Les médecins étrangers, avec leurs syndicats, imposent un premier recul au ministère
Dans un communiqué du 22 janvier, le ministère de la Santé annonce qu’il prolonge à titre dérogatoire les autorisations de travail des médecins à diplôme étranger et qu’il leur permet de rester dans leurs services hospitaliers actuels.
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Le 18 janvier, les Padhue (médecins étrangers à diplôme hors Union européenne) étaient rassemblés devant le ministère à l’appel de leurs associations (SNPadhue et Ipadecc) avec le soutien des syndicats de médecins hospitaliers Amuf, SNMH-FO et UFMICT-CGT. Ils réclament le maintien à leur poste des 2 000 médecins menacés de licenciement.
Ce médecin est venu spécialement d’Agen. A la fin du mois, son contrat n’est pas renouvelé. « Cela fait 4 ans que j’exerce à l’hôpital dont 3 ans dans un Ehpad. (…) Pendant 4 ans, il n’y a pas eu de problème mais là, plus de renouvellement possible. Mon chef de pôle a écrit à l’ARS, au CNG. Partout, on lui a répondu : “C’est la loi”. Fin janvier, je vais laisser seule ma collègue avec 183 résidents. »
Un autre médecin témoigne : « Nous sommes tout le temps en danger. Nos contrats sont renouvelés tous les 6 mois, le mien se termine le 12 février et le même jour, mon titre de séjour expire et on peut me demander de quitter le territoire (…) L’hôpital a besoin de mes compétences mais ne me paie que 1 450 euros par mois. »
Une psychologue manifeste en soutien d’une psychiatre algérienne de son service. « On a appris la semaine dernière que le contrat d’un médecin ne sera pas renouvelé. C’est une situation honteuse et injuste. Hier, ces médecins étaient applaudis et aujourd’hui, on leur demande de quitter la France ».
A la tribune, un médecin oncologue raconte son parcours à plus d’un titre symptomatique de la politique gouvernementale : « Le Conseil national de gestion (CNG) a supprimé 13 postes de ma spécialité. Avec 12 de moyenne, nous nous retrouvons sans équivalence. » Ainsi, alors le nombre de patients atteints de cancer explose, que les patients doivent attendre dans l’angoisse de plus en plus longtemps avant d’être pris en charge, ce médecin qui a passé son équivalence avec 12 de moyenne, se retrouve licencié parce que le CNG a supprimé 13 postes de cancérologues.
Une seule exigence : le maintien des médecins à leur poste
LFI est le seul parti politique présent. Hadrien Clouet, député LFI de Haute-Garonne, apporte son soutien aux manifestants et fait une analyse exacte de la politique du gouvernement : « Vous menez une lutte d’intérêt général pour l’accès aux soins de toute la population. Monsieur Macron nous dit qu’on manque de temps médical et en même temps, il licencie et expulse du territoire des soignants capables de répondre à la crise sanitaire. Il y a une volonté délibérée du pouvoir de créer des déserts médicaux ».
Nul ne peut ignorer que le licenciement des médecins étrangers ne fera qu’aggraver les conditions de travail dans les hôpitaux. La question de l’absence des fédérations de santé CGT et FO se pose à tous.
Dans un premier temps, le ministère a annoncé qu’il ne recevrait pas les représentants des Padhue mais les manifestants ont imposé qu’une délégation soit reçue… Et le 22 janvier une première réponse est tombée. Informations ouvrières y reviendra.
