Malgré toutes les machinations de Macron pour continuer, un problème subsiste pour eux : la colère n’a pas disparu
« Il faut tenir la rue, c’est elle qui peut faire tomber le gouvernement. Et non le RN, qui n’a pas intérêt à faire trébucher Barnier tout de suite », confie un proche du Premier ministre au journal Le Parisien.
- Actualité politique et sociale

À peine l’encre des décrets d’application de la précédente loi raciste est-elle sèche, voici que le gouvernement Barnier-Macron annonce une nouvelle loi immigration pour 2025.
Son contenu ? Selon une source gouvernementale, citée par le journal Sud-Ouest : « Les mesures censurées par le Conseil constitutionnel en janvier ». Déjà rejeté avant même sa prise de fonction, ce gouvernement entend continuer sa politique de division, de bouc émissaire, de promotion de mesures racistes, celle-là même qui a été sanctionnée lors des législatives.
Outre entretenir le pacte avec le RN, il espère utiliser la question de l’immigration pour continuer à faire passer son budget de guerre contre les travailleurs et leurs services publics, contre la Sécurité sociale. Voilà l’aide médicale d’État et son 1,2 milliard à nouveau mis en avant, comme le principal problème, pendant que 80 milliards d’exonérations de cotisations sociales manquent, produit direct de la politique de Macron et ses prédécesseurs.
Un budget faramineux d’aides aux entreprises lui aussi, n’est pas impacté. 494 millions d’aide à Stellantis, qui fait pourtant 18,6 milliards de profits ! Pendant ce temps c’est la pluie de plans sociaux, une hécatombe industrielle, contre laquelle non seulement rien n’est fait, mais qui de facto, se retrouve financée par tout cet argent déversé dans des entreprises qui ferment.
Un milliard de crédit d’impôts recherche pour Sanofi, qui ferme des laboratoires de recherche, alors même que la production de Doliprane en France est menacée. La CGT recense 170 plans de licenciement en cours, représentant près de 100 000 emplois menacés !
Plan d’austérité sauf pour la guerre
Le dogme du déficit abyssal sous lequel le gouvernement entend faire passer son budget est une totale hypocrisie. Un plan d’austérité de 60 milliards pour disloquer des services publics, écoles et hôpitaux, déjà exsangues. Multiplication des taxes sur l’électricité et le gaz !
Comme le relève Manuel Bompard, avec la suppression de l’ISF, des impôts pour les plus riches : « l’État s’est assis sur 60 milliards d’euros de recettes… et aujourd’hui le gouvernement doit faire 60 milliards d’euros d’économies ! ». Dans toutes ces coupes, un budget continue d’être en augmentation : celui de la guerre. Le budget des armées serait augmenté de 3,3 milliards (+ 7 %, soit 50,5 milliards d’euros). C’est la plus forte hausse enregistrée par un ministère. Sans surprise, puisque cette hausse était prévue dans les 413 milliards de la loi de programmation militaire – contre laquelle, à juste titre, les députés LFI ont voté en juin 2023.
Depuis 2017, le budget des armées a connu une hausse de 48 % ! Rien que ça. Pour ce gouvernement qui continue à laisser faire Israël, qui commet atrocités après atrocités, dans le génocide des Palestiniens, et maintenant dans l’invasion du Liban, l’argent est tout trouvé pour continuer à généraliser la guerre. 1,2 milliard à Zelensky et ses attaques « en profondeur » sur le territoire russe !
Un gouvernement illégitime et plus que jamais rejeté
Que ce soit sur le budget, sur la dette, sur la Sécurité sociale ces problèmes ont été créés délibérément : il n’y a pas de problème de financement, il y a des choix politiques.
Les millions qui se sont dressés contre la réforme des retraites n’attendent pas une conférence sur le financement des retraites, comme celle que Barnier se dit prêt à avoir avec les représentants de confédérations. Ils ont fait grève, ont voté, pour une exigence : l’abrogation ! Et cette exigence est toujours là.
