En Guadeloupe, victoire politique pour l’UGTG

Visée par une répression et une calomnie permanente de la part du pouvoir colonial, l'UGTG est arrivée en tête lors des élections professionnelles de décembre dernier chez les hospitaliers en Guadeloupe, nous explique Guiebo Eliere, secrétaire général de l’UTS-UGTG.

Piquet de grève devant le CHU de Pointe-à-Pitre, le 21 novembre 2021 (photo Christophe Archanbault / AFP)
Par Gérard Bauvert
Publié le 5 janvier 2023
Temps de lecture : 2 minutes

L’Union des travailleurs de la santé (UTS-UGTG) a été calomniée, vilipendée, traînée dans la boue depuis plus d’un an et demi. Plusieurs de ses dirigeants sont passés en justice – tel l’emblématique Gaby Clavier, accusé par l’ex-directeur de l’hôpital de l’avoir menacé de mort, rien que cela.

Il y a eu les forces de l’ordre cassant le piquet de grève au CHU, épaulées par le GIGN et autres.

Il y a la pression organisée par les différentes forces politiques sur place pour isoler, faire céder les soignants et leurs familles.

Il y a la campagne orchestrée par l’Etat colonial français dans l’Hexagone à travers les chaînes télévisées, les journaux – campagne ignoble dans laquelle le racisme n’est jamais loin.

Et pourtant, cela n’a pas empêché le pouvoir colonial de subir une défaite. Et particulièrement cuisante. Plus de 57 % des personnels de santé ont voté pour l’UGTG : réintégration immédiate des soignants. Bas les pattes devant l’UGTG.

En ce début du mois de janvier, l’UTS-UGTG appelle les salariés de la santé, du médico-social… à se préparer à la grève.

Nous reproduisons l’interview du secrétaire général de l’UTS-UGTG, Guiebo Eliere, parue dans le journal de nos camarades de Travayé é péysan.

G. B.

 

Après plus de quinze mois, la mobilisation contre l’obligation vaccinale se poursuit malgré les manœuvres. Comment expliquer cela ?

Guiebo Eliere : Nous faisons simplement face à une violence et à une méchanceté politique orgueilleuse qui n’a plus rien à voir avec la santé ni avec la science. Alors que la majorité des pays du monde a évolué sur la question et fait preuve de bon sens, de raison et de pragmatisme, l’Etat colonial français persiste et accentue sa répression…

Les travailleurs de la santé déjouent les plans du gouvernement contre les suspendus, à travers une pétition demandant leur réintégration. Comment cela s’est passé ?

Oui, contrairement à ce qui est régulièrement affirmé par le gouvernement français et son ministre de la Santé, les soignants et plus largement le personnel des établissements de santé publics et privés de la Guadeloupe ne sont nullement opposés dans leur grande majorité au retour des travailleurs suspendus à leur poste. Nous avons recueilli plus de 2 500 signatures sur la pétition que nous avons fait circuler dans les établissements en l’espace de deux semaines…

Les élections professionnelles viennent d’avoir lieu dans le milieu hospitalier. L’UTS-UGTG sort renforcée. Peux-tu nous confirmer cela ?

Effectivement, l’UTS-UGTG remporte globalement ces élections professionnelles dans le secteur de l’hospitalisation publique et améliore son score de presque trois points par rapport à 2018, soit 56,94 % de représentativité.

Les agents confirment l’autorité et l’expertise de notre organisation syndicale dans le secteur de la santé dans notre pays, la Guadeloupe, et également leur confiance dans la qualité de nos actions et de nos prises de position. Ce plébiscite renforce notre orientation permanente qui est la lutte.