Doublement des plafonds annuels des franchises médicales  : encore un coup contre les malades

Pendant que les pompiers et la population essayent d'arrêter les incendies, le gouvernement Lecornu double les plafonds annuels des franchises médicales, pour atteindre 200 euros, diminue le taux de remboursement des soins dentaires...

Un patient règle son reste à charge après l'achat en pharmacie de médicaments, le 24 juillet 2026. (AFP)
Par Nicoles Bernard
Publié le 29 juillet 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Pendant que les pompiers, aidés, dans de nombreux endroits, par les agriculteurs, des bénévoles, essayent d’arrêter les incendies, le gouvernement Lecornu s’occupe de la seule chose qui l’intéresse : réaliser des économies sur le dos des malades pour exonérer les employeurs et augmenter les profits.

Le gouvernement Lecornu a transmis à la Caisse nationale d’assurance maladie (CNAM) des projets de décrets pour augmenter la participation des malades sur un certain nombre de frais de santé.

Le gouvernement veut récupérer l’argent des franchises médicales. Le doublement des franchises médicales, en 2024, a permis de récupérer plus d’argent (1 euro par boîte de médicament au lieu de 0,50 euro) mais dans la limite de 100 euros par an au total. C’est ce plafond qu’il veut doubler : elles seront récupérées jusqu’à 200 euros. Ce sont, évidemment, les plus malades qui vont être mis à contribution. C’est pour eux que le plafond avait été maintenu à 100 euros.

Et ce n’est pas tout.

Le gouvernement s’attaque directement au taux de prise en charge. Rappelons qu’à l’origine, en 1945, il était de 80 %.

Le gouvernement va, par décret, diminuer le taux de remboursement des soins dentaires qui passerait de 60 à 50 %. 50 %, on est donc dans une situation dans laquelle la Sécurité sociale ne rembourse plus que la moitié des dépenses de soins !

Le gouvernement va, par décret, diminuer le taux de remboursement (de 55 % à 50 %) des transports sanitaires.

La presse parle d’un « transfert sur les mutuelles » ?

Non. Il s’agit d’abord d’une baisse du taux de remboursement par la Sécurité sociale pour diminuer les dépenses de santé.

Et une baisse importante puisque l’augmentation du plafond des franchises et du reste à charge représente dans les 2,3 milliards d’économies sur le dos des patients.

Il y a une grosse différence entre la Sécurité sociale et les mutuelles. Les mutuelles, ce n’est pas la solidarité ouvrière. C’est une assurance dont les dépenses sont équilibrées par les cotisations.

Le gouvernement ose prétendre qu’il s’agit de dégager des moyens financiers pour l’hôpital.

Qui va le croire alors que la marche à la guerre ne fait que s’accélérer.