Italie : « Nous ne travaillons pas pour la guerre ! »
Le 6 février, appel à la mobilisation et à la grève des dockers des ports de la Méditerranée et en Europe.
- Actualité internationale, Guerre, Italie

Le 23 janvier à Gênes, s’est tenue une assemblée, dont nous reproduisons ci-dessous l’appel, organisée par USB Ports (Union syndicale de base) qui a décidé de lancer une grève internationale des travailleurs et travailleuses portuaires contre la guerre. À ce jour, au moins 21 ports se mobiliseront dans toute la Méditerranée, le 6 février prochain. En Italie, les ports de Gênes, Trieste, Livourne, Ancône, Civitavecchia, Ravenne, Salerne, Bari, Crotone et Palerme ont déjà adhéré à l’initiative.
« “La paix est finie”, c’est ce que nous disent la plupart de nos gouvernements. En tant que syndicats de travailleurs portuaires, nous avons signé la déclaration suivante :
“Les travailleurs portuaires ne travaillent pas pour la guerre” à Gênes, le 26 septembre, et nous réaffirmons l’actualité des engagements qu’elle contient.
Ces engagements comprennent la demande de mettre fin au génocide du peuple palestinien perpétré par Israël, ouvertement soutenu par ses alliés, les États-Unis, l’Otan et l’UE ; d’ouvrir des couloirs humanitaires stables ; de rejeter le plan de réarmement de l’UE ; et de faire des ports européens et méditerranéens des ports de paix.
Le génocide se poursuit, tout comme de nombreuses autres guerres, et il est désormais clair que le plan de réarmement nécessite la militarisation des ports et des infrastructures stratégiques nécessaires aux préparatifs de guerre.
Ces plans de réarmement sont accueillis favorablement par les armateurs et les opérateurs portuaires, car ils permettent une forte poussée vers l’automatisation, une réduction de l’emploi et une érosion des libertés syndicales.
L’économie de guerre réduit les salaires, les droits et les protections en matière de santé et de sécurité des travailleurs portuaires, y compris la réduction du temps de travail.
Partageant le refus de toute complicité des travailleurs portuaires dans le transport d’armes et de matériel de guerre, et pour exprimer notre forte opposition aux conséquences de l’économie de guerre, les syndicats lancent un appel en faveur d’une journée internationale d’action et de lutte, le 6 février 2026.
Ce jour-là, les travailleurs portuaires de toute l’Europe et de la Méditerranée manifesteront et feront grève ensemble en recourant à toutes les formes d’action.
– Pour garantir que les ports européens et méditerranéens soient des lieux de paix et exempts de toute implication dans la guerre ;
– bloquer toutes les expéditions d’armes depuis nos ports vers la Palestine en proie au génocide et vers toute autre zone de guerre, et demander un embargo commercial sur Israël de la part des gouvernements et des institutions locales ;
– s’opposer au plan de réarmement de l’UE et mettre fin au projet imminent de militarisation des ports et des infrastructures stratégiques par l’UE et les gouvernements européens ;
– rejeter les plans de réarmement comme porte d’entrée vers une privatisation et une automatisation accrue des ports ;
– s’opposer aux effets de l’économie de guerre sur nos salaires, nos droits et nos conditions de santé et de sécurité.
Les organisations signataires transmettent cet appel à tous les syndicats portuaires européens, méditerranéens et internationaux partageant ces préoccupations, en les invitant à participer à cette journée de protestation. Cette mobilisation doit être aussi participative, ouverte et inclusive que possible afin d’affirmer avec force que « les travailleurs portuaires ne travaillent pas pour la guerre ! »
À ce jour, les organisations suivantes ont adhéré à cet appel : USB des ports, Italie – Enedep, Grèce – Organisation démocratique du travail (ODT), Maroc – Liman-Is, Turquie – LAB, Euskadi (Pays basque espagnol).
