50 ans après la mort de Franco : le mythe de la transition démocratique

A l'occasion du 50e anniversaire de la mort du dictateur espagnol Franco, et alors que certains médias nous ont bombardé à nouveau avec la version officielle de la "transition démocratique", il est utile de revenir sur les événements.

Le dictateur espagnol Franco (G) quelques semaines avant sa mort, et le futur roi d’Espagne Juan Carlos (D) en octobre 1975, à Madrid.
Par Posi
Publié le 29 janvier 2025
Temps de lecture : 6 minutes

Nous reproduisons la Lettre hebdomadaire n° 1070 , éditée par le comité central du Parti ouvrier socialiste internationaliste (État espagnol).

À l’approche du 50e anniversaire de la mort du dictateur Franco, et alors que certains médias nous bombardent à nouveau avec la version officielle de la Transition, il est utile de revenir sur les événements. Selon l’histoire officielle de la Transition – celle dont parlent les médias, celle relayée par les commentateurs politiques, celle enseignée dans les écoles et qui a façonné l’opinion publique bourgeoise et les partis du régime : « Franco est mort dans son lit5La mort de Franco est officiellement annoncée le 20 novembre 1975 par un télégramme dont la formule est restée célèbre : « Franco est mort », Ndt. », sans que ne se soit pratiquement manifestée aucune opposition populaire. À la mort du dictateur, il fut établi, par la volonté du roi et par un accord commun entre les secteurs « réformistes » du régime franquiste et la soi-disant « opposition démocratique », un régime de libertés démocratiques entériné par la Constitution monarchique de 1978.

Or les choses ne se sont pas déroulées de cette manière. À la mort de Franco, l’appareil de la dictature franquiste, soutenu par la bourgeoisie, la hiérarchie de l’Église et l’armée, avait opté pour la continuité du régime, moyennant tout au plus quelques réformes cosmétiques. Selon les propres mots de Franco, « tout restait en place et bien en place ».

Ces gens ne comptaient que sur une seule chose : les États-Unis et l’URSS, le Vatican et les gouvernements européens craignaient une répétition de la révolution portugaise et s’étaient réunis lors de « la conférence d’Helsinki » pour s’assurer qu’il n’y aurait plus de révolutions en Europe.

La mobilisation perturbe tous les plans

Cependant, une mobilisation massive des travailleurs dans l’État espagnol avec des caractéristiques prérévolutionnaires menaçait les fondements mêmes du système capitaliste dans notre pays. Elle imposa au franquisme en décomposition la légalisation des organisations ouvrières et la reconnaissance des droits d’association, d’expression, de manifestation, de grève et autres droits démocratiques.

Il suffit pour mesurer la profondeur de la mobilisation de compter le nombre de (…)


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