Une campagne de haine contre la France insoumise, pour quelles raisons ?
En cette fin de semaine, « Marianne », « l’Opinon » (entre autres) relancent une campagne de haine nauséabonde contre la France Insoumise. De quoi ont-ils peur ?
- Actualité politique et sociale, LFI

Marianne, l’hebdomadaire du milliardaire Kretinsky, dont les intérêts sont bien présents en France, titre en couverture (29 janvier) : « Il ne fera pas bon être juif, arabe laïque ou homo dans une ville insoumise ! »
Quant au quotidien de Bernard Arnaud, L’Opinion, il présente le même jour une caricature de Jean-Luc Mélenchon avec une jupe en bananes pour accompagner le titre : « Municipales : les “racisés”, nouvel étendard de LFI ».
« Plus le mensonge est gros »…
Inutile de prendre le temps de répondre à ce tissu d’inepties, il suffit de se référer à ses prises de position, y compris à l’Assemblée nationale, pour établir honnêtement que la France Insoumise a toujours été en pointe sur la défense de la laïcité, de la lutte contre la LGBT phobie ou contre l’antisémitisme. Et il suffit de lire les engagements programmatiques sur lesquels sont bâties toutes les listes insoumises aux municipales pour se convaincre qu’il n’y a aucune ambiguïté sur ces questions.
Mais cela s’appellerait de l’honnêteté intellectuelle, et les plumitifs aux ordres n’en ont rien à faire, pas plus qu’ils ne font référence dans leurs articles longs et haineux au gigantesque flop de la commission Wauquiez qui devait démontrer le lien entre LFI et « l’islamisme radical ».
Non, il s’agit d’établir l’existence, à renfort de mensonges, d’un complot « islamo-gauchiste » tout comme la réaction il y a un siècle alimentait, après la révolution russe, le fantasme d’un complot « judéo-bolchévique ». On sait ce qu’il en est advenu dans l’horreur et la barbarie guerrière de la seconde guerre mondiale. Joseph Goebbels, ministre de la propagande de Hitler disait : « Plus le mensonge est gros, plus il passe. Plus souvent il est répété, plus le peuple le croit… ».
« En bas », ça ne passe pas
Qu’est ce qui menace tant les intérêts des milliardaires à tel point qu’ils organisent dans la grande presse ce déchaînement ignoble ? Pourtant le budget tout entier voué à leurs intérêts, et notamment à la guerre et à l’économie de guerre, vient d’être adopté, avec le soutien du Parti socialiste
Pourtant, malgré les annonces chaque jour de plans de centaines de licenciements, de fermetures d’entreprises, les directions des organisations syndicales, au lieu d’organiser la résistance et la mobilisation, vont toutes palabrer de conserve et d’une même voix de « réindustrialisation » au sein de la conférence sociale « Travail, Emploi, Retraites ».
Oui mais, en bas, ça ne passe pas.
La complicité du Parti socialiste ne suffit pas à empêcher les mobilisations contre la mise en œuvre du budget de malheur, comme celles qui ont lieu dans plusieurs hôpitaux, à la Sécurité sociale, dans l’enseignement… De même, les annonces de fermetures d’entreprises et de plans de licenciements suscitent grèves et manifestations pour s’y opposer. Pour sûr, la politique de rupture menée par la France insoumise est un point d’appui solide.
Les gesticulations du PS
Le Parti socialiste a été même obligé de se fendre d’une déclaration sur l’école, le lendemain de son refus de voter la motion de censure, c’est dire si la pilule ne passe pas, même chez ce qui lui reste de militants. Il ose écrire à propos des 4 032 suppressions de postes d’enseignants : « C’est une politique d’austérité appliquée à l’un des piliers fondamentaux de la République. » Oui mais, écrit-il plus haut : « Lors de l’examen budgétaire, le Parti socialiste a fait le choix de la responsabilité… »
Qui peut croire que ces gesticulations pourront convaincre un seul enseignant, un seul parent d’élève, un seul citoyen sur la nécessité de continuer à se coucher sur le mandat des électeurs pour continuer à porter à bout de bras le macronisme ?
Des élections municipales traversées par l’aspiration à la rupture
Cette discussion se trouve au cœur des élections municipales. La question posée par la population n’est pas celle de rejoindre un prétendu complot « islamo-gauchiste » mais bien de la nécessité d’incarner dans cette élection aussi la rupture avec le macronisme, et donc avec le Parti socialiste qui reste une de ses dernières béquilles.
Or les partis qui, avec la France insoumise ont voté la censure, Écologistes, PCF, Génération.s, L’Après… construisent partout des listes de « gauche unitaire » avec le Parti socialiste !
Cela non plus ça ne passe pas chez les militants. À Paris, plusieurs élus actuels écologistes ont décidé de rejoindre la liste menée par Sophia Chikirou, députée LFI.
L’un d’entre eux, Jérôme Gleizes explique : « Partir derrière des élus socialistes qui ont voté le budget est une contradiction qui fait courir un risque à l’écologie politique. Pour la première fois depuis 1977 à Paris, le mot écologiste disparaît de leur campagne. Et on efface LFI de la gauche ? »
Et dans de nombreuses villes, à l’inverse des consignes de leurs états-majors, le PCF, les Écologistes, Génération.s… présentent des listes en commun avec LFI.
Le macronisme à bout de souffle
Comment s’en étonner ? Les meetings de campagne des listes LFI organisés dans tout le pays rassemblent à chaque fois des centaines, voire de milliers de participants.
Et dans chaque porte à porte des insoumis, une réflexion revient souvent : « On connaît vos députés. Ils ne lâchent rien pour nous défendre. On est avec nous. »
Voilà cette réalité qui effraie les milliardaires et leur presse. Le macronisme est à bout de souffle, ils cherchent désespérément un nouveau champion qui continuera à défendre leurs intérêts, capable d’être présent au second tour à la place de Jean-Luc Mélenchon pour rejouer la mauvaise pièce du « vote barrage » et… à alimenter le vote Rassemblement national et à prendre à sa place des mesures racistes.
« L’éléphant dans la pièce »
Ainsi l’émission « Les informés du matin » de France Info organisait un débat le jeudi 29 janvier sur le thème : « Raphaël Glucksmann peut-il rassembler la gauche en vue de 2027 ? ». Pour les éditorialistes de la « grande » presse, présents sur le plateau, ce candidat coche toutes les cases, portant « une social-démocratie tiède qui doit se différencier du macronisme ». Mais pour le directeur adjoint de L’Express : « Il y a quand même un énorme obstacle. Parlons de l’éléphant dans la pièce : c’est Jean-Luc Mélenchon. (…) La difficulté pour tous les candidats de gauche depuis 10 ans face à Jean-Luc Mélenchon c’est que les électeurs font leur primaire à eux, ils font leur vote utile à eux (…) et ils préfèrent voter Jean-Luc Mélenchon que les autres candidats. »
Voilà la peur qui les étreint. Nul besoin de chercher ailleurs le déchaînement de la meute journalistique contre la France Insoumise.
