1er Mai 2024 : cessez-le-feu et revendications, tout est lié

Dans le monde entier la mobilisation des travailleurs et des peuples pour le cessez-le-feu et contre le génocide à Gaza se poursuit.

Lyon, le 6 avril dernier
Par Gabriel Caruana
Publié le 30 avril 2024
Temps de lecture : 3 minutes

De leur côté les gouvernements impérialistes, avec des atermoiements et des contradictions, continuent à soutenir et développer la barbarie guerrière, notamment en Ukraine et en Palestine. Le 1er Mai, journée internationale de revendication et de solidarité de la classe ouvrière se situe dans ce contexte.

C’est ce qu’expriment plusieurs appels à manifester que nous portons à votre connaissance.

En Loire-Atlantique, CGT, FO, FSU et Solidaires déclarent ensemble : « L’actualité récente confirme les leçons qu’on peut tirer du siècle dernier, les travailleurs, travailleuses et les peuples sont les seules victimes de la guerre et de ses destructions, alors que les capitalistes et les marchands d’armes en tirent d’énormes profits. C’est pourquoi le mouvement syndical agit depuis toujours pour l’unité internationale des travailleurs, travailleuses et pour la paix. Nous nous prononçons pour le cessez-le-feu sur tous les fronts et en particulier en Ukraine et à Gaza. »

Dans le Bas-Rhin, la FSU, l’Unsa, Solidaires, Alternative étudiante, FSE, FO, CNT, CGT et CFDT appellent dans les mêmes termes à manifester à Strasbourg, poursuivant : « Alors qu’il maintient un plan pluriannuel de 413 milliards de dépenses militaires, le gouvernement annonce des mesures d’austérité qui ne peuvent que détruire encore plus les services publics ».

Dans la Marne, CGT, FO, FSU Solidaires et Alternative étudiante assortissent leur exigence du « cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza » de cette affirmation : « Les peuples n’ont comme seuls ennemis que ceux qui cherchent à les opposer pour leurs profits. Nous rappelons notre solidarité à tous les peuples victimes des guerres dans le monde. »

En Haute-Loire, et dans l’Allier dans les mêmes termes, CGT, FO, Unsa, FSU et Solidaires déclarent ensemble : « Nous exigeons l’arrêt des opérations guerrières et l’arrêt des livraisons d’armes d’où qu’elles viennent, le respect du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. Ce sont toujours les travailleuses, les travailleurs et leurs familles, les principales victimes des guerres.

Au regard de l’urgence de la situation au Proche-Orient, les organisations syndicales de Haute-Loire réclament un cessez-le-feu immédiat et permanent dans la bande de Gaza, l’arrêt de la colonisation et des violences en Cisjordanie, la libération de tous les otages et des prisonniers politiques !

Après avoir multiplié les dépenses pour le budget militaire, le gouvernement nous prépare à subir une crise d’austérité. Il annonce un train de mesures régressives contre les salariés, les retraités, les chômeurs, les services publics, les libertés et les droits syndicaux. »

Dans la Somme, CGT, FO, Solidaires, FSU, Union étudiante et Unef écrivent : « Alors que le gouvernement ampute de 10 milliards le budget de fonctionnement de l’État en 2024 et annonce encore 20 milliards de moins pour 2025 pour les services publics, ils dépensent 413 milliards pour les guerres ! Non à l’économie de guerre !

Les guerres tuent les populations, les travailleurs, les travailleuses. Ce ne sont pas les nantis qui meurent, ce sont nos pairs, nos camarades. Au moment où Macron parle d’envoyer des troupes au sol, nous refusons d’envoyer nos enfants à la guerre.

Halte à la guerre ! Halte aux massacres, à la famine ! Halte aux souffrances des peuples ! Cessez-le-feu immédiat à Gaza comme en Ukraine ! »

En Mayenne, les organisations CGT, CFDT, FO, Unsa, FSU, Solidaires soulignent « le contexte marqué par les guerres terriblement meurtrières, notamment en Ukraine et en Palestine » ; elles appellent à s’opposer aux politiques d’austérité en France et en Europe.

Ces déclarations démontrent une chose : de plus en plus nombreuses sont les voix de militants syndicaux qui s’élèvent pour refuser les guerres, exiger le cessez-le-feu et qui n’acceptent pas les dépenses militaires qui sont utilisées pour remettre en cause leurs conquêtes. C’est dans ce cadre qu’ils entendent poser leurs revendications le 1er Mai.

Un communiqué national qui pose questions

Comment comprendre dans ces conditions le communiqué national commun du 4 avril dernier entre la CGT, la FSU qui débute par les phrases suivantes : « Le 1er Mai, journée internationale des travailleurs et travailleuses, va se tenir dans un contexte marqué par les guerres terriblement meurtrières, notamment en Ukraine et en Palestine. Nos organisations réaffirment leur engagement pour une paix juste et durable dans le cadre du droit international, qui ne peut se faire aux conditions de l’agresseur. »

Que signifient ces mots ? C’est au nom du « droit à Israël de se défendre » que Biden, et derrière lui Macron, poursuivent leurs livraisons d’armes et permettent au génocide du peuple palestinien de se perpétrer.

Au nom de « la lutte contre l’agresseur russe » des milliards d’aide militaire sont attribués par Macron à Zelensky et une intervention militaire est même envisagée. S’agit-il sans le dire de soutenir les velléités guerrières de Macron ?

Pas un mot dans cet appel sur l’exigence du cessez-le-feu et de l’arrêt du génocide, ni sur l’arrêt des livraisons d’armes dans les deux conflits : est-ce la bonne façon de combattre l’austérité mise en place en même temps que l’augmentation du budget militaire ?

Et dans le même état d’esprit, en Ile-de-France, CFDT, CGT, FSU, Unsa et Solidaires ont refusé la demande du cessez-le-feu en Ukraine en campant sur l’exigence du « retrait des troupes russes du sol ukrainien », dans un conflit qui a fait des centaines de milliers de morts des deux côtés.

Quant au silence d’autres organisations syndicales sur ces questions, nous ne pouvons non plus nous en accommoder.