« Nos vies valent plus que leurs guerres »

Samedi 31 janvier, à Paris, une réunion publique intitulée « Femmes contre la guerre » a fait salle comble dans le local du POI à l’initiative de militantes et d’organisations ayant participé au meeting du 5 octobre dernier contre la guerre au dôme de Paris.

Lors de l’assemblée, le 31 janvier, à Paris (photo IO).
Par la rédaction d’IO
Publié le 7 février 2026
Temps de lecture : 12 minutes

Dans la salle, les participantes, pour la plupart, viennent d’horizons différents : féministes, militantes décoloniales et antisionistes, syndicalistes, militantes politiques. Mais elles partagent un constat : « Non à la guerre. Non à la militarisation de l’école, de la jeunesse et des services publics. À bas la répression. »  Et sont aussi souvent à  l’initiative pour bloquer la marche à la guerre et les gouvernements fauteurs de guerre.

Plusieurs intervenantes y sont revenues dans leurs interventions. Dans son introduction, Mélinda Sauger, enseignante, syndicaliste, militante au POI et à LFI a présenté l’invitation au meeting contre la guerre de Londres qui aura lieu le 20 juin prochain et invité les millitants à le contresigner. Retours sur des extraits d’interventions vivantes et combatives.

« On bouche l’horizon de nos gosses »

Julie, pour le mouvement des mères isolées (MMI)

« Nous faisons partie depuis le début du collectif Féministes contre l’armement. (…)

Nous sommes 2 millions de femmes en France à porter seule chaque jour le quotidien, dans l’ombre. La survie est devenue une gestion comptable ; l’État ne voit plus nos enfants comme des citoyens à éduquer, mais comme une ressource à mobiliser ou des délinquants à punir. Le féminisme, pour nous, ce n’est pas briser des plafonds de verre.

C’est s’assurer que le sol sous nos pieds ne s’effondre pas.

Et aujourd’hui, ce sol est miné par une logique de guerre qui ne dit pas encore son nom.

France Travail devient un bureau de recrutement. Regardons ce cynisme avec lucidité : on affame les familles, on ferme la porte des universités avec Parcoursup, on bouche l’horizon de nos gosses… et quand ils n’ont plus d’issue, on leur tend un treillis.

L’armée ne cherche pas des vocations, elle fait son marché parmi les victimes de la casse sociale. Lundi dernier, à la Sorbonne, les étudiants ont refusé la venue du général Mandon. Nous étions avec eux. Depuis septembre, nous organisons régulièrement avec nos camarades de la CGT Chômeur et Lignes de Crête des rassemblements pour dénoncer les politiques mortifères de Macron et ses gouvernements. Nos agences pour l’emploi, comme nos universités, ne sont pas les antichambres de la guerre.

Le salut ne viendra jamais de l’uniforme. On ne répare pas une vie brisée avec un fusil (…)  Nos vies valent plus que leurs guerres. Et c’est pour porter ce combat que avec le mouvement des mères isolées nous appelons au meeting contre la guerre à Londres le 20 juin prochain. »

« Avec mon syndicat, on a réussi à empêcher la mise en place d’une classe défense »

Sophie Duclos, enseignante et syndicaliste dans les Hauts-de-Seine

« On est submergés par leur propagande militaire mais il y a moyen de résister. Je vais vous en donner une preuve. Dans l’Éducation nationale, on a le dispositif de classes défense et de sécurité globale. 1 200 classes sont ouvertes actuellement en France et Macron veut les porter à 2 400. Nous, on veut faire disparaître ces classes ! C’est faire rentrer les uniformes dans les classes, l’armée n’est pas neutre.

On est un lieu d’émancipation pas d’embrigadement.

Pour cela, on fait un travail moléculaire. Dans le collège Anne Franck d’Anthony, j’avais prévu de tenir une heure d’information syndicale. On discute de beaucoup de sujets car les attaques sont très nombreuses. On rédige une petite motion contre les classes défense et on commence à la faire signer.

On s’aperçoit alors qu’une enseignante avait le projet d’en créer une. Cette collègue envoie des messages pour demander à ne pas signer cette motion, que « les classes défense c’est super, on va visiter du patrimoine mémoriel ». Comme s’il n’y avait pas d’autre patrimoine. Elle s’énerve un peu, des collègues se désistent. Mais beaucoup résistent malgré tout et maintiennent leur signature. La collègue recule, il n’y aura pas de classes défense dans ce collège.

