négociation. Le Parti des travailleurs tient la direction de la société nationale de transport ferroviaire pour responsable de l’impasse qui a poussé les cheminots à exprimer leur colère par des moyens pacifiques afin de faire entendre leurs revendications et leurs préoccupations légitimes.
P/Secrétariat du bureau politique du PT
Alger, le 1er décembre 2025
