Des organisations ouvrières de Grèce et de Turquie dénoncent les tensions entre leurs deux pays

« Les gouvernements de la Turquie et de la Grèce battent les tambours de guerre et tentent de provoquer les populations voisines les unes contre les autres », s'insurgent le Nar, pour la libération communiste en Grèce, le Parti du travail (Emep) et le Parti des travailleurs de Turquie (Tip) dans un appel commun, que nous reproduisons

Des membres des forces spéciales participent à une exercice militaire, près d’Athènes, le 4novembre 2022 (photo AFP).
Par > Communiqué
Publié le 12 février 2023
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« Les gouvernements de la Grèce et de la Turquie s’échangent quotidiennement des invectives. Il s’agit souvent de menaces de guerre. Les médias, représentant les gouvernements et les grands intérêts, diffusent leur venin nationaliste en taxant le peuple voisin « d’ennemi » et « d’agresseur ». Des fonds énormes sont consacrés à l’armement et à l’importation d’armes, alors que les besoins des populations de Turquie et de Grèce ne sont pas satisfaits. Tout cela devient beaucoup trop dangereux, alors que la guerre en Ukraine se poursuit, que les rivalités des impérialistes se sont considérablement intensifiées et que l’Otan, à laquelle les deux pays appartiennent, conçoit des plans agressifs pour toute la région (au sens le plus large du terme).

Les gouvernements de la Turquie et de la Grèce battent les tambours de guerre et tentent de provoquer les populations voisines les unes contre les autres. Sous un voile de peur et au nom de prétendus « intérêts nationaux », ils cachent les véritables problèmes auxquels les peuples de Grèce et de Turquie sont confrontés et qui sont largement communs : prix élevés, pauvreté, bas salaires, atteintes à la liberté et aux droits démocratiques, dégradation de l’environnement, attaques contre les femmes.

Les réfugiés et les migrants sont également victimes de ces murs sanglants dressés par l’Union européenne, attisant une concurrence inhumaine entre les deux Etats.

Les grands mots de « patrie » et de « droits souverains », que l’on entend constamment en Turquie et en Grèce, cachent les grands intérêts des classes bourgeoises et des monopoles internationaux, qui veulent se partager les zones maritimes, les ZEE (zones économiques exclusives, Ndt)  et les ressources énergétiques et économiques. La part qui revient aux peuples est celle de l’exploitation, de la pauvreté, les menaces de guerre et les catastrophes écologiques.

Les travailleurs, les jeunes, le monde du travail et des arts, en Turquie comme en Grèce, n’ont rien à y gagner : les préparatifs de guerre et les campagnes nationalistes des gouvernements, des classes bourgeoises et des centres impérialistes vont à l’encontre des intérêts des deux peuples. Le moment est venu de construire un pont d’amitié et de solidarité entre les peuples et les travailleurs des deux pays.

Syndicats, associations, organisations sociales, clubs de jeunes, initiatives environnementales, mouvements et collectifs anti-guerre et démocratiques, mouvements de femmes et féministes, toutes les personnes qui veulent la paix entre les peuples, nous unissons notre voix pour exiger que l’orgie d’armements cesse, contre les bases américaines et que nos pays sortent de l’Otan, que la mer Egée et la Méditerranée deviennent des mers de paix et non des « parcelles » d’exploitation, d’antagonismes et de guerre.

Nos peuples peuvent vivre pacifiquement et librement des deux côtés de la mer Egée, en luttant contre l’exploitation, l’oppression, le fascisme, le nationalisme et le racisme.

Dans toutes les langues du monde, le plus beau mot est Paix. »