Que de bassesses au nom de la lutte contre l’antisémitisme

Le journal L’Humanité a publié, le 7 octobre, une tribune du collectif Golem intitulée « la solidarité internationale n’est pas compatible avec l’antisémitisme », ajoutant sa pierre au lynchage médiatique et politique permanent contre LFI et Jean-Luc Mélenchon.

Le 12 novembre 2023 à Paris (photo AFP).
Par Daniel Shapira
Publié le 12 octobre 2024
Temps de lecture : 3 minutes

Le collectif Golem s’est constitué le 12 novembre dernier, à l’occasion des « marches contre l’antisémitisme » et se définit comme un collectif « des juives et des juifs de gauche qui luttent contre l’antisémitisme (…) pour bloquer le RN ».

Rappelons que ces manifestations contre l’antisémitisme qui ont eu lieu un peu partout en France le dimanche 12 novembre 2023 étaient convoquées par un appel commun de Gérard Larcher, président du Sénat, et de Yaël Braun-Pivet, présidente de l’Assemblée nationale.

À ces manifestations ont participé les macronistes, les LR, le RN, le PS, le PCF, les Écologistes, ainsi qu’à Strasbourg, François Ruffin, Clémentine Autain, Alexis Corbière et Raquel Garrido (ces derniers ont depuis quitté LFI).

Bref, le 12 novembre dernier, tous les partis politiques étaient présents, sauf LFI, pour participer à ces manifestations dont l’unique objet était de couvrir les massacres en cours à Gaza par l’armée de Netanyahou.

Et que dit donc ce collectif Golem, constitué à cette occasion, près d’un an plus tard ?

« Le 7 octobre 2023, les meurtres et viols perpétrés par le Hamas en Israël auraient dû susciter une condamnation unanime et sans conditions à gauche. Pourtant, plusieurs organisations et militants ont pris un autre chemin, saluant ces actions comme une “victoire de la résistance palestinienne” et appelant à soutenir “l’offensive du Hamas” ».

Ah bon ? Qui ? Où ? Quand ? Le texte du collectif Golem n’en dit pas un mot, préférant jeter l’opprobre sans apporter la moindre preuve. Et le texte de ce collectif poursuit : « Ces voix, qui auraient pu rester marginales et minoritaires se sont retrouvées au cœur du débat au sein de la gauche, qui s’est montrée incapable de s’y opposer. »

Reposons la question : de qui parle le collectif Golem dans ces allusions indéfinies ? Pas de réponses pour l’instant, le texte continue dans le même registre en déclarant : « Ces organisations, loin de soutenir une solution politique ou une paix durable, prônent la destruction d’Israël à travers la résistance armée palestinienne sans égard pour les vies civiles ».

Et ça continue : « Dans ce contexte, une partie de la gauche a non seulement trahi le combat pour la paix et failli à son devoir de solidarité avec le peuple palestinien, mais elle a aussi échoué à combattre l’antisémitisme en France. » Et ce communiqué continue dans de longs paragraphes du même acabit à dénoncer « ces organisations ».

Leur cible : LFI et Jean-Luc Mélenchon

Jusqu’à ce que le véritable objectif du communiqué apparaisse : « Plus grave encore, certaines figures de la France Insoumise nient la réalité de l’antisémitisme (…). Ce déni s’accompagne d’un discours complotiste porté par le leader de la FI, selon lequel l’accusation d’antisémitisme serait un “rayon paralysant” pour empêcher la gauche d’accéder au pouvoir. »

Le véritable objectif du texte est donc là. Avec sa conclusion menaçante : « Il est impératif de ne plus laisser la parole à des organisations (tiens, cela redevient anonyme – NDLR) qui soutiennent la guerre et portent un discours antisémite en France. »

Et voilà ! Golem ajoute sa pierre au lynchage médiatique et politique permanent contre LFI et Jean-Luc Mélenchon.

Et tout cela, comme tous les autres… sans un mot sur les massacres perpétrés par l’armée de Netanyahou.

Mais pas un mot sur les morts à Gaza, en Cisjordanie, au Liban

42 000 morts officiellement à Gaza (sans doute beaucoup plus, avec tous les morts non recensés enfouis sous les décombres des bâtiments détruits, représentant plus de 90 % des bâtiments de Gaza).

Des milliers de victimes en Cisjordanie chassées de leurs terres et de leurs habitations par les colons protégés par l’armée. Et maintenant plus de 2 000 morts à Beyrouth, avec comme à Gaza, des hôpitaux entiers détruits. Et des assassinats terroristes ciblés de responsables du Hamas ou du Hezbollah.

Mais pour Golem, tout cela n’existe pas. Pas une ligne n’y est consacrée dans leur long communiqué. Et pour cause ! On se souvient que pour le ministre de la Défense israélien, Yoav Gallant, les Palestiniens sont « des animaux humains ».

Bref, « sionistes de gauche anti RN », « sioniste de droite », comme tous les tenants de l’ordre capitaliste, ils ont tous un double point commun : nier les massacres perpétrés par Netanyahou et attaquer LFI.