« La prochaine étape, c’est Londres »

John Rees, cofondateur de la coalition Stop the War (Grande-Bretagne), nous présente le prochain meeting international contre la guerre, qui aura lieu à Londres, le 20 juin prochain.

Par la rédaction d’IO
Publié le 18 janvier 2026
Temps de lecture : 2 minutes

Que penses-tu des annonces de Trump d’augmenter le budget militaire américain de plus de 50 % ?

Chaque centime, chaque dollar, chaque euro dépensé pour des armes n’est pas dépensé pour les écoles, pour le logement ou pour l’emploi. C’est donc un jeu à somme nulle : s’ils dépensent l’argent ici, ils ne le dépensent pas là.

Et l’importance de la décision de Trump, c’est qu’elle fait passer cette question d’un problème européen à un problème mondial.

Lorsque le président des États-Unis décide d’augmenter de 50 % un budget militaire déjà absolument gigantesque – et il faut se rappeler que les États-Unis dépensent plus en armement que les dix pays suivants réunis – on parle d’un programme de réarmement mondial.

C’est un programme qui fera de l’armée américaine, selon les mots de Donald Trump, une « armée de rêve ». Or, quand Donald Trump rêve, le reste d’entre nous fait des cauchemars.

Macron et Starmer annoncent qu’ils sont prêts à envoyer les armées française et britannique en Ukraine pour faire respecter un éventuel cessez-le-feu…

Cela sera absolument désastreux, car personne ne pense réellement que la paix en Ukraine mettra fin au conflit. Ils vont donc être directement exposés au danger.

Keir Starmer et les autres dirigeants européens vont envoyer des jeunes au-devant du danger. Ils reviendront, comme ceux revenus d’Afghanistan, comme ceux revenus d’Irak, soit dans des cercueils, soit blessés, soit atteints de stress post-traumatique.

Et il y aura des parents et des familles dans toute l’Europe qui pleureront le fait d’avoir laissé leurs dirigeants prendre une telle décision. Cela ne leur coûtera pas seulement la vie ou leurs moyens de subsistance : cela leur coûtera aussi leurs hôpitaux, leurs écoles et leurs logements.

Que penses-tu de la situation ouverte par l’intervention américaine au Venezuela ?

L’intervention militaire au Venezuela a constitué une violation absolument flagrante du droit international. Il n’y avait absolument aucune justification à l’enlèvement – car c’est bien de cela qu’il s’agit – du chef d’un État souverain.

Mais c’est encore pire que cela, car nous avons vu immédiatement les conséquences : Trump a poursuivi et arraisonné un pétrolier battant pavillon russe dans l’Atlantique Nord, portant la relation entre la Russie et le Royaume-Uni au bord d’un conflit maritime, parce que le Royaume-Uni a aidé Trump dans cette saisie du navire.

Et du côté russe, cela a aussi encouragé Trump, puisqu’il formule désormais des revendications en faveur d’une intervention militaire au Groenland, qui fait partie du Danemark, ce qui constituerait donc un conflit entre différents membres de l’Otan. On ne peut guère imaginer situation plus grave que celle-ci.

Après le meeting international contre la guerre du 5 octobre à Paris, quelle est la suite ?

La prochaine étape, c’est Londres. Nous avons réservé le Central Hall de Westminster, en plein cœur de Londres, juste en face du Parlement britannique. Il peut accueillir des milliers de délégués venus de toute l’Europe, des mouvements syndicaux européens, pour se rassembler et dire que les peuples d’Europe veulent la paix.

Les peuples d’Europe ne veulent pas la guerre. Ils ne veulent pas le réarmement.

Ils ne veulent pas la conscription. Ils veulent des logements. Ils veulent des emplois. Ils veulent l’éducation. Ils veulent un système de santé digne de ce nom. Le monde que veulent les gens ordinaires d’Europe est désormais à l’exact opposé du monde que leurs dirigeants s’apprêtent à leur imposer.

Et c’est donc à nous de réorienter le cours de l’histoire. Nous ne voulons pas être la génération qui a de nouveau conduit le monde à la guerre.

Nous voulons être la génération qui a sauvé la paix.