Démocratie

« Non aux magouilles de la Ve République ! Respect de la démocratie ! » Communiqué du POI (8 juillet) à l'issue du second tour des législatives et de la victoire du NFP et de son programme.

Un bureau de vote / la soirée électorale de LFI, Place Stalingrad à Paris, le 7 juillet (Photo AFP)
Par > Communiqué
Publié le 10 juillet 2024
Temps de lecture : 3 minutes

A nouveau, après avoir utilisé le terrain direct de la lutte des classes (Gilets jaunes pour le pouvoir d’achat, manifestations pendant des semaines contre la réforme des retraites, innombrables grèves et nombreux préavis avec des résultats, notamment pour les J.O. …), pour la deuxième fois en huit jours, les travailleurs, les jeunes, la population dans son ensemble ont utilisé l’opportunité du terrain électoral pour s’exprimer. Déjouant tous les pronostics des médias aux ordres, le RN n’obtient pas la majorité absolue souhaitée et le NFP qu’on disait moribond atteint plus de 180 sièges.

Inquiétant toute la sphère politico-médiatique et les tenants de l’ordre, 67 % des électeurs – un niveau record depuis 1997 – se sont mobilisés, faisant fi de toutes les embûches. C’est vingt points de plus que lors des législatives de 2022.

Sans la moindre ambiguïté, quoi qu’ils aient voté, pour l’écrasante majorité d’entre eux, le verdict est sans appel. Ils ont dit : « Macron ça suffit ! ». La majorité présidentielle perd plus d’un million et demi de voix par rapport au second tour des législatives de 2022.

Macron, ça suffit ! Cette politique, ça suffit !

Macron, ça suffit !, c’est-à-dire cette politique, ça suffit ! : refus de la régression sociale et politique, refus de la casse systématique de l’école, du système de santé, de la misère qui s’accentue pendant que les capitalistes et les financiers se gavent, refus de la destruction de tous les acquis, à commencer par les retraites…

Rejet de toute la politique de Macron, qui n’a eu de cesse d’approfondir les attaques et remises en cause déjà en vigueur par les gouvernements de la Ve République, en particulier du quinquennat Hollande, Valls, Cazeneuve, El Khomri… Les ruses et les subterfuges avec lesquels une poignée d’entre eux a été élue en tournant opportunément leurs vestes, une fois de plus, ne trompent personne. Déjà, ils ont entamé leur petite danse avec ceux qui ont menti sur leurs investitures, ceux qui ont été élus par un accord direct de Macron et avec l’assentiment du RN, ou encore ceux qui changent d’étiquettes pour fabriquer un autre groupe à l’AN (après avoir été élus, bien sûr)… Ainsi va la vie de ces petits danseurs mondains de la politique.

Dans ce refus, pour la défense des valeurs démocratiques et républicaines, contre le racisme et l’antisémitisme, pour la défense sans concessions des revendications ouvrières et sociales vitales, LFI a confirmé son rôle central et encore une fois incontournable, par la mobilisation exceptionnelle de dizaines de milliers qui se sont engagés dans la campagne.

Et ce malgré les appels à faire barrage à LFI lancés par Edouard Philippe, Aurore Bergé, Les Républicains, le RN… Ce malgré les arrangements entre les macronistes et le RN pour faire perdre les candidats LFI dans plusieurs circonscriptions… Ce malgré les campagnes infamantes, les taxant d’antisémitisme alors qu’ils affichent un soutien sans faille au cessez-le-feu immédiat et à l’arrêt des massacres en Palestine.

Maintenant, tout de suite, la démocratie exige que la voix de ces millions soit entendue et respectée

Aujourd’hui, maintenant, tout de suite la démocratie exige que la voix de ces millions soit entendue et respectée. Les palinodies, les agissements fébriles des politiciens de tous bords revenus pour l’occasion ou révélés dans le cours de cette bataille n’y changeront rien. Au pire, leur tentative de sauver les institutions de la Ve  République pour continuer la même politique, repousseront les échéances, mais elles n’arriveront pas à effacer le fond des choses : cette politique, ça suffit ! Rupture !

Ceux qui, déjà candidats pour le tenter, s’y vautreraient, subiraient le sort qu’ils ont déjà connu ou qui leur pend au nez, quel que soit le parti ou la formation politique (PS, PCF, EELV, LR, RN…). Nombre de commentateurs ou politiciens affolés s’inquiètent d’une France « ingouvernable ». Ils ont raison.

Gouverner avec des petites combines, avec des girouettes, utilisant les artifices de la Ve République à l’agonie, s’aligner sur les « vieux chevaux » déjà à bout de souffle … contre la volonté du peuple en bafouant la démocratie c’est mission impossible, la mobilisation a porté un coup décisif à la Ve République moribonde et produira des chocs d’une autre intensité.

D’autant que les forces arcboutées pour fracturer la société et sauver le capitalisme n’ont pas obtenu le succès escompté et qu’elles ont progressé sur la base de toutes les trahisons et reniements passés ou à venir de la « gauche de gouvernement responsable ». Ce qui est loin d’être une fatalité.

« Être raisonnable », « tenir compte de l’équilibre des forces », « ne pas pousser au chaos »: préoccupations immédiates des médias dès les résultats connus. La réponse est claire : respecter la démocratie.

C’est, comme l’ont dit l’écrasante majorité et les « forces vives » du pays (syndicats, associations, démocrates, LFI, hommes et femmes de progrès…), s’unir, quelle qu’en soit la forme, mais pour la satisfaction des revendications : abrogation de la réforme des retraites, augmentation du Smic à 1600 €, abrogation de la réforme de l’assurance-chômage, des moyens immédiats pour l’école et la santé, abrogation de la loi « asile et immigration »…

C’est ainsi que les dérives racistes, anti-immigrés, répressives toujours présentes dans ces moments de haute intensité, reculeront et seront réduites à la portion congrue. Unir toutes et tous dans un objectif commun, c’est entendre la démocratie et s’engager pour changer tout.  

C’est possible.