Ukraine-Russie, 24 février 2022 – 24 février 2025 : 1 million de victimes

Depuis le début de cette guerre, nous n’avons cessé d’avancer les mots d’ordre : Ni Otan ! Ni Poutine ! Ni Zelensky ! Arrêt des livraisons d’armes ! Pas un sou, pas une arme pour la guerre en Ukraine !

Le président ukrainien et le vice-président américain, Vance, se sont rencontrés à Munich, le 14 février (AFP).
Par Lucien Gauthier
Publié le 2 mars 2025
Temps de lecture : 2 minutes

Chaque jour, ce sont des centaines et des centaines de Russes et d’Ukrainiens qui meurent au combat. Cette guerre n’a pas commencé en 2022 ni, comme le dit Zelensky, en 2014.

À la chute de l’URSS, un accord a en effet été passé entre Gorbatchev et les États-Unis, accord selon lequel il n’y aurait pas d’élargissement de l’Otan. À l’époque, en 1991, 16 pays étaient membres de l’Otan. Il y en a maintenant 27 qui enserrent la Russie.

Pour sa part, Poutine cherche à protéger ses zones d’influence. C’est le cas lorsqu’il intervient en Moldavie par le biais de la Transnistrie ou par l’occupation militaire du nord de la Géorgie.

En 2014, le gouvernement ukrainien s’est attaqué à une série de droits démocratiques, notamment dans le Donbass en remettant en cause l’utilisation de la langue russe. La population du Donbass, russe ou russophone, se soulève alors spontanément pour défendre ses droits.

Elle s’attaque aux institutions ukrainiennes qui lui apparaissent comme instrument d’oppression. L’opération de l’armée ukrainienne contre le soulèvement provoque 14 000 morts.

Poutine réagit parce qu’il ne souhaite ni en Russie, ni ailleurs que des mouvements spontanés de peuples se mettent en mouvement.

Il envoie ses forces militaires qui agissent en civil au sein des mobilisations populaires pour les encadrer et les contrôler, écartant systématiquement les dirigeants et les organisations qui s’étaient forgées dans le courant des mobilisations. Des « administrateurs » venus de Russie prennent le contrôle du Donbass. Les troupes russes occupent également une partie du Donbass.

Toutes les conditions pour une guerre prochaine sont réunies

En 2022, la politique anti-russe et pro-Otan mise en œuvre par Zelensky sert de prétexte à Poutine pour intervenir militairement en Ukraine. Cette intervention sert en réalité les intérêts des puissances de l’Otan, qui arment l’Ukraine dans l’objectif d’affaiblir la Russie.

Mais l’impérialisme ne souhaite en rien la chute de Poutine, par crainte d’une explosion et d’une dislocation de la Russie. Pour les États-Unis, il s’agit de mettre à genoux la Russie et pouvoir se concentrer sur leur problème central : la Chine.

De ce point de vue, Trump poursuit – sous des formes différentes – ce même objectif : il cherche à neutraliser Poutine tout en isolant la Chine. C’est ce qui amène le gouvernement américain à présenter à l’Onu, lundi 24 février, une motion pour un cessez-le-feu en Ukraine sans mentionner l’intégrité territoriale de l’Ukraine. La Russie a voté cette motion avec les États-Unis. La France et la Grande-Bretagne se sont abstenues.

Pour Trump et l’impérialisme américain la question est donc réglée : la Crimée et le Donbass resteront sous contrôle russe. Quant à l’Ukraine, elle doit commencer à rembourser les centaines de milliards dépensés par les États-Unis, en lui cédant 50 % du contrôle de ses « terres rares ».

Les initiatives prises par Trump ont déjà commencé de bouleverser tous les équilibres mondiaux.

Depuis le début de cette guerre, nous n’avons cessé d’avancer les mots d’ordre : Ni Otan ! Ni Poutine ! Ni Zelensky ! Arrêt des livraisons d’armes ! Pas un sou, pas une arme pour la guerre en Ukraine !

C’est aux peuples ukrainien et russe de régler leurs relations mutuelles. Des millions d’Ukrainiens et de Russes ont quitté leurs pays respectifs pour éviter d’aller au front ; des dizaines de milliers désertent de part et d’autre ; des centaines de milliers se cachent pour éviter d’être enrôlés de force.

C’est ce mouvement de refus en Ukraine comme en Russie qui est gage de paix pour l’avenir.

Les paroles de l’Internationale résonnent : « Crosse en l’air et rompons les rangs ! »