Kanaky-Nouvelle-Calédonie : des accords biaisés pour imposer des mascarades d’autodétermination

Le processus en cours en Kanaky-Nouvelle-Calédonie, entamé de longue date, est une véritable supercherie – escroquerie, organisée et entretenue par tous les gouvernements français depuis plus de 50 ans… Voici une contribution de nos correspondants de Guadeloupe.

Des soldats de la Légion étrangère française se tiennent dans un véhicule militaire à l'entrée du Port de Nouméa, le 31 mai 202 (photo AFP)
Par Jean-Yves et Robert
Publié le 1 juin 2024
Temps de lecture : 5 minutes

Dès avril 1988, les camarades du Comité de liaison des trotskystes des Caraïbes éditaient une brochure analysant le bilan du septennat de Mitterrand dans les dernières colonies de la France : la Guadeloupe, la Martinique, la Guyane et la Nouvelle-Calédonie.

Les gouvernements Mitterrand, comme ceux qui les ont précédés, ont toujours refusé au peuple kanak le droit de décider de son avenir. Un article publié dans la Tribune internationale – La Vérité en janvier 1985, indiquait au sujet du plan Pisani : « "Etat libre" associé… comme une colonie », et s’interrogeait : « Pourquoi la situation en Nouvelle-Calédonie, un groupe d’îles éloignées de France par plus de vingt mille kilomètres, d’une superficie d’environ 16 000 km2 (celle de la Belgique), mais peuplées seulement, à l’époque, par 160 000 habitants, semble-t-elle s’imposer comme une composante importante de la crise politique en France ? » Et cela alors que le gouvernement Mitterrand-Fabius avait dépêché là-bas renforts de troupes et de gendarmes, proclamé que le « rétablissement de l’ordre » était un préalable et affirmé qu’en tout état de cause, la présence française serait garantie ?

Une seconde question se pose : qu’est-ce qui était à la racine des développements en Nouvelle-Calédonie même ? Avant tout, le refus du peuple kanak d’accepter d’être voué à une mort lente, qui s’est manifesté par son refus de laisser s’appliquer le statut Lemoine, accepté – contre la volonté clairement exprimée des représentants du peuple kanak – par la majorité PS-PCF à l’Assemblée nationale, le 29 mai 1984.

De ce statut, l’un des dirigeants du FLNKS a expliqué dans une interview à Informations ouvrières : « Le statut Lemoine propose sur cinq ans un processus d’auto-détermination de tous les habitants du territoire. En clair, cela voulait dire que les Européens (…)


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