« On s’organise et on continue ! » (Déclaration du POI)
Le bureau national du Parti ouvrier indépendant (POI) s'est réuni le samedi 22 octobre 2022. Il a adopté à l'unanimité la déclaration suivante.
- France, POI

Deux 49.3 en deux jours ! Après le passage en force sur le budget, le gouvernement réitère le 49.3, et ce dès le lendemain, sur la première partie du projet de loi de financement de la Sécurité sociale ! Le 49.3, c’est le coup d’Etat permanent, c’est le concentré des institutions réactionnaires de la Ve République !
La minorité présidentielle décide de passer en force
La minorité présidentielle décide de passer en force. C’est le signe d’une grande fragilité, qui inquiète jusqu’au plus haut sommet de l’Etat. Sans majorité à l’Assemblée, divisé jusque dans son propre camp, miné par les mises en examen, le pouvoir utilise à plein régime le caractère antidémocratique des institutions de la Ve République. Il tente de faire passer jusqu’au bout sa politique de guerre et d’explosion des prix, rejetée parmi les plus larges couches de la population. Cela dans une situation d’instabilité politique générale en Europe, que la démission de Liz Truss du poste de Première ministre britannique incarne au plus haut point ces derniers jours.
Coup de force sur les retraites, comme sur le reste, réquisitions des grévistes, recours au 49.3… : c’est ce pouvoir qui pousse les travailleurs à se résoudre à s’engager sur la voie de la confrontation directe avec ce gouvernement, aussi autoritaire que minoritaire.
Stop à la guerre ! La France, hors de l’Otan !
Plus 3 milliards d’euros pour les armées dans le budget (pour un total de 43,9 milliards en 2023), plus 100 millions d’euros pour la livraison d’armes en Ukraine, 2 000 soldats ukrainiens formés par l’armée française, 400 soldats français supplémentaires envoyés sur les bases de l’Otan et décision du doublement du nombre de réservistes… Macron franchit un cran dans l’escalade de la guerre.
Or cette guerre n’est pas nôtre, ce n’est pas celle des travailleurs et des peuples. Nous ne voulons pas de la spirale entretenue pas Poutine, Zelensky, Biden, Macron, et Cie : Stop à la guerre ! La France hors de l’Otan ! Arrêt immédiat des livraisons d’armes ! Arrêt immédiat de la formation des soldats ukrainiens !
La grève dans les raffineries a ouvert la voie…
Dans ce contexte, la grève des salariés des raffineries, précédée par des grèves massives sur les salaires (contrôleurs aériens, petite enfance, etc.) exprime le refus de continuer de subir. Un refus qui s’est exprimé également ce 18 octobre à l’appel des confédérations syndicales CGT et FO, avec FSU et Solidaires et les organisations de jeunesse, contre les réquisitions et pour l’augmentation des salaires… Un refus qui s’exprime dans les grèves qui se poursuivent (aboutissant notamment à EDF à des augmentations de salaire)… ou dans la mobilisation des lycéens contre l’ « avenir » que leur réserve ce gouvernement.
Dimanche 16 octobre, une démonstration de force
Malgré tous les coups tordus et le dénigrement déversé depuis plusieurs semaines, 140 000 personnes ont marché contre la vie chère entre Nation et Bastille, dimanche 16 octobre. Lancée par Jean-Luc Mélenchon au début du mois de juillet, « une force immense a déferlé » contre Macron et sa politique, déjouant tous les obstacles et tous les pronostics. Une force déterminée s’est rassemblée. Jeunes, salariés, retraités… ont remué ciel et terre pour venir, en car, en train, en covoiturage… de tous les coins du pays, pour venir marcher souvent derrière les banderoles Nupes de leur département. Le POI, aux côtés de milliers d’autres militants de la Nupes, a pris toute sa place pour aider à la réussite de cette marche, pour que s’exprime cette force. Une force qui, dans la continuité des campagnes présidentielles, puis législatives, s’élargit, s’approfondit, n’entend rien lâcher…
Dans sa prise de parole dans la marche 16 octobre, le POI terminait par : « Macron, sa fausse majorité, tous ceux qui le soutiennent, ce sont eux la guerre, ce sont eux la destruction de la planète, ce sont eux le chaos et la misère, et ça suffit ! Alors, à l’Assemblée nationale, dans les manifestations, par la grève, on continue. (…) ce n’est qu’un début. On s’organise encore et encore. C’est pour cela qu’on est là. On continue. »
Oui, plus que jamais, on continue !
