Le gouvernement de l’homme seul
Par quel fil tient-il encore, cet autocrate vacillant, conspué ?
- L'humeur de la semaine

« La dissolution est la décision d’un homme seul » (Le Maire, ministre). Attal, paraît-il chef du gouvernement, fut « choqué » d’une décision « brutale », Braun-Pivet « sonnée et assommée ».
Il est donc avéré, selon ses proches, que Macron décide en autocrate, à l’instar de Louis XVI, ou de Nicolas II. On ne sait quel(le) Raspoutine a son oreille, dans ce règne crépusculaire1Autocrate : pouvoir exercé par un seul individu. Nicolas II régna sur la Russie jusqu’à la Révolution de 1917. Raspoutine, guérisseur et mystique, confident de la tsarine, exerçait une grande influence à la cour impériale..
Délabrement de cette Ve République plébiscitaire !
À l’été 2024, que représente Macron ? Sur son nom en 2022, il obtenait 27 %. Depuis, son parti (honteux de son chef) n’atteint pas les 100 députés ; sèchement battu deux fois, il ruse, intrigue, comme un combinard de la IVe République.
La politique extérieure de « grandeur » nationaliste affichée par le régime de 1958 a fait place à l’alignement obséquieux sur le maître américain et l’Otan, sur le colonialisme israélien dont même de Gaulle s’était démarqué2En bon connaisseur du colonialisme, qu’il pratiquait lui-même, de Gaulle déclarait le 27 novembre 1967 : « Maintenant Israël organise, sur les territoires qu’il a pris, l’occupation qui ne peut aller sans oppression, répression, expulsions et il s’y manifeste contre lui une résistance qu’à son tour il qualifie de terrorisme »..
La Ve République de Macron n’est « grande » que par la quantité d’armes vendues aux dictateurs et aux tyrans.
Par quel fil tient-il encore, cet autocrate vacillant, conspué ? Par la peur, la hantise, communes à tous les partis du régime, la peur des « classes dangereuses ». Des revendications populaires qui, elles, sont légitimes, pressantes et qu’exprime LFI.
Mais le camp de l’autocratie politique est désormais dominé par le RN, qui compte utiliser ces institutions autoritaires pour déchaîner la violence sociale et le racisme. Celui de la démocratie, celui des revendications vitales des travailleurs et des pauvres, se confond donc avec la défense de la simple humanité.