Dans le lycée d’Issy les Moulineaux où je dois me rendre la semaine prochaine, on a découvert qu’une classe défense était aussi en projet rien qu’en annonçant la réunion.

Il faut aller à la rencontre des collègues, leur expliquer.

L’action doit se faire sur le terrain car en haut il ne se passe rien (…) Aucune confédération syndicale n’appelle à se mobiliser contre la guerre, comme elles l’ont déjà fait avec le génocide à Gaza. Les dirigeants syndicaux ne sont pas à la hauteur de la situation marquée par l’économie de guerre qui détruira pourtant en premier lieu les syndicats. C’est scandaleux. À nous donc, à la base, de lutter. »

« Ma fédération va répondre favorablement à l’invitation au meeting international contre la guerre à Londres »

Awa Ba, syndicaliste, Fédération FO de l’Enseignement (Fnec-FP FO)

« Quand on m’a informé de cette réunion et qu’on m’a proposé d’y intervenir, je me suis dit que ce n’était pas une option.

Je viens d’un continent et d’un pays où l’esclavagisme, le colonialisme, l’impérialisme ne les ont jamais quittés. Ni la guerre d’ailleurs ni le racisme.

Je suis donc très contente de représenter ma fédération ici aujourd’hui. J’ai entendu notre camarade qui lutte aux côtés des infirmières sanctionnées pour le port du calot. Nous vivons la même chose dans les établissements scolaires avec les jeunes filles supposées musulmanes qui sont empêchées de porter des robes longues. Et parfois ces remarques s’appliquent aussi à des personnels ! Alors soutien total aux infirmières et aux personnels médicaux. (…)

Ma fédération n’accepte pas le budget de guerre et d’austérité Macron-Lecornu. Face à cela, nous réaffirmons avec force notre attachement à la paix, aux droits sociaux et à un syndicalisme indépendant, au service exclusif de la classe ouvrière. (…)

Nous avons tenu notre congrès le mois dernier. Des camarades de syndicats enseignants d’Italie, de Grande Bretagne, des États-Unis mais également de Côte d’Ivoire et de Palestine étaient présents ou nous ont adressé un message.

Toutes leurs interventions faisaient état de la lutte menée au quotidien par leurs syndicats en s’opposant à la guerre, à la militarisation de la jeunesse, à l’ICE de Trump, au racisme dans l’intérêt des peuples et leurs libertés et droits. Est-ce là encore un hasard, si parmi ces neuf camarades, six sont des femmes qui ont exprimé toute leur détermination à combattre l’impérialisme ?

Ma fédération a participé au meeting du 5 octobre 2025 au dôme de Paris. Je vous annonce que ma fédération, dans son instance la semaine dernière, vient de fixer le mandat de répondre favorablement à l’invitation des organisations ouvrières anglaises au meeting international contre la guerre à Londres le 20 juin 2026.

« Les liens que nous créons au-delà des frontières sont essentiels »

Caroline Rosenberg, collectif juif décolonial Marad (Suisse)

« Racine commune à toutes les langues sémitiques, MARAD signifie la « révolte », le « soulèvement ». (…)

Nous dénonçons l’essentialisation raciste des personnes juives, l’instrumentalisation de l’antisémitisme, et les manipulations qui permettent des alliances entre suprématistes et fascistes et justifient notamment le génocide en Palestine.

Nous refusons ces récupérations mortifères qui consistent à faire croire que l’antisionisme serait une forme sournoise d’antisémitisme; nous rappelons que l’antisémitisme est un délit et que l’antisionisme est un devoir moral, un devoir de résistance contre une entreprise coloniale blanche et européenne. Je vous remercie infiniment pour cette invitation.

Les liens que nous créons au delà les frontières sont essentiels aussi dans notre volonté commune d’abolir ces barrières mortelles.

« Face à la guerre, il y a nécessité de nous organiser autour d’un front commun et internationaliste »

Sofia , militante LFI et Potere al Popolo

« Il apparaît clairement que face à la guerre, il y a la nécessité de nous organiser autour d’un front commun et internationaliste (…).

