31 mars à Lyon : « deux salles, deux ambiances »

Dans le Rhône, le gouvernement entendait fermer 261 de classes (contre seulement 73 ouvertures). Le 31 mars, à l’appel du syndicat FO, des personnels et des parents d’élèves ont convergé dès 9 heures devant la direction locale de l’Éducation nationale. Récit de cette journée.

Devant la direction des services de l'Éducation nationale, à Lyon, le 31 mars (photo FO 69)
Par correspondant
Publié le 1 avril 2026
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Ce jour-là, au siège de la direction départementale des services de l’Éducation nationale (DSDEN), se tient une instance officielle (appelée CSASD), où l’inspecteur d’académie présente devant les représentants syndicaux le plan gouvernemental de suppression de classes dans le Rhône : pas moins de 261 fermetures de classes sont à l’ordre du jour contre seulement 73 ouvertures.

Rapidement, à l’extérieur du bâtiment, un rassemblement appelé par FO compte plus de 150 personnels et parents d’élèves, représentant une vingtaine d’écoles du département, en présence du nouveau maire LFI de Vénissieux, Idir Boumertit, venu soutenir les manifestants. Ceux-ci expriment bruyamment leur colère et leur détermination en perturbant par un vacarme continu la réunion du CSASD qui se tenait.

Les autres organisations syndicales appelaient, elles, dans le cadre de la journée d’action nationale, à une manifestation à partir de 10 heures au rectorat, à une centaine de mètres de la DSDEN… Un cortège de 250 personnes, après un bref arrêt devant la DSDEN – où rappelons-le, les fermetures de classes étaient en train de se décider –, part donc manifester après quelques hésitations en une procession silencieuse à l’autre bout de Lyon sous le regard incrédule des personnels et des parents qui essayaient de sauver leur classe en s’exprimant bruyamment sous les fenêtres de l’inspecteur d’académie

Durant le CSASD, la mobilisation des personnels a permis d’obtenir quelques reculs et de sauver 19 classes menacées, même si, avec finalement 244 fermetures de classes contre seulement 81 ouvertures, le bilan de la carte scolaire reste effroyable !

Malgré cette hécatombe, les représentants du SE-UNSA et du SGEN-CFDT, syndicats qui appelaient à la journée d’action et qui participaient à la manifestation intersyndicale lyonnaise, se sont abstenus ! Sans vote unanime contre, l’inspecteur d’académie n’est donc pas contraint de reconvoquer un CSASD qui aurait permis une nouvelle mobilisation.

Cette attitude est le pendant de celle des députés socialistes qui, le cœur sur la main, dénoncent les fermetures de classes mais ont refusé de censurer le gouvernement qui les a mis en œuvre, permettant donc que cette hécatombe ait lieu !

Durant tout le processus de carte scolaire, l’inspecteur d’académie a été obligé de revenir sur 60 fermetures de classes ce qui n’est pas négligeable… Aujourd’hui, il en reste donc 244.

Plus que jamais, pour bloquer ces fermetures, l’issue passe par le regroupement des personnels, des parents d’élèves, des élus locaux qui veulent en découdre, sauver leurs classes en faisant reculer les représentants du ministre et non par les journées d’action appelées par la quasi-totalité des directions syndicales qui n’ont décidément rien à voir avec la satisfaction des revendications, et qui s’y opposent même frontalement.