« Du fric, des postes, des lits ». Manifestation des personnels hospitaliers de CHU de Nantes

Vendredi 18 novembre, pour dire non à la casse de l’hôpital public, à l’appel de la CGT, de FO et de Sud Santé, plus de 500 hospitaliers (nombre de leurs collègues, en grève eux aussi, étaient assignés au travail pour assurer la continuité des soins), se sont retrouvés devant le CHU de Nantes, hôpital où, en février, une patiente de 67 ans est décédée sur un brancard dans une file d’attente aux urgences, faute de lits.

Les personnels en grève rassemblés devant l'hôpital de Nantes, le 18 novembre (Photo correspondant).
Par Jean-Pierre Bréus
Publié le 25 novembre 2022
Temps de lecture : 2 minutes

Ce rassemblement, qui s’est poursuivi par une manifestation en ville, suivie d’un dépôt de cahiers de doléances à la préfecture. se situe dans la continuité d’une grève illimitée qui a débuté le 24 octobre dans les services des urgences et s’est ensuite étendue à de nombreux autres services. Selon le secrétaire général FO du CHU de Nantes, « il y encore 16 lits qui ont été fermés en octobre, ce n’est plus possible ». Ce syndicat revendique notamment la réintégration des suspendus de l’hôpital public, des créations de postes et la réouverture de lits. La CGT de son côté déplore « la marchandisation des soins »,  rappelant que l’épuisement des hospitaliers est tel que le taux d’absentéisme atteint certains mois 12 %. Tous ont manifesté ensuite aux cris de « Du fric pour l’hôpital public » ou « Des postes, des lits pour l’hôpital public ».

Trois députés Nupes de la Loire-Atlantique étaient venus apporter leur soutien à cette manifestation, ainsi que Mathilde Panot, présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale.

Andy Kerbrat, député LFI de la 2e circonscription de Loire-Atlantique, s’est confié
à Informations ouvrières.

« Nous, les députés de l’Union populaire de la ville de Nantes et de la Loire-Atlantique,  nous en sommes à notre quatrième action en commun sur le CHU de Nantes. Le système hospitalier est en grande crise, mais ce n’est pas récent. Ça ne date pas des années Covid. C’est une politique de gestion depuis 2015. On a supprimé dans notre territoire 1 400 lits, et le prochain CHU de Nantes, c’est moins 38 lits. Pas de moyens pour les personnels soignants, pas d’augmentation de salaire. L’augmentation du point d’indice, c’est une blague. Le budget promis par Braun de 150 millions, ce n’est même pas le budget pour ouvrir un nouvel hôpital. On manifeste aujourd’hui, avec notre présidente de groupe, Mathilde Panot, pour apporter notre soutien aux agents et continuer la lutte.  »

Mathilde Panot s’est également exprimée pour les colonnes d’Informations ouvrières.

« Je pense que la grande œuvre de ce mouvement des personnels du CHU, c’est de montrer à l’ensemble de la société qu’il y a des choses auxquelles on ne doit pas s’habituer. Je parlais tout à l’heure avec des soignants qui travaillent dans l’hospitalier depuis trente-trois ans, depuis vingt-cinq ans, qui aiment leur métier, qui voient leurs collègues partir les unes après les autres du fait des conditions de travail. On ne doit pas s’habituer à voir des gens qui attendent soixante-dix heures sur un brancard avant de pouvoir être pris en charge, on ne doit pas s’habituer à voir trier des enfants en pédiatrie, parce que c’est ce qui est en train de se passer et on pourrait faire tout autrement dans un pays aussi riche que le nôtre. Je crois que c’est un mouvement qui est salutaire, qui est nécessaire et que nous aiderons de toutes nos forces depuis l’Assemblée nationale. »