Les politiques des gouvernements frappent précisément les femmes et les personnes queer vulnérables et marginalisées, notamment dans les périphéries, à travers des coupes dans les services publics, le logement, les salaires en vue de la reconversion militaire de nos économies.

Nous le voyons en France et aussi en Italie. La politique de Meloni ne nous protège pas. Il y a quelques jours, on a découvert que l’ICE, la police d’inspiration nazie, sera présente au Jeux olympiques de Milano-Cortina. On ne l’accepte pas (…). »

 

« Je n’ai pas connu le front, mais j’ai connu les conséquences : plus jamais ! »

Nezha Barhandi, députée suppléante et candidate LFI aux élections municipales à Clichy-sous-Bois (93)

« Je prends la parole aujourd’hui avec beaucoup d’émotion, lorsque l’on m’a invité et proposé d’intervenir dans un meeting contre la guerre, je buggue un peu parce que quand on dit “femmes contre la guerre”, on pense souvent aux bombes, aux armes, aux champs de bataille.

Mais en discutant avec le camarade qui m’avait invité, j’ai compris une chose simple : même quand on n’a pas fait la guerre, on peut en porter les conséquences.

Je suis une femme qui a connu l’exil très jeune. Je suis arrivée en France à 15 ans. Moi je n’ai pas été soldat, je n’ai pas combattu, je n’ai pas tiré. Mais la guerre fabrique des conséquences qui traversent le temps, les frontières, qui traversent les familles, qui traversent nos corps.

Parce que la guerre, c’est aussi ce qui détruit l’économie d’un pays. C’est ce qui fait monter les prix, disparaître le travail, effondrer les services, rendre la vie quotidienne impossible. C’est ce qui pousse des familles à se séparer, des parents à envoyer leurs enfants loin, des gens à partir sans savoir s’ils reviendront.

Alors oui : parfois on fuit les bombes. Mais parfois on fuit ce que la guerre laisse derrière elle : la misère, la peur, l’insécurité, le chaos, l’absence d’avenir. Et je veux insister sur quelque chose : partir à 15 ans, ce n’est pas une aventure. C’est une rupture. C’est un arrachement. C’est quitter sa langue, son école, sa famille, ses repères, son identité, et arriver dans un pays où on doit tout comprendre vite, tout apprendre vite, et surtout… survivre.

Survivre, ça veut dire quoi ? Ça veut dire chercher un toit, accepter des conditions qu’on n’aurait jamais acceptées si on avait eu le choix.

Ça veut dire dépendre des autres, parfois rencontrer des gens qui vous aident, mais aussi des gens qui profitent. Ça veut dire sentir qu’on doit toujours « mériter » d’être là, qu’on doit toujours donner quelque chose en échange : sa force, son silence, sa dignité.

Et c’est là que je fais le lien avec cette assemblée : la guerre produit de la vulnérabilité, et la vulnérabilité expose encore plus les femmes.

Parce que dans la guerre comme dans l’exil, les femmes portent une double charge : elles protègent, elles soignent, elles s’occupent des enfants, elles font les démarches, elles tiennent la maison même quand il n’y a pas de maison, elles essaient de garder une dignité quand tout autour s’effondre. (…)

Quand une femme se lève contre la guerre, elle ne parle pas seulement d’un pays lointain. Elle parle de nos vies. Elle parle de la dignité. Elle parle de la protection de l’enfance. Elle parle de justice sociale.

Et elle parle aussi de cette idée simple : aucune guerre n’est “loin”, parce que ses conséquences arrivent toujours quelque part — et souvent, elles arrivent dans la vie des femmes. Et si je peux ajouter quelque chose, je dirais : Je n’ai pas connu le front, mais j’ai connu les conséquences. Et ça suffit pour dire : plus jamais. »

« Des féministes sont engagées contre l’armement »

Maricha, militante féministe au sein du collectif #NousToutes et du comité local NousToutes93, antiraciste

« En France, dans un certain nombre d’espaces féministes, la question  de la guerre comme objet de lutte, peine un peu à trouver sa place. Je précise qu’il y a des luttes féministes, il ne s’agit pas d’un bloc monolithique dans lequel toutes les pratiques et les positionnements politiques seraient les mêmes.

