Projet de loi immigration rejeté à l’Assemblée : « Darmanin humilié, Macron défié »
Lundi 11 décembre à l’Assemblée nationale : 270 voix contre 265 se prononcent pour la motion de rejet du projet de loi immigration porté par le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin. C’est est un puissant révélateur de l’ampleur du rejet ancré en profondeur dans le pays.
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« Darmanin humilié, Macron défié », résume Le Figaro (lire ci-dessous).
Il s’en est même fallu de peu pour que Gérald Darmanin démissionne. La motion de rejet révèle une situation de crise ouverte au sein du gouvernement et pour Macron lui-même. Dans n’importe quelle démocratie, quand un projet de loi est rejeté par la représentation nationale, il doit être retiré. Mais pas en France sous la Ve République.
Retrait !
Malgré ce lourd revers parlementaire, Elisabeth Borne a annoncé mardi 12 décembre la convocation d’une commission mixte paritaire pour poursuivre l’examen du texte. Toujours le passage en force au mépris de la démocratie.
La France insoumise demande à ce que ce texte soit retiré.
Nul doute que pour des millions qui ont subi la répression, les intimidations, les humiliations du numéro 2 du gouvernement lors des mobilisations sociales ces dernières années, particulièrement sur la question des retraites, l’adoption de la motion de rejet est un puissant motif de satisfaction, un élément qui donne confiance.
Quelle situation révèle ce vote, au fond ? Le gouvernement est minoritaire, Macron est minoritaire. Quelles que soient les péripéties que connaîtra le texte dans les semaines et mois qui viennent, ce qui vient de se produire est un puissant révélateur des rapports de force, de l’ampleur du rejet ancré en profondeur dans le pays.
Quand le gouvernement se risque à passer au vote à l’Assemblée, il est mis en échec. « Sans 49.3, vous n’êtes rien », déclare Mathilde Panot dans l’Hémicycle ce 12 décembre.
Sans les procédures antidémocratiques de la Ve République, il ne va pas très loin…
Ce sont ces mêmes procédures antidémocratiques qui ont permis l’adoption du budget et son augmentation de 3 milliards l’an prochain pour l’armée actuellement déployée notamment au Proche-Orient.
Au moins 20 000 morts à Gaza et en Cisjordanie depuis le 7 octobre. Un enfant est tué toutes les six minutes. Au moins un million de civils meurent de faim. Plus que jamais, au centre : la bagarre pour le cessez-le-feu immédiat et définitif, l’arrêt des massacres et la levée du blocus.
Revue de presse« La cible des oppositions est bien le chef de l’Etat » (Le Parisien) « Si les appels à la démission de Gérald Darmanin ont fusé à droite comme à gauche, en réalité, la cible des oppositions est bien le chef de l’Etat (…) Une forme de sidération s’est d’abord emparée du sommet de l’Etat. Et maintenant ? (…) » « Que peut faire Macron ? » (Les Echos) « Emmanuel Macron confronté à une nouvelle crise politique (…). Son ministre emblématique a échoué, son calendrier est bousculé, son action sur l’immigration, thème majeur des européennes, est compromise : que peut faire Macron après le rejet de la loi immigration ? (…) Départ de Gérald Darmanin (Emmanuel Macron a refusé sa démission), remaniement plus vaste, tout est sur la table. » « La crise politique la plus grave de ce second mandat d’Emmanuel Macron » (Le Figaro) « Darmanin humilié, Macron défié (…). Et il ne pourra pas se contenter de tenter une énième opération de communication baptisée “initiative politique d’ampleur” ou “rendez-vous avec la nation”. Ce n’est pas un texte parmi d’autres qui vient de subir un coup d’arrêt ; c’est la capacité à gouverner et à réformer de cette majorité qui est remise en question. » |
