Sécurité sociale contre « marché de la santé »

Les patrons haïssent la Sécurité sociale, cotiser pour la santé, la vie des salariés est pour eux une perte de profit.

A Caen, en mai, grève des employés de la Caisse primaire d’assurance maladie qui dénoncent le « tout numérique et le manque de personnel » (Photo DR).
Par Michel Sérac
Publié le 18 décembre 2023
Temps de lecture : 2 minutes

Parmi toutes les grèves tenaces qui forment le cortège de Sa Majesté 49.3, voleur-de-retraites, l’une d’elles nous concerne tous.

Des salariés parisiens de l’Assurance maladie ont fait grève le 1er décembre, grève très suivie pour défendre les accueils physiques des assurés. Ils refusent l’étranglement de ce service, essentiel aux droits des salariés. Ils savent et nous savons que l’hypocrite renvoi à Internet est le moyen, calculé par un pouvoir cynique, pour chasser les assurés, nier leurs droits.

C’est notre classe sociale qui, en 1945, a imposé au patronat le droit aux soins. Les patrons haïssent la Sécurité sociale, cotiser pour la santé, la vie des salariés est pour eux une perte de profit.

En revanche, avec l’appui de Macron, le capitaliste Loxam BTP (2,3 milliards de chiffre d’affaires), recycle ses cabines de chantier pour installer dans les gares, en accord avec la SNCF, des cabines de téléconsultation. Le patient s’auscultera lui-même, un télé-médecin, qui n’a jamais vu le malade et ne le reverra pas, lui enverra une télé-prescription. Comme des toilettes bien tenues, les cabines, assure-t-on, seront désinfectées après chaque passage.

Ces ignominies des margoulins de la santé, qui indignent tout médecin consciencieux, s’installent, rappelons-le, « grâce » à l’interdiction à des dizaines de milliers de bacheliers de s’inscrire en médecine, depuis 1973.

La destruction de notre Sécurité sociale est préméditée et programmée par les Macron, Borne, Rousseau (1), exécutants des exploiteurs. Pour arrêter la violence sociale, il faut arrêter le régime qui la porte.

(1) Sous le titre « Génération Bolloré », dans Entreprendre, en 2022, le capitaliste de Loxamed, qui produit cette burger-médecine de gare, se vantait de sa fortune pendant le Covid : « Toute crise ou guerre apporte des innovations. (…) Va-t-on revenir à la normale ? La réponse est non. » Il rend hommage au « groupe de travail très restreint », piloté par François Braun, rendant à Macron un rapport « flash », qui préconise des expédients permettant d’organiser et commercialiser la pénurie médicale. Macron, ravi, fit de Braun son ministre, et Rousseau poursuit la besogne, contre la Sécurité sociale.