Il y a des collectifs d’étudiantes, des travailleur.euse.s, des mères isolées, des syndicalistes, des personnes racisées, des personnes trans, des travailleur.euse.s du sexe… des gens du peuple qui lutte. Il existe tout de même des collectifs qui se sont emparés de la question de la guerre avant même les annonces d’augmentation du budget militaire et des politiques d’austérité budgétaire.

Et là je peux citer l’exemple de Féministes contre l’armement qui s’est créé en 2024 un an après le début du génocide à Gaza.

Féministes contre l’armement avait choisi de se rassembler tous les 8 du mois entre novembre et mars pour dénoncer entre autres choses la vente d’armes de la France vers Israël.

Il y a eu un collectif de femmes contre l’armement qui s’est également créé à Marseille. Qui se sont ensuite mobilisées au moment du salon du Bourget avec la coalition Guerre à la guerre, c’était en juin dernier et on y a participé avec des camarades de NousToutes.

Il y a eu une manifestation, des prises de paroles, des actions de désobéissance civile en marge de la manifestation, et un village associatif sur tout le week-end.

C’était la première fois qu’il y avait une mobilisation aussi importante pour protester contre le salon du bourget et en l’occurrence aussi contre la présence des entreprises Israéliennes qui étaient nombreuses sur ce salon.

Donc ça, c’est un exemple parmi d’autres de collectifs féministes qui s’organisent et qui peuvent aussi s’allier à d’autres collectifs non féministes mais qui ne sont pas nécessairement les plus visibles. En tant que féministes, on est évidemment contre la militarisation de nos vies, de nos corps, contre l’embrigadement de nos enfants, contre la guerre. »

« Huit mois de suspension à cause du port du calot pour une infirmière, insupportable ! »

Astrid Petit, sage-femme et syndicaliste à l’AP-HP

« Ils veulent préparer la guerre et les esprits, piquer les milliards à la santé. Et ils s’attaquent directement aux collègues. Et dans nos professions très féminisées, c’est directement nos collègues femmes qui sont touchées. En premier lieu nos collègues supposées musulmanes, c’est vraiment du délit de faciès.

Je pense à nos collègues qui portent le calot, un couvre-chef hospitalier, porté en mesure d’hygiène. Depuis quelques mois, certaines subissent une situation sans précédent. Je pense notamment à ma collègue Madjouline de la Pitié-Salpétrière attaquée et virée par l’AP-HP. Elle s’est rebellée, elle a dit non. C’était déjà présent en arrière-plan. Les collègues craignaient de parler, peut-être aussi de ne pas être soutenus par les syndicats.

Mais là il y a quelque chose qui a tourné. Elle a porté plainte contre l’APHP.

En référé liberté, le juge lui a donné raison et a obligé l’AP-HP à la réintégrer en janvier dernier. J’ai appris hier que la direction de l’AP-HP a décidé d’une exclusion de 8 mois. Ils refusent sa réintégration et lui ajoutent une sanction supplémentaire ! Cette collègue qui est excellente, n’a fait aucune faute, travaille à l’AP-HP depuis 10 ans se retrouve sans salaire, sans crèche, sans les droits rattachés à son statut du jour au lendemain.

C’est une violence ressentie profondément dans nos chairs. Virer une infirmière aujourd’hui alors qu’on en manque partout, c’est insupportable.

Cette situation n’est pas isolée, on a une collègue à Tenon dans la même situation. Le syndicat s’est appuyé sur ce qu’avait fait et obtenu Majdouline et appelle à un rassemblement le 13 février prochain. Moi et mon syndicat, on a décidé qu’on y serait. Je vous appelle à vous y joindre. Des hospitaliers étaient devant la Sorbonne lundi pour dire non à la venue du général Mandon. D’autres syndicats peuvent aussi venir et aider. »

« Un général à France Travail, c’est non ! »

Claire Guelmani, syndicaliste à la section fédérale des organismes sociaux

« Le ministre du Travail Farandou a annoncé sur France info le 21 janvier dernier la création d’une force spéciale défense au sein de France Travail, le service public de l’emploi.

France Travail est particulièrement concerné par les coupes budgétaires ! Ça ne les empêche donc pas de mettre en place cette force spéciale défense. Cela créerait 10 000 postes d’ici 2030 au sein du pôle industrie dans le Var.

