Gaza au cœur des manifestations du 1er Mai
Dans le monde, la lutte pour le cessez-le-feu à Gaza a été au cœur de toutes les manifestations du 1er Mai. En France, certains ne pardonnent pas à LFI son positionnement constant contre le plan organisé de nettoyage ethnique en cours en Palestine.
- 1er Mai, Actualité politique et sociale, Palestine

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Le 14 avril, Le Monde titrait : « Gaza : “probablement la pire” situation humanitaire depuis le début de la guerre » citant une alerte du bureau des affaires humanitaires de l’Onu qui expliquait que les derniers passages d’approvisionnement autorisés dataient d’un mois et demi, « soit la plus longue interruption à ce jour ».
En effet, cela fait deux mois que l’aide humanitaire n’arrive plus à Gaza et que la famine fait rage comme jamais. Avec le soutien des États-Unis et la complicité des gouvernements européens, Netanyahou poursuit son plan d’extermination de la population à Gaza.
Dans cette situation, aux quatre coins du monde, les manifestations du 1er mai qui ont rassemblé des centaines de milliers de travailleurs dans le monde, ont été placées sous le signe du cessez-le-feu à Gaza.
Partout dans les cortèges, keffiehs et drapeaux palestiniens, pancartes dénonçant le génocide en cours : par mille et une manières, les manifestants ont dénoncé le génocide en cours et témoigné de leur soutien à la population palestinienne.
Quelques jours plus tard, le cabinet de sécurité israélien approuve un plan militaire qui comprend la conquête et l’occupation totale de la bande de Gaza. Le Premier ministre israélien Netanyahou a également déclaré qu’il continuait à promouvoir le plan Trump visant à permettre le « départ volontaire » des habitants de Gaza. Les travailleurs humanitaires affirment que le plan visant à centraliser l’aide, plutôt que la distribuer aux Palestiniens là où ils se trouvent, entraînera des déplacements forcés de populations.
Un plan organisé de nettoyage ethnique est en cours. Et en France, il a des relais.
Dissolution de la Jeune Garde et d’Urgence Palestine
Quelques jours après l’odieux assassinat d’Aboubakar Cissé dans la mosquée de La Grand-Combe (30), Bruno Retailleau annonce à l’Assemblée nationale le lancement d’une procédure de dissolution de la Jeune Garde et d’Urgence Palestine. Cette organisation est bien connue pour son combat constant pour la défense du peuple palestinien et la dénonciation du génocide en cours.
Dans une interview au JDD, Laurent Wauquiez appelle à créer un « cordon sanitaire autour de LFI », qu’il qualifie de « menace » pour la République. Le candidat à la présidence des Républicains annonce qu’il compte proposer à l’Assemblée nationale la création d’une commission d’enquête sur les liens entre la France insoumise et les réseaux islamistes.
Aurore Bergé, celle qui mène croisade pour criminaliser l’antisionisme, au prétexte qu’il s’agirait d’un nouvel avatar de l’antisémitisme, tape comme une sourde sur la France insoumise : « Le nouvel antisémitisme en France tient en trois lettres : LFI ». Il y a quelques semaines, elle cosignait dans Le Monde une tribune à l’initiative du collectif Nous vivrons, avec un certain François Hollande pour souligner « la montée d’un antisionisme qui cache un antisémitisme actif ».
Derrière leurs mensonges, leurs calomnies, leur indignation à géométrie variable, ces gens n’ont qu’un seul objectif : permettre à Netanyahou d’aller jusqu’au bout de son plan d’éradication et de destruction à Gaza. Au final, tous ceux qui livrent des armes, qui ne rompent pas avec Netanyahou, qui détournent le regard, qui fabriquent de fausses accusations d’antisémitisme sont totalement responsables du massacre à ciel ouvert du peuple palestinien.
C’est pour ça qu’ils s’en prennent à la France insoumise et à tous ceux qui dénoncent sans relâche le génocide en cours à Gaza depuis près de dix-huit mois.
Pour autant, certaines voix ne s’associent pas à cette politique funeste et refusent de tomber dans l’instrumentalisation politique. Invitée sur RTL le 2 mai, Ségolène Royal était interrogée sur l’exfiltration du député socialiste Jérôme Guedj de la manifestation parisienne du 1er Mai : « Il y a un décalage entre ces comportements effectivement répréhensibles et ce qui se passe à Gaza. On voit encore aujourd’hui une réunion des Nations unies [dans une situation où] l’aide humanitaire n’arrive plus. Et quand on parle d’antisémitisme je pense qu’il y a beaucoup de gens qui sont surtout anti-Netanyahou. Et c’est Netanyahou qui crée l’antisémitisme. Effectivement il y a la destruction d’un stand mais quand même il y a des dizaines de milliers d’enfants qui ont été massacrés à Gaza. Quand dans les quartiers circulent les images des enfants massacrés à Gaza, comment voulez-vous qu’il n’y ait pas de colère ? Quand on traite ceux qui sont solidaires des victimes de Gaza, de terroristes, il y a quelque chose qui ne va pas non plus. »
LFI pour le cessez-le-feu à Gaza depuis dix-huit mois
C’est un fait : la France insoumise a été la seule force organisée à avoir mobilisé pour le 1er Mai pendant des semaines, pendant que d’autres restaient discrets voire silencieux.
« Il y avait plus de drapeaux palestiniens que de drapeaux de syndicats le 1er Mai » remarque un journaliste d’Europe 1 dans un échange avec la députée macroniste Prisca Thévenot. « Les drapeaux palestiniens n’ont rien à faire dans ces manifestations comme le discours de Jean-Luc Mélenchon n’a rien à y faire » affirme celle qui n’a probablement jamais mis les pieds dans une manifestation du 1er Mai. La boucle est bouclée. Faire taire toutes les voix qui dénoncent le génocide en cours à Gaza, la France insoumise en tête, voilà leur programme. Qui se heurte de plein fouet aux centaines de milliers de manifestants le 1er Mai qui l’ont chargé de ce contenu : « Cessez-le-feu ! Stop au génocide ! Nous sommes tous des enfants de Gaza ! Free, free Palestine ! »
Quand le PS reprend la propagande israélienneSur son site internet, le Parti socialiste a publié un communiqué intitulé « Naissance du cercle socialiste des ami(es) pour réconcilier socialisme et sionisme ». Objectif particulièrement cynique alors que la famine n’a jamais été aussi forte à Gaza à cause des mesures de rétention de l’aide humanitaire décidée par le gouvernement Nethanyahou. « Comment ne pas être sioniste quand Israël est le seul pays du Moyen-Orient où l’égalité des citoyens, quelle que soit leur religion ou leur origine, est garantie par la loi, qu’ils soient juifs ou non, femmes ou hommes ? » La seule « démocratie » du Moyen-Orient, on croirait entendre la propagande israélienne à l’œuvre depuis des mois pour couvrir le génocide. Et c’est comme ça tout au long de la contribution : « Nous, les Amis d’Israël, connaissons les mesures absolument uniques qu’lsraël met en place pour limiter les pertes civiles et alléger la souffrance des populations. Israël utilise des bombes ultra-précises capables de frapper un seul étage, émet des avertissements avant certaines attaques et permet aux civils d’évacuer les zones de combat. » Face au tollé suscité à la lecture de cette contribution qui serait probablement restée confidentielle si Rima Hassan ne l’avait pas exhumée sur son compte X, le texte a finalement été retiré du site internet du PS. |
