Une honteuse déclaration des confédérations syndicales

Point de vue de notre camarade Pierre Paletot au sujet d’une récente déclaration des confédérations syndicales françaises sur la guerre en Ukraine – déclaration sans la moindre velléité de résister au budget de guerre de Macron, pourtant passé par 49.3

Ville de Vovchans devastée par la guerre, dans la région de Kharkiv, septembre 2024. (Photo armée ukrainienne via AFP)
Par Pierre Paletot
Publié le 6 février 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Étrange déclaration que celle de l’ensemble des confédérations syndicales françaises en date du 21 janvier. Elle s’intitule « Solidarité avec la résistance des travailleuses et travailleurs d’Ukraine ! Solidarité avec les syndicats ukrainiens de la FPU et de la KVPU ! »

Pas un mot sur l’exigence d’un cessez-le-feu immédiat, pas un mot sur les millions de morts ukrainiens et russes victimes de la guerre, pas un mot sur la répression féroce, en Ukraine comme en Russie, contre les opposants à la guerre, ceux qui veulent la paix immédiate, l’arrêt des combats, le cessez-le-feu, pas un mot sur les centaines de milliers de déserteurs, russes comme ukrainiens, pourchassés des deux côtés.

Pas un mot sur la mise en pièces du Code du travail ukrainien sous prétexte de l’effort de guerre supprimant acquis et protections des travailleurs ukrainiens les livrant à une exploitation sans limites, rien sur l’occupation et la confiscation par la police et l’armée de Zelensky des locaux syndicaux en juin dernier, rien sur les arrestations de militants et dirigeants syndicaux, rien sur l’interdiction de onze partis politiques, rien sur la brutale répression des grèves.

Loin, très loin du mot d’ordre historique du mouvement syndical, le pain, la paix, la liberté !

Un soutien à la poursuite de la guerre

Cette déclaration est muette aussi sur la politique des dirigeants de l’Union européenne vis-à-vis de la guerre en Ukraine, muette sur la politique du gouvernement français.

Que signifient alors les engagements à « renforcer (leur) soutien à la FPU et à la KVPU, à informer et mobiliser face aux conséquences sociales des frappes russes, à condamner sans ambiguïté l’agression russe et les attaques visant la population civile » ? Les mots ont un sens, cette déclaration honteuse est un soutien à la poursuite de la guerre, à la politique des dirigeants européens, et en particulier de Macron en France dont toutes les gesticulations diplomatiques consistent à attiser le conflit et surtout à poursuivre les livraisons d’armes jusqu’à sérieusement envisager d’envoyer des soldats français en Ukraine. Le gouvernement Macron n’a-t-il pas décidé l’implantation en Ukraine d’une usine d’armement, coorganisée entre Renault et une entreprise française d’armement pour fabriquer massivement des drones destinés à l’armée ukrainienne ? Lecornu, alors ministre des Armées, ne s’est-il pas naguère félicité des opportunités de la guerre en Ukraine pour l’industrie française ?

Il y a à peine quelques mois, les mêmes confédérations syndicales françaises, ensemble et chacune à leur manière, en protection de Macron, ses gouvernements et sa politique, s’étaient prononcées publiquement pour la « stabilité ». La déclaration du 21 janvier sur l’Ukraine en est la déclinaison : soutien à la politique de Macron, soutien à la guerre en Ukraine, soutien au budget de guerre qui étrangle les services publics et la protection sociale, les écoles et les hôpitaux.

Il faut le cessez-le-feu immédiat, il faut l’arrêt des livraisons d’armes. Ni Otan ni Poutine ni Zelensky !

« Pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre » : des centaines de structures syndicales, des milliers de syndicalistes ont fait leur l’appel européen au meeting de Paris le 5 octobre dernier et préparent activement le meeting de Londres du 20 juin prochain. Ils appellent à l’unité des peuples d’Europe, à la paix et non à la guerre, à la justice et à l’égalité et non à l’exploitation.