C’est bien de cela qu’il est question, quand un proche de Michel Barnier s’inquiète dans les colonnes du Parisien le 10 octobre dernier : « Il faut tenir la rue, c’est elle qui peut faire tomber le gouvernement. Et non le RN, qui n’a pas intérêt à faire trébucher Barnier tout de suite. »
Massivement rejeté, composé avec ceux-là mêmes qui ont été battus aux élections, ce gouvernement est encore plus faible que le précédent. Frappé d’illégitimité, beaucoup le donnent en sursis.
C’est oublier un peu vite le pacte passé avec le RN, qui de son côté, attend son heure et qui, comme ce gouvernement, ne veut pas fragiliser les institutions. Le conseiller de Barnier cité plus haut en a pleinement conscience : la colère qui a infligé une défaite à Macron, qui s’est rassemblée sur le terrain de la grève sur les retraites, n’a pas disparu.
Et de facto, il y a des grèves aujourd’hui : la grève et les mobilisations en défense de l’hôpital sont un symptôme des processus en profondeur qui inquiètent ce gouvernement, le symptôme de l’immense majorité qui n’en peut plus des politiques mortifères.
Ce qui a porté une majorité NFP en tête dans les élections législatives, c’est la volonté de rompre avec Macron, c’est la volonté d’abroger la réforme des retraites. Dans une semaine, il y a la niche du RN sur une proposition d’abrogation de la réforme des retraites. Un mois plus tard, ce sera au tour de LFI sur la même question.
Des interrogations persistent au sein du mouvement ouvrier. Informations ouvrières relaie depuis quelques jours des points de vue de syndicalistes sur ce sujet, la parole donnée à Alain Roques.
Le projet de loi d’approbation des comptes 2023 rejetéCe lundi 14 octobre, le projet de loi de « règlement du budget et d’approbation des comptes » a été rejeté à l’Assemblée nationale. C’est la troisième fois consécutive. Mais avec une nouveauté cette fois-ci : le texte du gouvernement, relatif cette fois-ci à l’année 2023, n’a même pas été discuté dans l’Hémicycle, ayant fait l’objet d’une motion de rejet préalable déposée par le groupe La France insoumise, adoptée par 108 voix contre 50… exprimant un degré supplémentaire dans la crise politique. Nous reproduisons des extraits de l’intervention du député LFI et militant du POI Jérôme Legavre à propos de l’examen du projet de loi de règlement des comptes 2023. « Ce projet de loi a été rejeté par tous les groupes en commission des finances. Tous, puisque même les macronistes ont voté contre, tant ils ont honte de leur propre bilan. Il faut dire que ce bilan est lourd. Un trou énorme a été creusé depuis des années dans le budget de l’État. À coups de cadeaux fiscaux divers et variés. (…)
Alors un exemple, la niche fiscale sur le fret maritime. 5,6 milliards qui bénéficient par exemple à CMA-CGM dont les profits ont explosé ces dernières années. Son dirigeant, Rodolphe Saadé, milliardaire et bien en cour, ne paie quasiment pas d’impôt. Tout va bien pour Sanofi aussi et on sait les conclusions qu’ils en ont tirées. Vous ne cessez de vanter vos résultats en matière économique et de création d’emplois. En réalité vous avez fait exploser la précarité. 11 millions et demi de personnes sont pauvres. 17 % de la population. La France est le pays d’Europe où la pauvreté a le plus augmenté. Un exemple à mettre en regard de la situation des plus fortunés que votre politique enrichit. Il s’agit d’une dame de ma circonscription à Clichy-sous-bois qui, accessoirement est la ville la plus pauvre de Seine-Saint-Denis. Elle travaille et elle élève seule ses quatre enfants. Elle n’a pas de logement parce que dans ce département il y a 200 000 demandes de logement qui ne sont pas satisfaites. Elle se retrouve sans domicile et les appels au 115 sont sans réponse faute de places en nombre suffisant. Des exemples comme celui-là il y en a des milliers. (…) Cette politique conduit au désastre. » |
