« En Europe, nous sommes confrontés à une véritable économie de guerre »
Giuliano Granato, porte-parole national de Potere al Popolo (Italie) est l'un des initiateurs de l’appel contre la guerre « Pas un centime, pas une arme, pas une vie pour la guerre ! ». Il nous explique pourquoi.
- Actualité internationale, Appel contre la guerre

Tu fais partie des initiateurs, ainsi que ton organisation, de l’appel européen contre la guerre. Selon toi, pourquoi est-ce important de sortir un tel appel en ce moment ?
Giuliano Granato : En Europe, nous sommes confrontés à une véritable économie de guerre soutenue par la grande majorité des gouvernements. Cette économie de guerre ne contient pas seulement l’augmentation exorbitante des budgets militaires, mais aussi des mesures de répression qui criminalisent les voix dissidentes et la défense d’une culture de « normalisation de la guerre » – la présence des entreprises de l’armement et de l’armée elle-même dans les universités et les écoles en est la preuve.
Et les forces politiques conservatrices et celles qui se disent libérales soutiennent ces tendances ; les premiers veulent renforcer les armées nationales, les deuxièmes aspirent à la construction d’une défense européenne commune ; mais les deux le font aux dépens des salaires, des services publics et des droits démocratiques pour celui qui doit travailler pour vivre et survivre.
Il est donc fondamental de coordonner nos luttes et nos activités contre le réarmement et la guerre (au moins) au niveau européen. Un tel appel sert comme instrument pour internationaliser nos analyses et nos efforts de mobilisation, c’est pour cela que Potere al Popolo y a tout de suite adhéré.
Comment entends-tu utiliser cet appel à travers les contacts que vous avez en Italie et en Europe ? Avez-vous déjà réfléchi à des initiatives ?
À travers notre réseau international, on a dès le début diffusé et fait signer l’appel. Le 24 mai on a organisé avec Potere al Popolo deux conférences à Rome et Naples intitulées « Non à la guerre. Non aux armes. Non à l’Otan. Désarmons-les ! » avec la participation internationale de Clémence Guetté (LFI), Marc Botenga (PTB) et Ione Belarra (Podemos).
C’étaient deux moments fondamentaux pour la construction de la manifestation nationale qui aura lieu à Rome le 21 juin 2025 à l’occasion du sommet de l’Otan qui se tiendra à La Haye la semaine suivante. Et c’était aussi l’occasion de présenter et discuter l’appel qu’on va continuer à diffuser dans les semaines à venir pendant lesquelles il y aura différentes conférences et mobilisations contre la militarisation et l’extrême droite auxquelles nous participerons à Berlin, à Bruxelles, à Paris et ailleurs.
Le samedi 4 octobre se tiendra une conférence européenne qui réunira les principaux signataires de l’appel. En quoi est-ce important pour toi d’y être présent ? Quel devrait être le résultat de ce type de conférence selon toi ?
Au-delà d’appels, il est fondamental d’organiser des conférences et des mobilisations internationales de visu. Car c’est dans ces moments de confrontation directe qu’on pourra renforcer les positions communes qu’aujourd’hui, nous devons assumer face à ce qu’il se passe dans le monde entier : stop au génocide en Palestine, non à une défense européenne commune, sortir de l’Otan.
Car c’est seulement sur la base de telles positions claires que les mots « paix » et « justice sociale » assument un contenu sans ambiguïté, Potere al Popolo va participer à la conférence européenne du 4 octobre et donner une contribution pour que le mouvement européen contre la guerre puisse se renforcer dans les prochains mois et jouer un rôle déterminant dans l’opposition aux différents gouvernements européens, qu’ils soient d’extrême droite ou d’extrême centre.
