Le budget militaire américain de 2024 : des chiffres records
En 2024, le budget militaire des Etats-Unis atteindra le montant record de 886 milliards de dollars, en augmentation de 3,3 %. Le plan du gouvernement est de prévoir 106 milliards supplémentaires, à destination des armées ukrainienne et israélienne.
- Actualité internationale, Etats-Unis

Le Congrès américain a adopté un budget militaire colossal de 886 milliards de dollars pour 2024. Ce budget record, en augmentation de 3,3 % par rapport à l’année 2023, prévoit des milliards de dollars pour les forces déployées dans la zone indo-pacifique, c’est-à-dire dirigée contre la Chine, ainsi qu’une augmentation de 5 % du nombre de militaires américains. Il s’inscrit ainsi dans la continuité des budgets précédents.
Le budget militaire a été adopté très largement, à 310 voix contre 118 à la Chambre. Mais il est notable que les voix qui se sont portées en opposition à ce budget viennent à la fois des rangs républicains et démocrates : la majorité des Républicains a soutenu le budget du gouvernement Biden, et une minorité significative des Démocrates (45 sur 208) s’y est opposée, soulignant la fracture qui traverse les deux partis américains.
Un budget très partiel
Cependant, ce budget ne raconte qu’une partie de l’histoire : il a beau établir déjà des records pour la période récente, il n’est que très partiel, puisqu’il n’intègre que 300 millions de dollars d’aide militaire au régime de Kiev et une portion très limitée d’aide à Israël.
Le plan du gouvernement est de faire adopter une loi de financement prévoyant 106 milliards supplémentaires, à destination des armées ukrainienne et israélienne.
En les ajoutant aux montants déjà votés, les sommes ainsi prévues par le gouvernement Biden pour défendre militairement les intérêts de l’impérialisme américain sont vertigineuses. C’est une véritable escalade militaire que prépare le Pentagone.
Les Républicains sont très favorables à l’armement d’Israël, mais bien plus réservés concernant celui de l’Ukraine. Ils considèrent le problème posé par la Russie moins stratégique que la situation au Moyen-Orient ou que la concurrence avec la Chine, et sont peu confiants sur la possibilité que l’Ukraine gagne cette guerre. Ils refusent donc de voter le plan Biden. Biden, de son côté, cherche à lier les soutiens aux armées israélienne et ukrainienne pour tenter d’obliger les Républicains à voter l’armement de l’Ukraine.
Coup de force institutionnel
Mais, sur l’essentiel, les Républicains ne sont pas en désaccord avec la politique étrangère du gouvernement Biden.
Ainsi, quand ce dernier a utilisé par deux fois en un mois l’argument de l’urgence pour contourner le Congrès, dans un véritable coup de force institutionnel assez inhabituel aux États-Unis, et financer l’armée israélienne, les Républicains n’ont pas protesté.
Ce sont des rangs démocrates que des protestations se sont fait entendre. Ainsi, Chris Van Hollen, sénateur démocrate centriste et qui est un soutien de la guerre menée par Israël (quoiqu’il la trouve trop meurtrière), a protesté contre ces manœuvres.
La prochaine élection présidentielle aura lieu dans un an, et tous les rouages de la vie politique américaine sont grippés : c’est ce qu’exprime ce coup de force consenti du gouvernement Biden contre la majorité républicaine à la Chambre.
La majorité des Américains désapprouvent le soutien de Biden à la guerre menée par Israël
Les désaccords sur la question de l’Ukraine sont réels, mais ils sont secondaires devant le soutien à Israël, vital pour les États-Unis. Et si aucun des deux partis ne peut lâcher sur la première question au prix sinon de perdre sa crédibilité, ils ne peuvent se permettre que cela se répercute sur la politique moyen-orientale des États-Unis.
Cependant, les sondages indiquent que la majorité des Américains désapprouvent aujourd’hui la politique de Biden dans cette guerre. Et cette opposition, en particulier au cœur de l’électorat habituel du Parti démocrate, prend une forme de plus en plus organisée, dans les manifestations, dans les meetings, les prises de position de syndicats, d’associations, contre le massacre en cours à Gaza.
