Non à la dérive sociétale de la CGT incarnée par Marie Buisson

Nous publions le point de vue de Clarisse Delalondre, syndiquée CGT Mines-Energie, sur la candidature de Marie Buisson pour succéder à Philippe Martinez à la tête du syndicat, lors du prochain congrès en mars.

Manifestation à Toulouse lors d'une journée de grève appelée par la CGT, le 10 novembre 2022 (Photo AFP)
Par Clarisse Delalondre
Publié le 7 janvier 2023
Temps de lecture : 6 minutes

Je suis syndicaliste à la CGT, et, comme une majorité de militants, je suis inquiète sur la future direction confédérale qui devrait sortir de notre 53e Congrès confédéral qui se tiendra fin mars. En effet, Philippe Martinez ne se représente pas et a désigné Marie Buisson pour le remplacer. Or cette candidature me semble porteuse d’un danger de dérive sociétale de la CGT, et c’est cela qui inquiète les militants.

Tout le monde sait qu’en ce début 2023, outre la poursuite des grèves pour des augmentations de salaires, c’est la confrontation sur les retraites qui va être une question majeure.

Or il n’est pas possible d’aborder cette période avec une CGT paralysée par les enjeux du prochain congrès confédéral et par la menace d’un abandon des fondamentaux de notre confédération.

Depuis deux ans, Marie Buisson, et ce n’est pas une question de personne, symbolise une orientation qui s’est matérialisée notamment dans la constitution du collectif « Plus jamais ça ». Je voudrais m’en expliquer.

Pour tenter de lever des inquiétudes, Marie Buisson a donné une interview à l’AFP, vendredi 23 décembre.

Une interview programme

Tout d’abord, elle aborde la question des retraites, en réitérant à juste titre le refus de tout allongement de l’âge de départ comme de la durée de cotisation. Cependant, il est pour le moins surprenant qu’elle ne dise pas un mot sur la défense et le maintien des régimes spéciaux, dont tout le monde sait qu’ils sont dans le collimateur de Macron et de Borne. Pour tous les salariés d’EDF et des Industries électriques et gazières, dont je fais partie, cette question est centrale, car elle est le fondement de notre statut issu de la nationalisation d’EDF en 1946. C’est aussi le cas pour les salariés de la RATP.

Dans la suite de l’interview, je passe sur le fait que Marie Buisson mette sur le même plan « les livreurs à vélos ou les aides à domicile ». Les premiers ne sont pas salariés, mais des aides à domicile si, et avec une convention collective. A quoi (…)


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