3 000 étudiants expulsés de leur logement universitaire pour les besoins des JO !
Nous donnons la parole à William, étudiant à Paris, concerné comme près de 400 autres étudiants en Île-de-France qui devront laisser leur logement.
- Actualité politique et sociale, Jeunes, JO

Le gouvernement a annoncé que les étudiants allaient devoir quitter leur logement des résidences Crous pendant les JO. Est-ce que tu peux nous expliquer la situation ?
William : J’habite dans la résidence Francis-de-Croisset, dans le 18e arrondissement de Paris. Dans notre résidence, on a eu une réunion où les intervenants sont venus expliquer que ce n’était pas une expulsion, une réquisition du gouvernement mais une aide généreuse du Crous pour les JO !
Par ailleurs, après cette réunion, nous avons eu peu d’information, ce qui provoque un stress général. On nous a promis qu’on allait être relogé, mais on ne sait pas où et on ne sait pas comment. On nous a dit qu’on allait avoir de l’aide pour les déménagements mais on ne sait pas si l’aide sera physique, matérielle ou même financière.
Pareil, on nous a promis 100 euros et deux places pour aller voir les JO mais nous n’avons que des informations vagues.
Dans ma résidence, on est presque 400 à devoir quitter notre logement. L’augmentation de 3,5 % des loyers des logements en résidence Crous intervient dans un contexte où le gouvernement diminue drastiquement l’accès aux services publics et aux droits sociaux.
L’école publique est en train de s’effondrer et en même temps il y a une forme de promotion de l’école à l’américaine avec une transformation de l’école publique en école privée. Sachant que déjà énormément d’étudiants ont des galères de thunes.
La plupart des étudiants que je connais travaillent à côté de leurs études pour pouvoir payer les loyers, la nourriture et tout ce qui est nécessaire et censé être assuré pour qu’on puisse vivre. C’est mon cas aussi : cela fait un semestre que je ne travaille pas et je vais recommencer à travailler parce que je suis dans le rouge. Pour mars, pour payer mon loyer, je vais passer un coup de téléphone à mes parents pour leur dire que je n’ai plus de thune.
Et il y a beaucoup d’étudiants en Crous qui n’ont pas la chance d’avoir des parents qui peuvent les aider. Plusieurs étudiants dans les Crous ont pris des initiatives de réunion et d’actions pour informer et en parler autour d’eux.
Le manque d’informations cause plein de problèmes, cet été j’ai l’occasion de faire un stage à Jussieu dans mon domaine scientifique, mais ça dépend de si j’ai un appartement et où il se situe. Si c’est à 1 h 30 de trajet tous les matins, je ne pourrai pas.
L’année prochaine, on ne sait toujours pas comment on va faire et avec l’augmentation encore de 3, 5 % des loyers, sachant que les charges avaient déjà augmenté en septembre 2023.
Une question se pose : est-ce que cela vaut encore le coup de rester dans des logements Crous pour avoir des appartements pas très salubres, de moins en moins entretenus et des services dégradés ?
En tant qu’étudiants en Crous, on a des difficultés pour exercer nos études en même temps que tous ces problèmes. En Île-de-France, il y a 14 résidences qui sont concernées et près de 3 000 étudiants vont être exclus de leur logement.
