Le SNU a du plomb dans l’aile, mais…
Les sénateurs ont supprimé 100 millions d’euros de crédits (soit la quasi-totalité) pour le service national universel (SNU). Mais Macron n’a pas l’intention de renoncer à la militarisation de la jeunesse...
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Les sénateurs ont supprimé 100 millions d’euros de crédits (soit la quasi-totalité) pour le service national universel (SNU). Ce dispositif d’embrigadement militaire de la jeunesse cher à Macron a du plomb dans l’aile mais il n’a pas l’intention de renoncer à la militarisation de la jeunesse comme il l’a confirmé lors de ses vœux aux armées.
On se souvient que Macron voulait généraliser le SNU d’ici à 2026 malgré la succession de scandales, un nombre réduit de « volontaires » et une opposition croissante parmi les enseignants, nos élèves mais aussi parents d’élèves.
On a pu observer dans les lycées un taux de désistement des élèves inscrits au SNU qui a très fortement augmenté en un an (19 % en 2022, 28 % en 2023) et peu d’enseignants qui ont inscrit leur classe aux dispositifs « classes engagées » ou « classes défense ».
Les enseignants ne voulaient pas qu’on leur vole encore du temps scolaire pour autre chose que l’instruction et encore moins pour la préparation à la guerre.
On se souvient aussi des mobilisations des jeunes et de militants contre l’installation de villages du SNU dans toute une série de villes pendant plusieurs mois. Le moins qu’on puisse dire c’est que le SNU, dispositif de militarisation de la jeunesse cher à Macron, a du plomb dans l’aile.
Mais le gouvernement n’a aucunement l’intention de renoncer à son objectif d’enrôler la jeunesse. La ministre des Sports a déjà annoncé un groupe de travail interministériel chargé de proposer des évolutions du SNU pour la rentrée scolaire (son ministère devait récupérer 80 millions suite à la suppression du SNU).
« Une réserve » de jeunes pour l’armée (Macron dans ses vœux aux armées)
Dans le contexte de marche à la guerre, Macron, lors de ses vœux aux armées (le 20 janvier), a réaffirmé son objectif de doubler le nombre de réservistes et d’aller se servir dans notre jeunesse : « Nous devrons mieux détecter les volontaires, (…) les former et être capable de les mobiliser le jour venu (…) en renfort des armées en métropole ou ailleurs », a-t-il déclaré.
« Pour constituer cette réserve, la journée de défense et de citoyenneté sera rénovée et redeviendra un moment de temps retrouvé avec les armées, certains se signaleront et diront qu’ils répondront présents si la nation les appelle ». « Aujourd’hui, nous nous contentons d’un recensement, d’une journée défense et citoyenneté, c’est trop peu ».
La « journée de défense et de citoyenneté », 800 000 jeunes sont obligés de s’y rendre chaque année, c’est un formidable vivier de réserve militaire pour Macron.
Les 413 milliards prévus dans la loi de programmation militaire d’ici à 2030 ne suffiront apparemment pas à sa folie guerrière : « Nous devons changer d’échelle dans nos montants consacrés à la défense. Nous avons devant nous un mur d’investissement, changer d’échelle, cela suppose d’investir plus, mais aussi de transformer profondément nos méthodes ».
Non au SNU ! Non à l’embrigadement de la jeunesse !
