« Conseil constitutionnel : la réalité politique se rappelle toujours à l’histoire »

Communiqué de presse de la Fédération nationale de la Libre Pensée (FNLP)

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Publié le 20 avril 2023
Temps de lecture : 3 minutes

Beaucoup, et c’est bien normal, ont été profondément déçus par la décision du Conseil constitutionnel qui a validé la contre-réforme réactionnaire des retraites du gouvernement Macron/Borne.

Pouvait-il en être autrement ?

Rappelons que le Conseil constitutionnel – contrairement au Conseil d’Etat qui est un sous-produit de la Révolution française, créé par Bonaparte – est un des piliers essentiels des institutions bonapartistes de la Ve République. Il est là pour défendre les institutions issues d’un coup d’Etat militaire, « Coup d’Etat permanent » selon la formule d’un président qui s’en est accommodé dans un premier temps, puis y a fait son lit plus tard en s’y vautrant.

C’est justement un « coup d’Etat » que le Conseil constitutionnel a opéré contre la volonté parlementaire, contre le peuple en mouvement, contre le mouvement syndical dressé contre le régime, contre toute idée de justice sociale. Il a fait là où les institutions gaullistes, bonapartistes et corporatistes lui ont dit de faire. Il a fait ce pourquoi il a été conçu.

Il avait fait le même « coup d’État » contre la loi de 1901 sur la liberté d’association, la loi de 1905 de séparation des Eglises et de l’Etat et de beaucoup d’autres lois qui ont établies la démocratie, la liberté d’association et la laïcité, en août 2021, quand il a validé par avance la loi « Séparatisme » du 21 août 2021.

Né par un « coup d’Etat », comme toutes les institutions gaullistes, il se décompose et se liquéfie avec elles.

On ne peut rendre démocratique l’anti-démocratie, on ne peut rendre acceptable l’inacceptable !

La Fédération nationale de la Libre Pensée ne s’est jamais associée à toutes les forces diverses, variées et avariées pour certaines qui voulaient « améliorer » ces institutions réactionnaires. Demander, par exemple, que les institutions réactionnaires défendent le droit à l’IVG, par une fausse analogie avec la situation des Etats-Unis (qui est un Etat fédéral, ce qui n’est pas le cas de la France), c’est semer des illusions et faire sus à des moulins à vent. Il en est de même de toutes les propositions qui fleurissent pour rendre la Ve République « plus acceptable et démocratique ».

Ceux qui ont volontairement ou involontairement prêché que le Conseil constitutionnel était une sorte de Cour suprême sont benêts-là devant leurs illusions. La Libre Pensée n’a pas polémiqué avec les marchands d’illusions gaulliennes. Il suffisait d’attendre pour que la réalité politique s’impose à tous.

De plus, une Constitution n’est pas une voiture-balai où l’on mettrait tout ce qui n’a pas été réglé par ailleurs. C’est prendre la Constitution gaulliste pour un messie, et quand on prend son messie pour une lanterne, on finit toujours par se brûler.

C’est pourquoi, le Congrès national de la Libre Pensée de Paris en août 2023 aura à son ordre du jour l’organisation dans toute la France de rassemblements et d’initiatives « Constituante pour la République ! » autour du 21 septembre, pour remettre à jour l’avènement de la 1re République et celle de la Constitution de l’An II.

A l’heure où rien n’est joué sur la contre-réforme des retraites, car le peuple n’a pas dit son dernier mot, loin de là, le pouvoir va vite s’en apercevoir, il va être nécessaire de rappeler ces trois derniers articles de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1793 :

« Article 33 : La résistance à l’oppression est la conséquence des autres droits de l’homme.

Article 34 : Il y a oppression contre le corps social, lorsqu’un seul de ses membres est opprimé. Il y a oppression contre chaque membre lorsque le corps social est opprimé.

Article 35 : Quand le gouvernement viole les droits du peuple, l’insurrection est, pour le peuple et pour chaque portion du peuple, le plus sacré des droits et le plus indispensable des devoirs. »

La seule solution pour en finir : Abrogation de la V e  République ! Constituante, élue, libre et souveraine pour la République ! Tout autre chemin est une impasse.

Valmy-Varennes, le 17 avril 2023.