Appel : « L’éloge de l’école privée, ça suffit ! Que vive l’Ecole publique ! »

« Il est temps que les fonds publics n’aillent qu’à l’Ecole publique », déclarent ensemble des élus, des universitaires et des militants laïques, des syndicalistes dans un appel rendu public à la veille de la la grève des enseignants du 1er février, que nous publions.

Lors de la journée de grève dans l’enseignement, le 1er février. Dans le cortège parisien (Photo AFP).
Par Appel
Publié le 8 février 2024
Temps de lecture : 3 minutes

« Les récentes déclarations de la ministre de l’Education nationale ne constituent pas une bévue. Le problème ne vient même pas de ses mensonges et de ses arrangements avec la réalité, scandale ajouté au scandale. En pensant que changer d’école de « proximité » en allant au collège Stanislas, en mettant ses enfants dans un établissement privé parce qu’elle peut payer, oubliant que cet établissement est largement payé par des fonds publics détournés de leur mission d’origine par la loi Debré, Amélie Oudéa-Castéra révèle l’ordinaire séparatiste des riches : utiliser le service public et le dénoncer, bénéficier de ses avantages, et les décrier. Ses déclarations illustrent tout à fait que les riches vivent dans leur monde et ne voient même plus que leurs privilèges sont obscènes.

L’Ecole publique va mal. Pas à cause de ses enseignants, dont le revenu ne cesse de baisser. Pas à cause de ses élèves, quand souvent l’école est le dernier service public qui s’occupe d’eux. L’Ecole publique va mal parce qu’elle est abandonnée par la puissance publique.

L’Ecole publique est pourtant la richesse de ceux qui n’en ont pas.

La scolarité obligatoire, laïque et gratuite constitue une conquête immense de la République. Aujourd’hui, démunie, elle voit l’enseignement privé bénéficier de 12 milliards de subventions publiques par an, quand il y aurait tant à faire dans les quartiers pour rénover les établissements, donner les moyens d’une éducation proche des élèves.

L’Ecole publique est pourtant la chance de ceux qui n’en ont pas. 

Elle accueille tous les enfants, sans considération de revenus, de religion. Elle est gratuite, de la maternelle à l’université en passant par les classes préparatoires, là où le marché de l’enseignement privé devient de plus en plus lucratif.

L’Ecole publique est pourtant l’avenir de ceux qui n’en ont pas. 

Par elle, ceux qui pourtant n’habitent pas entre l’école alsacienne, le collège Stanislas et la rue des Saint-Pères, peuvent avoir accès à des centaines de milliers d’enseignants prêts à leur donner l’envie d’apprendre.

Dénigrée, on lui oppose les établissements privés qui bénéficient et de l’aide publique et de l’argent des familles et peuvent discriminer les élèves pour ne retenir que ceux qui leur conviennent.

Il est temps que les provocations séparatistes du privé cessent.

Il est temps que celles et ceux qui sont attachés à l’école publique agissent pour la défendre.

Il est temps que les fonds publics n’aillent qu’à l’Ecole publique.

À la veille de la mobilisation des enseignants à l’appel de l’intersyndicale le 1er  février, nous le disons bien fort : que vive l’Ecole publique ! »

 

Premiers signataires

ALIOUA Samir, président départemental de la FCPE Essonne ; ANDREOTTI Bruno, professeur à l’université Paris-Cité ; ARENAS Rodrigo, député ; AURIGNY Nicole, vice-présidente de la FNLP ; BAUBEROT Jean, universitaire ; BELAHCEN Nageate, présidente FCPE 94 ; BENSIMON Nelly, enseignante chercheur-e, membre de l’Union rationaliste ; BIHR Alain, professeur honoraire de sociologie à l’université de Bourgogne-Franche-Comté ; BILLOUET Simon, conseiller départemental de l’Isère ; BRAULT Gérard, retraité, maire, conseiller général ; BRETTE Gérard, maire de Rosiers-d’Egletons ; BRODZIAK Sylvie, universitaire ; BRUGERE Philippe, maire ; CHAINTRON François, ancien directeur de la revue Laïcité ; CHARRIER Maurice, maire honoraire de Vaulx-en-Velin ; CLOUET Hadrien, député LFI- NUPES de la Haute-Garonne ; COMPAIN Aymeric, conseiller régional LFI ; D’ARTAGNAN Isabelle, historienne ; DAUPHINÉ Quentin, enseignant ; DE COCK Laurence, enseignante ; DUCOMTE Jean-Michel, juriste ; DUGAULT Carla, ancienne présidente de la FCPE ; EYSCHEN Christian, secrétaire général de la FNLP ; FENASSE Delphine, maire adjointe déléguée à l’enfance ; FERRADOU Mathieu, maître de conférences en histoire, université Paris-Nanterre ; FISCHER Karin, conseillère régionale LFI ; GALIN Michel, ancien responsable syndical enseignant ; GARO Isabelle, professeure de philosophie ; JABLONSKI-SIDÉRIS Georges, maître de conférences, secrétaire FO ESR, Sorbonne Université ; LABASTIE Éric, administrateur national FCPE ; LACABANE Frédéric, Président FCPE 46 ; LE NÉOUANNIC Pascale, citoyenne ; LEBOUCHER Élise, députée de la Sarthe ; LEDUC Alain (Georges), écrivain, critique d’art ; LEGAVRE Jérôme, député LFI (Seine-Saint-Denis) ; LIEGE Pierre, ancien président DDEN du Var ; MODICOM Pierre-Yves, professeur des universités ; MONÉDIAIRE Gérard, professeur émérite des universités ; NIVET Jean-Michel, DDEN ; PERRIN Bruno, administrateur de l’Union rationaliste ; PFEFFERKORN Roland, professeur émérite de sociologie ; RAGUIN Hubert, syndicaliste FO ; RAYNAUD Jean-Marc, éditeur, cofondateur de l’école libertaire Bonaventure ; REVAUGER Jean-Paul, professeur des universités ; RÉVAUGER Cécile, professeure des universités ; SAINT-MARTIN Arnaud, sociologue et conseiller municipal LFI à Melun ; SAINTOUL Aurélien, député ; SCHIAPPA Jean-Marc, historien ; SCHNECKENBURGER Benoît, professeur de philosophie ; SHAPIRA Daniel, militant laïque ; SIMONNET Danielle, députée ; SMILEVITCH Nicolas, maire de Brinon-sur-Beuvron (58) ; TAVEL Matthias, député LFI-Nupes ; VERMOREL Alain, maire adjoint aux affaires scolaires de Meymac (19) ; VIDAL-MADJAR Alfred, directeur de recherche émérite au CNRS ; WALTER Léo, député LFI-Nupes des Alpes-de-Haute-Provence.