Combines politiciennes et volonté de rupture
Macron et sa fausse majorité, aidés de leurs soutiens qui perdent des plumes, ont bien l’intention de continuer les budgets de guerre et les attaques anti sociales jusqu’en 2027. Refus, grèves, prises de position contre la guerre se multiplient
- A la une, Actualité politique et sociale

Le second tour des élections municipales a donc confirmé le premier : forte abstention, et « percée historique » de la France insoumise. Les insoumis remportent une dizaine de communes, notamment dans les banlieues parisienne et lyonnaise, font leur entrée dans 400 conseils municipaux. L’intégralité des villes remportées par la France insoumise font partie des 80 communes les plus pauvres de France.
Comme pour masquer cet indéniable succès, les éditorialistes s’en sont donnés à cœur joie dès la soirée des résultats pour expliquer que la présence de la France insoumise sur telle ou telle liste aurait fait perdre. Manuel Bompard et l’Insoumission démontrent implacablement le contraire. La sphère médiatico-politique voulait certainement masquer également les raisons d’une nouvelle abstention historique, qui s’explique notamment par le piétinement des résultats et de la victoire du NFP lors des élections législatives par Macron en 2024 alors que la participation avait été très importante.
Mais il y a un autre élément : c’est la responsabilité du Parti socialiste, ses reniements et ses mensonges à tous les niveaux, son soutien à Macron et Lecornu sur les récents budgets. « Le Parti socialiste a permis le maintien de gouvernements macronistes par ses refus successifs de censurer. Ces combines politiciennes ont alimenté une forme de résignation » expliquait Jean-Luc Mélenchon à propos de l’abstention lors du « Moment politique » le 18 mars dernier.
Enfin, éditorialistes et responsables politiques voulaient également passer sous les radars les scènes de liesse de centaines d’habitants, surtout des jeunes, des quartiers populaires à l’annonce des résultats comme au Blanc-Mesnil ou à La Courneuve, faisant écho à la victoire de Bally Bagayoko à Saint-Denis la semaine précédente, et traduisant la volonté d’en finir avec un système mais aussi leurs attentes immenses pour répondre à toutes les situations urgentes de milliers d’habitants dans ces villes.
En expliquant que la France insoumise est une machine à perdre sur le plan électoral, ils espèrent en réalité maintenir l’union sacrée entre Macron et le PS, avec le soutien de la droite et du RN. Celle que LFI n’a cessé de dénoncer pendant la campagne des élections municipales.
Macron, appuyé par ses soutiens qui se battent pour assurer la « stabilité » jusqu’en 2027, entend poursuivre sa politique. Il refuse toujours de bloquer les prix du carburant alors qu’ils s’envolent à la pompe depuis plus de quinze jours.
C’est ce qui lui permet aussi aujourd’hui d’annoncer en grande pompe les 10 milliards d’euros pour financer un nouveau porte-avions. Au moment même où dans les départements, les conséquences du budget Macron-Lecornu-Faure tombent avec fracas dans les écoles : les 4 000 suppressions de postes provoquent des milliers de fermetures de classes partout sur le territoire. En dépit du blocage des directions syndicales, parents et enseignants n’acceptent pas et se mobilisent pour sauver les classes et les postes, cherchant les voies de la bagarre.
Sur la question de la guerre, alors que les confédérations regardent ailleurs, sur le terrain, des initiatives s’organisent pour chercher à enrayer la marche à la guerre. Comme à Indre (44) à l’occasion de la venue de Macron à Naval Group à l’appel de la CGT et FO. Comme dans le Var où la CGT de Toulon appelle à organiser un contre-événement au « Toulon Defense Event » du 23 avril prochain. Dans cette situation, les meetings contre la guerre qui vont avoir lieu à Nantes, Lyon et Paris les 1er, 2 et 3 avril vont avoir une place importante pour aider à rassembler les syndicalistes et les militants disponibles pour s’organiser pour bloquer la marche à la guerre.