Cela fait quand même des années que les gouvernements successifs désindustrialisent, liquident des milliers d’emplois. Avec la loi plein emploi contre laquelle on se bat, on stigmatise et on culpabilise les chômeurs. Un général serait donc nommé d’ici le 23 avril à France Travail ! Donc ils préparent ouvertement la guerre. (…)

Cela constituerait un pôle spécial. Mon syndicat a dénoncé cette mesure. Il faut que nous agissions maintenant pour faire échec à cette décision. »

« La première cause du quinquennat Macron ce n’est pas les droits des femmes mais la guerre »

Ambre, étudiante, militante POI et à la France insoumise

« Je fais partie de la génération Parcoursup. De cette manière, je suis persuadée que Macron et ses gouvernements successifs ont préparé la militarisation de la jeunesse au cours de ces dernières années.

La première « cause » du quinquennat de Macron, ce n’est pas les droits des femmes mais la guerre et la mise en place de la propagande de guerre. Au coup de sélection accrue, de réforme du bac, de coupes budgétaires dans les universités, ils ont privé la jeunesse de toute perspective.

C’est sur cette misère organisée qu’ils voudraient s’appuyer pour embrigader. C’est pourquoi il était inacceptable pour nous que le général Mandon vienne à la Sorbonne inaugurer une chaire de géopolitique. À la suite de deux appels à rassemblement, un lancé par FO ESR, l’autre par les jeunes insoumis, sa venue a été décalée.

On ne sait pas encore quand il reviendra, mais en tout cas nous on sera là car la chaire est maintenue et accueillera des figures de l’armée. On ne peut pas l’accepter. Ils veulent « acculturer les jeunes à la défense » comme le dit une circulaire de l’Education nationale.

Cette acculturation se met en place avec les classes défense mais aussi le service national volontaire. Mais il n’y a rien de volontaire. Comme peut-il l’être si depuis l’enfance on est bercé par les discours bellicistes, habitué à la guerre ? (…)

« Nous, femmes prolos, femmes des quartiers disons non à l’école de la guerre »

Yessa Belkhodja, co-fondatrice du collectif de défense des jeunes du Mantois

« Je vais revenir sur l’affaire de Mantes-la-Jolie, des 151 lycéens mis à genoux par la police. C’était le 6 décembre 2018. Il y a quelques jours, au sein de l’assemblée, avait lieu la niche parlementaire de droite portée par Wauquiez. Je félicite tout d’abord les députés insoumis qui ont fait obstruction et ont fait tomber l’ordre du jour.

Y a été débattue notamment la présomption de légitime défense des forces de l’ordre. Et le ministre de l’intérieur Nunez, pour conclure la journée, revient sur l’événement de Mantes-la-Jolie après l’intervention du député de Mantes, Benjamin Lucas (Générations.S, Ndlr) en disant que les enfants de Mantes-la-Jolie n’avaient subi aucune maltraitance ce jour-là et que l’interpellation avait été faite dans les règles.

L’affaire de Mantes c’est l’anatomie d’une classe qui ne se tient pas sage (…). Pour ces enfants de pauvres, de prolos, des quartiers populaires, souvent descendants de l’immigration postcoloniale, la violence est multiple et systémique.

Ce n’est pas seulement la police qui réprime mais l’ensemble des institutions de la République qui produisent de la maltraitance. (…) Le classement sans suite de l’IGPN en 2019 était une décision politique. Nous les mères avons maintenu l’exigence de justice depuis sept ans et cela demande des ressources.

Face à ce dispositif, la résistance s’organise au présent. Nous mères, refusons d’être des sujets politiques subalternes. Nous avons politisé nos douleurs. Nous sommes sorties de la place assignée par le Capital, le travail de reproduction. Nous avons transformé les traumatismes individuels en combat collectif pour la dignité. (…)

Nous résistons à leur violence, à la militarisation et à ses dispositifs horribles comme les classes défense, le SNU, etc. Nous femmes prolo, femmes des quartiers descendantes de l’immigration, nous disons non à l’école de la guerre, à une société de guerre, à toutes les guerres où qu’elles soient, ici ou ailleurs. »